Histoires

La guerre des médias : entre propagande et désinformation

 Il est toujours difficile de couvrir un conflit, une guerre. Le travail des journalistes est de rendre compte de l’évolution de la situation. Mais en temps de guerre le travail d’investigation semble difficile et parfois rendu impossible par une armée désireuse de contrôler l’information. Les journalistes subissent donc à la fois la censure mais participent de plein gré ou malgré eux à la propagande ambiante.

La guerre des médias : entre propagande et désinformationLe conflit Israélo-Palestinien n’échappe pas à ce constat. Cette guerre qui déchire le Moyen-Orient depuis des décennies déchaînent les passions de par le monde. Mais ces dernières semaines le conflit s’est durci. Depuis que l’offensive israélienne à Gaza a commencé.

Selon le chef de l’armée israélienne, les journalistes occidentaux sont tenus à l’écart de Gaza pour des raisons de sécurité. Cette décision rend le travail journalistique délicat.  La liberté d’informer est donc entravée. Seule une poignée de journalistes occidentaux peuvent pénétrer dans Gaza. Ainsi pour faire des sujets, la plupart des journalistes sont soumis aux informations que leur donnent  l’armée israélienne ou des journalistes arabes qui ont pu pénétrer  à l’intérieur de Gaza.

Cette situation dramatique pour les journalistes traduit la difficulté de la place et du rôle des professionnels de l’information. Ils doivent informer et non désinformer. Mais parfois l’information n’est pas forcément assez vérifiée et ainsi ils tombent dans le piège de la propagande.

La seule chaîne de télévision qui a pu envoyer plusieurs équipes de reportages sur place  est Al Jazeera. Cette chaîne d’information en continue diffuse des images très violentes du conflit qui manquent d’ailleurs de recul et ne montrent qu’une partie du conflit. Cette chaîne est suivie par de nombreux citoyens d’origine arabe partout dans le monde. Elle est souvent pointée du doigt pour diffuser  des propos extrémistes voire parfois taxée d’antisémitisme.  De plus, des images d’une extrême violence choquent les gens. Le problème est qu’elles ne sont pas assez commentées et que l’on explique  que trop rarement les raisons du conflit.

En effet de part et d’autre, des personnes souffrent et aucune décision politique ne vient régler les hostilités. Bien qu’il existe des extrémistes dans les deux camps la majorité des israéliens et des palestiniens veulent la paix. La médiatisation massive de cette guerre a des répercussions dans les opinions publiques occidentales. Elle divise et conduit les citoyens à défendre la paix tout en étant sensible à la cause israélienne ou à la cause palestinienne.

A chaque fois que les tensions se renforcent au Proche-Orient des manifestations ont lieu.
L’exportation du conflit conduit trop souvent cette guerre à être réduite à un conflit ethnique et religieux. On oublie trop souvent que ces tensions sont avant tout politiques.  Il faut donc expliquer de manière pédagogique le conflit en essayant d’être le plus neutre possible. Le but serait de rendre compte du conflit en analysant les tenants et les aboutissants au lieu de diffuser des images insoutenables car violentes sans commentaires et analyses.

Les images choquantes servent de propagande et même si elles ont pour but de représenter le conflit, elles ne le représentent que partiellement et peuvent être mal comprises. La mauvaise assimilation des images télévisuelles provoque l’indignation et peut entraîner des prises de partis violentes. Au lieu de rassembler les citoyens ; elles les divisent. Des réactions violentes voire des amalgames en sont des conséquences.

Parfois L’état d’Israël est considéré comme terroriste parfois les Palestiniens sont tenus pour responsables de l’attitude extrémiste du Hamas. Bien qu’il  ait été élu par les Palestiniens, ils ne sont pas responsables et subissent le conflit autant que les Israéliens. Cette  confusion est dangereuse et renforce les tensions raciales et religieuses (actes  antisémites et agressions à caractère islamophobe).

Bien sûr il faut continuer à couvrir médiatiquement ce conflit mais il faut plutôt  miser sur la pédagogie pour éviter les dérives communautaires.

(cc) Paolo Tonon

11 Responses to “La guerre des médias : entre propagande et désinformation”

  • Il est intéressant de voir a quel point on désinforme la population en temps de guerre pour ne pas attiser les tensions mais aussi pour ne pas qu’elle prenne parti… Ici, les médias sont utilisés comme moyen de propagande je suppose.

