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Moi, Londres et le porc.

Mon premier voyage à Londres, c’était vraiment pour moi une consécration. J’étais en 6e, c’était la première fois que je sortais du territoire français, la première fois que je voyageais seule, et la première fois depuis bien longtemps que j’allais parler anglais et qu’on me comprendrait. Quand j’étais petite, mes parents m’ont placée en établissement Montessori bilingue pour que je sache, entre autres, parler plusieurs langues. J’y ai appris a parler couramment l’anglais et l’espagnol. Le problème, c’est que quand je suis retournée en établissement privé avec un système disons « conventionnel », tous les élèves de ma classe prenaient leur premier cours d’anglais, et moi j’étais déjà trilingue.

C’était donc pour moi vraiment important d’aller dans un pays anglophone pour pouvoir communiquer avec des personnes qui me comprenaient, puisque j’avais à l’époque la vague impression que même ma prof d’anglais ne comprenait absolument rien à ce que je racontais. Le deal c’était ça: pendant une semaine on accueillait une élève anglaise chez nous, et j’allais une semaine chez les anglais. Mais le problème avec les anglais, c’est que la plupart d’entre eux sont juifs, ou en tout cas dans cette école ils l’étaient. Ce n’était pas vraiment un problème pour notre famille où nous avons l’habitude des coutumes alimentaires disons « exotiques » et nous y plions régulièrement, c’était plutôt un problème pour moi à cette époque.

Ne criez pas a l’antisémitisme, vous n’y êtes pas du tout.

Imaginez vous à ma place: vous êtes une jeune métisse française-khmère, vous mangez tous les jours de la viande. Jusque là rien d’anormal. Mais vous êtes à moitié asiatique. Et quelle est la viande que les asiatiques mangent le plus? Le poulet? Non. Le boeuf? Non plus.

Ils mangent essentiellement du porc.

Malheureusement pour moi, et bien que la jeune anglaise qui soit venue chez nous ait eu le droit a une visite guidée du quartier juif à Paris, rue des rosiers, puis à une super dégustation de pâtisseries et charcuteries kascher, moi j’ai eu droit à une famille non seulement juive, mais aussi végétarienne.

Des juifs végétariens et une asiatique. Je pense que la prof d’anglais qui a organisé ce voyage ne pouvait pas mieux tomber dans les opposés culturels. J’ai donc essayé (en fait j’étais contrainte de forcée) de me soumettre aux us et coutumes locales: de la mauvaise bouffe anglaise, oui, mais sans porc, et de toute façon la plupart du temps, sans viande, parce que ça arrangeait à la fois la maman qui n’était pas végétarienne et le papa qui cuisinait.

Alors, oui, les amis, j’ai souffert. J’ai souffert encore plus qu’un musulman devant un saucisson, encore plus qu’une moule séparée de son rocher, encore plus qu’un bisounours sans bisou: j’étais une asiatique sans porc.

Et moi qui me disait qu’à Londres, le plus dur à supporter ce serait les londoniens…

2 Responses to “Moi, Londres et le porc.”

  • Philesb

    Je ne sais pas si c’est une impression mais moi sans viande je ne peux pas!

    PS: en passant, salut Tevouille!C’est mon premier commentaire sur un de tes articles alors que j’ai suivis ton “évolution” (en tant que membre) sur Ladies Room depuis ton premier billet jusqu’au drink!

  • Un fan! Un fan! AAAAAAAAAAAHHHHH!!!

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