Humeurs

La dernière gifle

Article sélectionné par BritBrit pendant la semaine de rédaction en chef

C’était un matin bien tôt, après une soirée festive et bien arrosée. Tu lui demandes en riant de bien vouloir te laisser la place dans le lit et là pour la première fois de ta vie, tu l’entends t’insulter.

La dernière gifleLe ton monte, tu n’acceptes pas ces insultes. Il se rhabille et commence à te hurler dessus, tu ne penses qu’à une seule chose, le bruit qu’il fait, que tout le monde va entendre, tu lui demandes de se taire et essaye de faire baisser le ton.
Et là, elle arrive, elle te surprend, la première gifle.

Il ne s’excuse pas et s’en va en continuant à hurler. Et là tu restes seule, la joue rouge. Tu lui cherches toutes les excuses du monde. Si seulement tu étais partie à ce moment là…

Puis quelques mois plus tard vint la seconde, tu te dis qu’il était stressé à cause de son travail.
Les insultes deviennent régulières, mais tu l’aimes, alors tu veux l’aider.
Puis tu te dis que c’est normal, que c’est de ta faute si tu l’énerves, et que même si il dépasse les bornes, il a des soucis en ce moment.

La troisième arrive sans crier gare, puis la cinquième, la huitième, tu ne les comptes plus.
Il commence à innover, à te secouer, à te jeter par terre.
A force tu sais très bien comment se termine les soirées lorsqu’il boit. Mais tu restes, parce que tu l’aimes et que tu as honte. Parce que tu étais la première à dire qu’il ne fallait pas rester avec un mec violent, et que de toute façon on ne te croirait pas.

Il est gentil avec tout le monde, il t’entretient financièrement (parce que tu es encore étudiante) et à chaque crise, il te promet que c’était la dernière qu’il regrette, et il est adorable.

Jusqu’à la suivante…

Il commence à avoir de moins en moins de limite, à te frapper pendant un mariage en douce dans les toilettes, tu as eu du mal à avoir l’air normal après ça.

Tu te demandes comment une fille comme toi a pu en arriver là.

Tu commences à te sentir de plus en plus mal et à avoir de plus en plus honte. Mais tu continues à croire qu’il changera pour toi.

Jusqu’au jour où arrivera la dernière gifle…

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24 Responses to “La dernière gifle”

  • La dernière c’est la première évidemment.

    Si il y a la moindre trace d’autobiographie dans ce que tu viens d’écrire, alors combats le ou fuis le, il n’y a pas d’alternative.

  • Alors là je suis entiérement d’acord avec Homeboy. La première gifle doit être la derniére.

  • Pour moi, il n’y a pas de première gifle. C’est direct la baston et il ne revient pas !

  • Légèrement autobiographique et il y a très longtemps…

    Juste pour dire que ça n’arrive pas qu’aux autres malheureusement.

  • Chérie… Dans mes bras, tu t’en es sortie. Aujourd’hui, je distribue de l’amour…

  • Je n’ai jamais été confronté à ce genre de cas pour ma part. Mais il m’est arrivé d’en parler et je me suis toujours dit que si un jour ça devait m’arriver, je vous garantis que le type a interêt à pas me louper dès le 1er coup. Parce que je crois bien que je pourrai me transformer et devenir très violente.
    Je crois que je pourrai même le tuer !

  • Disons que quand tu as 15 / 16ans et que tu es influençable ce n’est pas la même chose que lorsque tu es adulte.

    Aujourd’hui je trouve important de faire de la prévention auprès des jeunes filles. On n’en parle pas assez je trouve.

  • Toujours du mal à comprendre comment on peut en venir à frapper quelqu’un à vrai dire. Jamais lever la main sur personne depuis que je suis tout petit (tout sexes confondus) et je ne vois pas comment ça pourrait m’arriver un jour.
    Qu’est-ce qui peut bien se passer dans un cerveau pareil ?

  • @Mr Nem : tout simplement l’envie de contrôler la personne qui est en face parce que l’on pense qu’on ne peut pas garder le contrôle autrement.

  • @Storia : faut pas généraliser… Ça peut être aussi une attitude d’évitement ou bien l’artéfact d’une colère qui prend racine plus profondément…

    Je ne pense pas qu’il y ait un archétype d’homme brutal…

    En revanche j’affirme qu’une gifle donnée peut venir de n’importe quel homme. C’est la répétition qui est inexcusable.

    J’ai giflé une femme une fois. Je ne m’en suis rendu compte que quand ça partait…

    Ça m’a fait réfléchir…

  • @Homeboy : Je suis ancienne karatéka, et effectivement, même si on nous apprend à travailler nos coups, personne n’est à l’abri d’un sursaut de brutalité…

  • Ouaip : tout est une question de maitrise. la gifle, quelles qu’en soient les raisons, est surtout donnée par le cerveau reptilien^^

  • C’est instinctif, comme ma soeur qui me tape le bras. Comme je ne peux pas répliquer – maladie des os de verre -, je me contente de lui gueuler dessus.

  • A bien y réfléchir je pense que presque seuls les non-dit peuvent avoir ce genre de conséquences : un rien, une colère ou des problèmes qui couvent et qu’aucun des partis n’ose aborder de vive voix…
    Un jour boum, pshit, paf… tout sort sans réel contrôle. Comme d’habitude c’est au jeu du silence qu’il ne faut pas se faire prendre depuis le début. Tout les autres cas de discorde me semblent beaucoup plus gérés, même en cas de dispute, les paroles et les actes sont plus réfléchis.

    Cependant je ne suis pas d’accord sur un point. S’il n’existe pas d’archétype d’homme brutal ou violent, certains y sont quand même plus portés, facteurs aidant : entourage, alcool, etc. (et la n’importe quel type de dispute peut dégénérer).

