Humeurs

Se shooter pour vivre ou vivre pour se shooter ?

Article sélectionné par La poupée russe lors de sa semaine de rédaction en chef

Dans la vie, il y a plusieurs catégories de personnes : celles qui aiment la dope pour triper et celles qui aiment la dope pour vivre.

Se shooter pour vivre ou vivre pour se shooter ?J’appartiens à la deuxième catégorie, je fais partie de ces gens qui se shootent pour affronter certaines épreuves de la vie, oui il m’est arrivé de me shooter pour vivre. Ou plutôt pour pouvoir vivre plus sereinement.

A l’ heure où les maladies régressent grâce à notre chère médecine, on note toutefois que les maladies mentales (troubles anxieux, dépressions et autres…) sont décrites comme le mal du siècle avec bien sur trop de prescription des médecins à la clé.

Personnellement, j’ai jamais essayé la drogue, ça ne m’intéresse pas de fumer des spliffs pour planer. C’est pas du tout mon kiff de m’injecter de la drogue par intraveineuse ou de sniffer de la poudre. Ok, j’aime bien picoler comme tout le monde, je l’avoue.

Mais, le problème réside dans le fait que j’ai toujours eu un tempérament anxieux, va savoir pourquoi. Et qu’il y a des moments dans ma vie où je me suis sentie à 20 000 lieues sous les mer. J’avais l’impression d’être une merde voire une sous-merde. Ce qui m’a conduit à des épisodes insomniaques, des crises d’hystérie avec hurlements, syncopes, pleurs et compagnie.

A 15 ans, je ne dormais que 2 heures par nuit. Puis, j’ai été voir des médecins qui m’ont dit de me relaxer et de penser à autre chose. Oui, j’étais hypersensible pas de quoi en faire une montagne. Le problème c’est que ça c’est facile à dire mais concrètement à 15 ans et même maintenant c’est dur de prendre sur soi pour éviter les troubles anxieux. Et puis les anxiolytiques ont fait leur apparition. Et ça, ça vous facilite la vie vous pouvez pas savoir, vous passez votre temps shooté c’est le pied.

Demain, j’ai un oral, hop un anxiolytique, après-demain j’ai une évaluation, allez hop anxiolytique, tiens en ce moment je suis stressée, hop un Lexomil, j’arrive pas à dormir en ce moment allez hop un coup d’Atarax et ça repart. Putain, même quand je fais mes courses j’ai la peur au ventre, allez on va se prendre un remontant, faudrait pas que le stress foute notre vie en l’air.

Ouais, mais tout ça c’est pas moi, je ne suis pas une larve sans émotions, sans vie qui ne ressent rien, ni peine ni joie. Les médicaments ça vous vide, il n’y a plus rien après ni émotions ni quoi que ce soit. On est juste une loque. Il est vrai que parfois dans la vie il y a des coups durs, c’est bien d’avoir un remontant. Le souci c’est qu’après le remontant devient automatique et que sans sa boite d’Atarax on fait plus rien. A l’ heure actuelle, j’ai compris que je préférais être la Xena stressée, angoissée, me mettre dans des situations qui provoquent le stress, pour apprendre à le gérer et pas faire de l’évitement par les médocs.

Ces derniers temps, j’ai eu pas mal d’emmerdes et j’ai touché le fond, toujours de la même manière, crises de panique, crise de nerfs, troubles digestifs, cauchemars. Je ne supportais plus rien : les remarques des gens sur mon antipathie (même de mes proches), les nanas avec des gosses parce que je m’en veux à mort d’avoir fait une IVG, les ex qui me rappellent juste pour niquer.

Et même tout mon passé a été remis en question. J’ai été voir des psychologues qui vous laissent blablater pendant des heures sans dire quoique ce soit. Et enfin, récemment je me suis dit qu’après tout ça faisait partie des aléas de la vie et qu’à la moindre contrariété il fallait pas sauter sur sa boite de tranquillisants.

