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L’Insoutenable légèreté de l’être

J’ai appris à lire à l’âge de quatre ans. Depuis, je ne fais que dévorer les livres. Je pense qu’inconsciemment, je cherchais LE livre parfait et je l’ai trouvé avec “L’Insoutenable légèreté de l’être” de Milan Kundera.

L’Insoutenable légèreté de l’êtreJe croyais que la perfection de l’écriture était un fantasme, un Graal impossible à atteindre. Mais c’est bien ce dont il s’agit ici.

Tout est tellement beau, poétique, génial, bouleversant que je ne me suis autorisée à lire que quelques bribes à chaque fois, de peur de gâcher mon plaisir, d’arriver trop vite à la fin. Comme on le ferait avec une boîte de très bons chocolats (Forrest Gump, sors de ce corps !).

Je me suis reconnue en Tereza, cette femme qui fantasme l’Amour, qui le veut au-dessus de tout. Elle se retrouve confrontée à la réalité, au libertinage de l’homme qu’elle aime,Tomas, mais elle continue à y croire.
J’ai été très touchée par le lien magique qui l’unit à son chien, Karénine. Les dernières pages du livre nous décrivant le trio Tereza-Tomas-Karénine sont extrêmement touchantes.

Beaucoup d’émotion aussi devant le destin de Sabina, une des maîtresses de Tomas. Intelligente, asentimentale, elle quitte Franz, son grand amour genevois, et court après sa liberté, d’Europe en Amérique, pour ne trouver à la fin que «l’insoutenable légèreté de l’être». Mais une fois véritablement installée quelque part, en Californie, elle a peur. Peur d’être enterrée où aucun membre de sa famille ne repose. Si elle mourrait là, elle aurait le sentiment de ne jamais avoir existé…

“L’Insoutenable légèreté de l’être”… Milan Kundera n’a pas écrit de véritable fin comme s’il voulait laisser la liberté à ses personnages d’être véritablement heureux…

Tomas et Teresa sont les deux pôles du roman. Faut-il choisir de porter le poids du passé sur ses épaules, comme Teresa qui ne peut se passer de la Tchécoslovaquie, qu’elle a pourtant fui après le Printemps de Prague, de même qu’elle ne peut vivre sans Tomas, ce mari qu’elle chérit d’un amour jaloux et, par-là, à jamais insatisfait ? Ou bien faut-il préférer à cette pesanteur la légèreté de l’être qui caractérise Tomas et Sabina, la maîtresse amie qui seule peut comprendre le médecin séducteur explorant les femmes comme s’il disséquait des objets d’étude au scalpel ? Ne sachant quelle orientation est la plus supportable, le roman offre tour à tour le regard des différents personnages. Même le chien Karénine a droit au chapitre. Mais ce ballet incertain teinté d’irréalité apparaît vite comme une interrogation dialectique qui oscille entre réflexion et délire poétique pour aboutir à la conclusion que la pesanteur et la légèreté, pareillement insoutenables, ne procèdent jamais d’une décision véritable.

“L’Insoutenable légèreté de l’être” de Milan Kundera – Ed. Folio – 9,10 euros.

Prochaine lecture : “La Ballade de Baby” de Heather O’Neill.

2 Responses to “L’Insoutenable légèreté de l’être”

  • preum’s!

    Ouuh ça me donne bien envie de rajouter ce livre a la longue liste de livre que j’ai envie de lire mais qu’il faut que j’achète/emprunte/vole (au choix). Et pour un peu plus de neuf euros je vois pas pourquoi je me priverais plus longtemps :).

  • Et bien moi je me suis retrouvé dans le personnage de Tomas pour tout vous dire…
    Quel dilemme atroce ce choix entre pesanteur et légèreté !…. Non ?
    J’ai trouvé le film nettement moins bon que le roman. Evidemment, difficile de traduire les réflexions, les interrogations des personnages du roman dans une oeuvre cinématographique…

    Je suis en train d’écrire un roman philosophique un peu sur le modèle de Kundera mais en peut-être plus travaillé et profond, et surtout plus “littéraire”, car j’ai regretté souvent son style froid, sec, implacable, purement démonstratif… Pas un gramme de lyrisme, de poésie là-dedans…

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