event_barberose

Qui veut castrer Barbotine ?

Imaginons une jeune femme d’aujourd’hui, qui lirait Dolto et qui tomberait sur cette phrase sublime “La loi a castré les femmes”. Donnons à cette femme un nom. Voilà, c’est Barbotine, qui a une barbe et des bottines (on est plus près des nuages, perchée sur des talons, dit-elle). Elle aime ça lire et dire à tout le monde ce qu’elle a trouvé dans ses bouquins.

Qui veut castrer Barbotine ?Qu’est-ce que  Barbotine pense donc de ça, la loi castratrice d’un genre ?
Eh bien elle pense qu’elle a déjà vu ça quelque part chez Virginia Wool, que les hommes faisaient une différence entre ce qui est dû à leur fils et à leur fille. Que la loi est une bonne chose pour réserver une pièce de travail aux hommes et laisser la femme gérer la maison en lui faisant croire que c’est son domaine.

Elle pense que la séparation entre la sphère publique et la sphère privée est une idée audacieuse qui permet de balayer du même coup les idées de celles qui sont les garantes de ce monde inférieur, la sphère privée. Et puis, elle pense qu’il y a aujourd’hui un nouvel espace à soi à conquérir, la version virtuelle de la chambre à soi, un trait d’union entre le public et le privé : le web.

S’il est bien un lieu où les femmes devraient se sentir à leur place et où leurs pensées privées prennent un sens politique, c’est bien sur leur pages perso, leur blog et autres lieux collaboratifs nourris des commentaires de ceux qui s’y intéressent. Si historiquement la loi a castré les femmes en les dépossédant des biens matériel et de l’accès aux ressources du savoir, Barbotine se venge avec son blog féministe, décerne des trophées aux entreprises qui ne mettent en avant que leurs hommes et porte une barbe de trois jours.

Car elle a trouvé un moyen de prouver au monde que les questions que se posent les femmes méritent d’être débattues par les premières intéressées, que les espaces de paroles sont vitaux et que les hommes sont les bienvenus. Sur le web, elle a un sexe, ou n’en a pas, ou elle en change. Avec sa barbe et ses bottines, l’amie Barbotine a trouvé comment castrer la loi de son pouvoir castrateur !

(cc) Myra Suffridge

2 Responses to “Qui veut castrer Barbotine ?”

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>