Après avoir eu une discussion avec un proche qui m’a dit que je me malmenais totalement, et que ces troubles n’étaient que le fruit de ce que je faisais, qu’en somme c’était un signal d’alarme de mon corps. Cette discussion m’a fait réfléchir, après tout, tout le monde a déjà eu des passages à vide qui sont parfois là pour nous faire réfléchir.

Donc, j’ai décidé en mon âme et conscience de substituer mes tranquillisants par des gélules d’aubépine (pour ceux (celles) que ça intéresse, c’est 100 % végétal et chez Arkopharma) parce qu’on peut pas arrêter les médicaments sans rien prendre (risque de crises de manque, ouais comme les camés ! Ça fait froid dans le dos quand les médecins vous disent ça). Et d’autre part de considérer mon stress comme quelque chose de positif, dans une moindre mesure, parce que s’il n’avait pas été là peut-être que je n’aurais pas été aussi loin dans mes études, peut-être que je serais passée à côté de beaucoup de choses.

(cc) timsamoff

12 Responses to “Se shooter pour vivre ou vivre pour se shooter ?”

  • Anorak

    Les anxiolytiques c’est comme tout le reste, bon si consommé avec modération.
    Et puis il en faut des tripes pour admettre que ça va mal et que c’est comme ça et qu’il va falloir prendre une grande bouffée d’air et réussir à surmonter toutes les merdes aux quelles on est confronté dans sa vie de tous les jours.

    Si tu peux le faire, c’est génial. Moi, franchement, je ne suis sûre de rien quant à ma capacité à gérer les choses. Les pensées négatives. J’aimerais bien mais j’ai du chemin. Certes, ça fait avancer les passages à vide. Mais quand ça dure on ne sait plus quoi penser…

  • Je pense Anorak qu’il faut jamais commencer à en prendre, je sais que dans certains cas extrêmes ça peut aider mais pour les gens anxieux comme moi ça n’aide pas parce qu’ aussitôt t’arrête de prendre tes médicaments aussitôt ça revient et il faut traiter le problème dans le fond et non dans la forme. La sophrologie peut aider je pense et moi mes crises d’angoisses se font plus rares parce que je sais comment les gérer. J’inspire, je bloque ma respiration pendant 5 secondes, j’expire pendant 7 secondes … tout ça c’est des techniques sophrologiques qu’on m’a apprises.

  • Je trouve ça comme même choquant qu’un médecin rescrive des anxiolitique à une fille de 15 ans. Il exite comme même des méthodes alternatives qui peuvent éviter d’en arriver là. Et puis je pense que comprendre la source du stress c’est déjà destresser en partie. Et c’est vrai que la sophrologie aide beaucoup dans ce genre de cas. Malheureusement, on informe très peu les gens et on préfère leur refiler une ordonnance.

  • Bien sûr que la prise de médocs c’est choquant, surtout quand on a 15-20 ans et qu’apparemment à cet âge-là le cerveau n’est pas “fini”.

    Mais quand progressivement l’anxiété s’installe pour devenir quotidienne, tu ne peux plus RIEN faire (conduire, promener ton chien, aller au cinéma, acheter du pain, faire une soirée entre potes, tout ça c’est l’enfer.)

    Oui j’ai ce problème et je suis passée par les anxiolytiques & antidépresseurs. Y a un temps d’adaptation tout de même assez difficile mais après … wahou bonheur ! Tellement bonheur que j’ai pris peur de ce bien-être artificiel, de cette chimie magique. Et puis rendre visite à monsieur le psy m’agaçait. Alors j’ai tout arrêté. Bam. Et ça allait bien. J’ai pu travailler, reprendre mes études, faire un super voyage …

    Mais il est revenu, ce mal-être permanent. Avec les crises d’angoisses et pire, l’angoisse de la crise d’angoisse. Le stress c’est un putain de cercle vicieux. C’est l’effet boule de neige par excellence. Et ça mine le moral aussi. Parce que c’est difficile d’en parler. Je ne peux pas m’empêcher d’avoir honte et d’essayer de le cacher.