    Alors quoi? Doit-on empêcher que le gouvernement se serve des médias ou doit-on tout simplement arrêter de croire ces mêmes médias, comme le font beaucoup de gens aujourd’hui?

    Très intéressant cet article, jess (et je dis pas ça parce que t’es ma copine :p)

  • Ce qui, pour ma part, me choque le plus, c’est comment ce conflit est vécu ici en France, le seul endroit où je peux vraiment l’observer.
    Quand je vois les musulmans ou même les juifs français vouloir défendre ‘leur terre’, je ne comprends pas, ils n’y ont même jamais mis les pieds.
    Je suis pour la paix mais malheureusement je n’y crois même pas. Je pense que quoiqu’il arrive, quel que soit le partage des terres, chaque partie aura l’impression d’être lésée. Les palestiniens parce qu’on les a dépossédés de leur terre et les israeliens à cause de leur Histoire.
    C’est mon opinion, et j’espère de tout coeur que l’Histoire me prouvera que j’ai tort.

  • Je profite de ce commentaire pour faire de la “pub” pour une pièce, Salam Shalom, qui parle de ce qui nous (juifs et musulmans) rassemble plutôt que ce qui nous sépare.

    http://www.billetreduc.com/26717/evt.htm

    En parlant de cette pièce autour de nous, je suis triste de voir principalement du désinteret pour ce sujet, ou pire des gens qui refusent d’entendre parler de paix en ces temps difficiles.

  • faut il toujours employer la force et la violence pour se comprendre?moi aussi je suis surprise de l’attitude de ces deux peuples qui deffilent ,qui devraient plutot etre ensemble pour demander la paix ,eux qui vivent en paix et effectivement ne connaisse pas gaza ni israel ,pas beau tout ca ,bel article jess

  • Il existe un oasis de paix là-bas, au prix d’efforts énormes, espérons qu’il survivra : http://nswas.org/

  • la paix ne peut venir que des hommes . Si la décision de paix ne vient pas des israéliens et des palesniens malgré la volonté de la communauté internationale rien ne pourra aboutir. Ainsi les beaux idéaux de aixsont peut être abordable si chacun arrive à faire des concessions et mettre de l’eau dans son vin. Mais faut pas ¨rêver pour le moment ce ne sont que de vains espoirs . Les belles paroles ne sont pas toujours suivies d’actes à la mesure.

  • Justement, la volonté de la communauté internationale…Il n’est pas certain qu’elle existe (ne serait-ce que parce que ce conflit doit rapporter pas mal d’argent en termes de ventes d’armes aux deux parties…Israël est l’un des États les mieux armés au monde et la France n’est pas la dernière à en récolter les fruits, je peux vous le garantir).

  • Moi ce qui me fait rire c’est que les Israéliens ont fait en sorte de déclancher leur conflit avant l’investiture d’OBAMA, ils ont bien profité du mandat de notre cher ami BUSH jusqu’à la fin pour faire leur merde (excuser moi du terme) sur la bande de Gaza. Je ne soutiens absolument pas le Hamas mais franchement ce conflit était inutile surtout pour prendre en otage des civils.

  • Euh…C’est surtout que les élections générales ont lieu en Israël, cette année…De même, le mandat de Mahmoud Abbas à la tête de l’Autorité palestinienne a pris fin la semaine dernière je crois…La conjoncture était juste parfaite pour lancer une telle offensive…Sauf que maintenant, Israël va bien être obligé de reconnaître le Hamas et de négocier avec lui, comme pour le Fatah avant lui…

  • Et c’est aussi que l’offensive israélienne est une riposte aux missiles lancés par le Hamas depuis des semaines sur le Sud du pays… On peut discuter de la pertinence de cette riposte et de ses proportions, mais ce n’est pas un conflit uniquement calculé pour coller avec la conjoncture, même si cela entre également en jeu.

  • De toute façon il sera toujours question de riposte de l’un ou de l’autre camp. Mais au-delà des raisons politiques et d’engagements qu’ils soient d’ordre politiquees ou terroriste, ce sont toujours les civils qui trinquent comme dans toutes les guerres d’ailleurs Quelquesoit les responsabilités de chacun il est important d’oeuvrer pour la paix. A force on pet croire que c’est une guerre sans fin.

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