  • @ Mr Nem : perso j’ai dit que ca pouvait arriver à tout le monde. Au moine zen moins souvent qu’a l’alcoolique de base c’est sur.
    D’accord sur le fait que certains sont prédisposés.

  • On pourrait aussi éduquer les garçons que si ils sont victime d’une femme; ça se retournera contre eux si jamais il porte plainte.

  • Je me suis rendue compte au fil du temps que plusieurs de mes amies ont vécu ce genre de situation, hélas. Et pourtant des filles qui ont du caractère.. Comme tu le dis, y a pas de profil de femme battue et le premier coup doit être le dernier..

  • C’est quelque chose que j’ai du mal a comprendre. Pourquoi frapper ? Qu’est-ce que la violence apporte ? Il n’y a pas de profil pour femmes battues, mais y’en a t’il un pour ceux qui les battent ?

  • J’entends beaucoup de préjugés sur les femmes qui se font battre et qui restent quand même. J’entends de telles horreurs sur elles, dans mon entourage, du genre “Elle doit aimer ça c’est pas possible !” alors je pense que l’une des pires choses pour la femme battue c’est d’être aussi mal perçue par ceux qui savent et qui, au lieu de casser la gueule du mec tous ensemble, crachent sur la victime comme si c’était elle la perverse. Ca contribue à faire croire que c’est une merde qui mérite bien son sort.

    J’ai trop peur que ça m’arrive pour penser que c’est une question de caractère ou de “il me fait ça tu vas voir c’qu’il va prendre”. Quand on est amoureuse, et mal dans sa peau aussi, on ne peut pas agir correctement. C’est tellement incroyable, insensé de se prendre des coups par celui qu’on idéalise…

  • je suis d’accord avec Gali.Cherry. Je pense que une femme qui est bien entourée, qui a des gens à qui faire confiance a plus de chance de s’en sortir. Une femme battue est une victime, c’est la peur, ou l’amour qui la fait rester en aucun cas le plasir. je vois pas ou est le plaisir d’acheter des tonnes de maquillages pour cacher des bleus, ni celui d’être violenté par l’homme qu’on aime… Faut être franchement bête pour penser le contraire.

  • Avatar of N.C
    N.C

    billet d’utilité publique! bravo!

  • la première gifle physique je ne l’ai pas connue (en tout cas elle est venue bien après sous d’autres formes) mais la 1ère gifle psychologique qu’on vous donne, il faudrait aussi être capable de dire que c’est la dernière mais non, on se dit que ce ne sont que des mots (dits avec de la colère c’est tout!) , qui ne reviendront plus (il vous la promis) puis ils reviennent de plus en plus souvent, de plus en plus cruement, de plus en plus publiquement! Le problème avec ces gifles invisibles, c’est qu’elle vous touche profondément. Et malheureusement, aucun maquillage,aucun fond de teint n’existe encore pour masquer ces bleus de l’âme!

  • J’ai mis une seule claque à une femme et c’était ma petite soeur de 14 ans qui manquait de respect à notre mère. Je ne l’ai plus jamais fait.

    Vers 18 ans ma soeur que je voyais peu sortait avec un ancien militaire et était enceinte de 6 mois, par hasard en allant me laver les mains en même temps qu’elle j’ai remarqué des bleus sur ses avants-bras, je lui ai soulevé le tee-shirt dans le dos et j’ai vu des marques partout !! Je lui ai demandé qui lui avait fait ça et au bout d’un moment, en pleurs, elle m’a expliqué que c’était son copain.

    Je l’ai immédiatement prise par la main pour aller voir son gars, elle était terrorisée, je n’avais jamais vu ma soeur dans un tel état. Il m’a ouvert la porte et je lui ai demandé pourquoi il faisait ça? Sa réponse : ta soeur est une p*** ! En fait, il croyait que ma soeur allait le quitter et il ne le supportait pas. C’était un problème qui remontait à son enfance. Ayant compris ça je lui ai imposé de se faire suivre et soigner par un psy et je lui ais également imposé de ne voir ma soeur que 2h tous les quinze jours en ma présence. Je ne pensais pas qu’il aurait pu se guérir, j’ai mis des années à le croire. Et pourtant… Il ont eu une autre petite fille et il n’a plus jamais levé la main sur ma soeur.

    Tout cela pour dire que chaque cas est unique, à chaque couple il y a un type de relation qu’il faut analyser et comprendre afin d’apporter des solutions adéquates.

    Mais c’est dur, très dur…

  • Je n’ai jamais été battue mais j’ai une amie qui a vécu ça.

    On parle de la souffrance des femmes battues mais celle de leurs amies peut être terrible aussi. Lui demander pourquoi, l’aider, la comprendre, la soigner et la voir recommencer, une fois, deux fois, trois fois, retourner vers lui!
    Et cette explication : “Je l’ai dans la peau”

    Il en faut de l’amour pour ne pas fermer sa porte, pour être encore là. Pour ne pas la secouer comme un poirier, la détester.
    Pour ne pas être aspirée dans la spirale, commencer en rentrer dans ce délire fou et même, se dire que finalement, oui, “il” n’est pas si méchant que ça.

    Avoir peur, avoir honte de ne pas réussir à la sortir de cet enfer.

    Mauvaise amie, mauvaise amie… Les autres disent que tu fait bouffer, tu lui trouve des excuses… Et en plus tu ne peux pas tout raconter, tout dire, car elle te supplie de ne rien dévoiler et parler serait la trahir!

    Elle s’en ai sortie car malgré tout elle était très forte. Je l’ai détestée très souvent mais je suis toujours sa Meilleure Amie.

    Le pouvoir de manipulation de ces hommes est sans limite. Fuyez, fuyez ceux qui vous piétine l’âme…

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