    Enfin tout ça pour dire que cet article et ces commentaires m’ont fait réagir parce que cette semaine, j’essaye la sophrologie ! En espérant que ce soit efficace. En tout cas vos commentaires vont dans ce sens, c’est encourageant.

  • @octave : je suis entièrement d’accord avec toi mais malheureusement les médecins sont pas des psy alors à part te filer des cachets et te donner l’adresser d’un collègue psy ils peuvent pas faire grand chose. Mais, il est vrai que aucun médecin ne m’a parlé de la sophrologie et des médecines alternatives (homéopathie, acupuncture …) et je trouve ça dommage.
    @arual : c’est EXACTEMENT ça, le cercle vicieux tu angoisse de l’angoisse et ta vie entière devient une épreuve. Mais depuis que je me suis faite à l’idée que j’étais une angoissée et que j’assume que je fais des crises, dans ma tête ça va mieux. Justement, il faut pas avoir honte. J’ai demandé à bcp de personnes autour de moi si elles avaient déjà fait des crises d’angoisse et honnêtement c’est super fréquent surtout chez les femmes. Demande autour de toi et tu vas dédramatiser. Y parait que les TCC (thérapies comportementales et cognitives), c’est extra et ça guéri à presque 100%.

  • En tout cas merci Xena de ce témoignage.

    C’est vrai qu’on entend peu parler des alternatives aux médicaments. Que ce soit pour les troubles psychiatriques que pour des maux plus bénins.

    “Les antibiotiques, c’est pas automatiques.” Tellement relou mais tellement vrai. ( Et d’ailleurs pas que les antibiotiques. Aussi les anti-douleurs et anti-je ne sais quoi …!)

  • “Y parait que les TCC (thérapies comportementales et cognitives), c’est extra et ça guéri à presque 100%.” Il n’y a pas de méthode miracle et la guérison à 100% n’existe pas.
    Disons que les TTC sont réservées à des personnes qui n’ont des problèmes que ponctuels, puisqu’il s’agit uniquement d’agir sur le comportement, c’est à dire “comment” et non sur le “pourquoi”. certaines personnes auront besoin de creuser plus profonds pour affronter des souvenirs difficiles.
    Mais en effet, l’anxiété est une maladie de femmes, qu’il faut “intégrer” dans sa manière d’être, plus sensible, plus empathique, moins hermétique aux autres…

  • Salut Xena !
    Je viens de lire ton post et je me suis pas mal retrouvée…
    Je suis hypersensible depuis toujours et diagnostiquée “anxieuse chronique” depuis l’âge de 17 ans, âge auxquels j’ai pris mes premiers petits cachets.
    Et j’en prends toujours, parce que comme tu le dis, ça facilite la vie. Surtout quand c’est la seule solution pour mener une vie normale, parce que sans ça, il y a des périodes où je ne pourrais même pas sortir de chez moi.
    Le pire c’est que l’angoisse permanente ça ne se guérit pas, il n’y a rien à faire, c’est comme ça. Il faut simplement apprendre à mieux la gérer. Pour l’instant je ne suis capable de le faire qu’avec des médicaments mais peut-être qu’un jour, je pourrais m’en passer…
    Mais si je n’y arrive jamais, ce n’est pas grave ! Ce ne sont jamais que des anxiolytiques…Autrement dit rien comparé à la trithérapie des séropositifs, par exemple. Eux ont une vraie maladie, la mienne est juste dans ma tête !

  • Bleue et Violette, ce n’est pas parce que c’est dans nos têtes que ce n’est pas une “vraie maladie” comme tu l’as écrit.

    Ok, comparé au sida, c’est pas mortel.

    Mais quand même, ça reste une MALADIE.

  • salut Xena, je viens de lire ton texte special Q et comme j’etais connecte j’en profite pour mettre un com’. je vais surement me faire jeter de nouveau mais tant pis.
    j’ai de mon cote passe pas mal de temps chez des psys et pris pas mal de saletes Prozac, xanax , noctamide et d’autres dont j’ai oublie le nom).
    parlant de xanax rien de tel que cette salete pour empecher le drapeau de se dresser fierement :s
    A mon avis il faut d’abord arriver a cerner ce qui te tracsse et si c’est un bon psy son role sera de t’amener a cracher le morceau et mettre le doigt sur le ou les problemes. Pendant le processus les cachous seront une aide precieuse mais devront a mes etre progressivement abandonnes.
    En effet si tu en as besoin quotidiennement apres avoir determine l’origine de tes maux c’est comme essayer de guerrir une plaie causee par une echarde sans oter le corps etranger ou bien mettre du fond de teint pour camoufler un cocquard: ca sert a rien.
    Tu as deja rencontree storia et je pense que pour une fois elle sera du meme avis que moi sur ce sujet.
    Un rapprochement spirituel avec Dieu te ferait le plus grand bien. ok je sors!!! enfin pas tout de suite.
    Je ne parles pas la des abus sexuels des pretres et du bling-bling que l’on appelle religion mais bien de la presence reconfortante de Dieu en soit.
    C’est vrai que c’est acontre courant de la mode. Pour faire bien de nos jours il faut etre athe(e) mais lorsque je lis la grosse majorite des articles de ce site je constate un mal vivre omni present. Entre les gens deprimes pour telle ou telle raison et les divagations sur les differentes appelations des plans cul (fling, sex friend etc…) on sent le mal-etre.
    pour ce qui est de ton IVG nous en avons deja longuement discute. pour ce qui est de ton jules qui part, revient etc… je pense que tu es suffisament forte pour tirer un trait dessus une bonne fois. Nous avons tous deux que tu n’auras pas de difficultes pour te trouver un autre mec.(tes ecrits le prouvent et nous savons tous deux que tu es physiquement desirable).
    Bref je te souhaite de trouver une voix qui te permette de te debarrasser de ces medocs pour de bon

  • @arual : merci
    @ drunna: je t’ai laissé un commentaire sur ton témoignage
    @ BeV : dis donc ça fait longtemps qu’on t’avais pas vu ici miss, ça fait plaisir. perso, les médocs je trouve que c’est pas génial comme je le disais plus haut, ça soigne le problème dans le forme mais pas dans la fond. je pense qu’il faut te forcer à te mettre dans des situations stressantes après on gère beaucoup mieux. Moi, c’est ce que je fais.
    @frenchi : je suis déjà croyante mais j’aime pas pratiquer la religion on en avait déjà parler. Et non, il n’y a aucun mal être chez moi il ne faut pas confondre angoisse et dépression les médicaments que tu prenaient sont des antidépresseurs, moi je prend des anxiolytiques et ça n’a rien à voir. Je suis angoissée point. Mais pas dépressive et ma vie sexuelle ne joue en rien et mon ex heureusement qu’il est là même si je le démonte à chaque fois, je suis heureuse qu’il soit dans ma vie il comprend mes problèmes et m’aide à y voir plus clair il est pas facile à vivre mais j’aime ses défauts. Merci toutefois pour ton commentaire.

  • Je te comprends tout à fait. Je suis insomniaque et l’ai toujours été. Pendant des années, je voyais ça comme une malédiction, un problème à régler à tout prix à coup de somnifères. Et puis, un jour, tout d’un coup, ça n’a plus marché, je pouvais prendre la triple dose, plus rien à faire. Du coup, nuit blanches, crises d’angoisse, crises de larmes, etc. L’horreur. Mais au final, ça a été positif, j’ai été obligé de voir les choses différemment et j’ai commencé à considérer mon insomnie comme un trait de ma personnalité à part entière, dont je ne pourrai jamais me débarrasser. Et au lieu de tenter de le gommer, je l’ai totalement assumé et j’ai organisé ma vie de façon à ce que mon insomnie ne soit plus un problème, à ce que ce soit même un atout, comme une marque de fabrique. Eh ben depuis, le soulagement total. Je ne dors pas plus mais maintenant, c’est pas grave!

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