Histoires

Sex on the mojito

Article sélectionné par BabyHaussmann lors de sa semaine de rédaction en chef 

Hier soir, j’ai retrouvé une amie que je n’avais pas vue depuis longtemps. On s’est engouffrées dans un bar rock du 11ème qui n’aurait pas déplu à Inès. Le genre de bar dans lequel instantanément tu perds dix ans et dix kilos dans ta tête et qui te donne immédiatement envie d’allumer une cigarette. Sauf que bien sûr tu ne la grilles qu’en pensée parce que tu respectes la loi.

Sex on the mojitoBref, on s’est assises au fond du bar et on s’est pris deux cocktails parce que pour fêter des retrouvailles, il n’y a rien de mieux qu’un long drink. A la moitié du premier mojito, j’ai oublié que j’avais trois enfants. Aux trois quarts, j’avais quitté mon boulot. Au début du second, je visualisais très distinctement les premières pages de mon roman. Une fois mon verre liquidé, je cherchais des idées pour mon discours de remerciement au prix Femina.

Tout ça en retenant avec peine ma copine d’aller grignoter les oreilles du serveur. Qu’il avait de sexy. Les oreilles. Sans parler des tatouages. Non, pas aux oreilles, les tatouages. Plus bas. Beaucoup plus bas. Slurp, on a fait, en partant.

Voilà, deux heures après, on est sorties dans le froid, dans le vacarme du Faubourg Saint Antoine. On s’est embrassées au métro Ledru-Rollin et j’ai remonté l’avenue jusqu’à Bastille, même pas dégrisée par l’air glacial. Je suis entrée dans un tabac, j’ai acheté du Samson et du papier et je me suis roulé une cibiche. J’ai tiré trois taffes et ça a suffi pour achever ma cuite. Un an sans fumer, forcément. J’ai jeté la cigarette parce que tout de même c’était vraiment dégueulasse.

Après, j’ai repris mon métro vers la vraie vie, celle où on est cinq à table, où le vendredi on mange des nems et du riz cantonais. La vie où il faut payer un loyer, être raisonnable et responsable. J’ai ri un peu trop fort aux blagues du grand quinquin, l’homme a trouvé que mes joues étaient bien rouges, c’est le froid j’ai répondu. On s’est souri, les enfants se sont couchés, et un peu plus tard, nous aussi.

Ce matin, même pas mal à la tête, deux mojitos c’est la quantité exacte pour être le temps d’un soir une étoile montante de la littérature sans pour autant payer le prix fort le lendemain. Pour l’heure, les questions sont toujours là, les réponses en suspens. Mais je sais que dans un petit coin au-dedans de moi sommeille une fille rock and roll qui ne demande qu’à se réveiller. Et ça tu sais quoi ? J’avais fini par l’oublier.

(cc) palm z

5 Responses to “Sex on the mojito”

  • remercie le ciel ou qui tu veux qu’il ne te failles que 2 mojito pour etre bieeeeeeeen, c’est economique. Ma dose est malheureusement bcp plus haute et la facture est en consequence. en plus le lendemain est loin d’etre aussi rose que pour toi. En conclusion tu t’en sort bien et pour pas trop cher

  • Serait sympa de dire que c’est a voir quant a la conso antérieur, pas si simple, hélas.

    L’alcool comme déshinibiteur, bien sur, surtout quant il est en prime une expérience gustative de choix, même si mon dernier cocktail me laisse un gout amer (:’) ca n’empêche, une consommation “exceptionnelle” soit disons hors d’un calendrier pré établi doit être l’idéal, a voir après quant au cadre de vie de chacun(e).

  • Le mojito c’est MON cocktail !! Celui qui veut dire : “ça y est c’est la fête et merde à tout ceux qui bossent encore” eh, eh… Accessoirement, c’est aussi le cocktail qui me sert pour tester les bars : si le mojito est bon, il y de sérieuses chances pour que tous les cocktails soient top.

  • Moi, j’ai fêté mon CDI avec des copines et du mousseux aromatisé à la pêche et à la framboise. Quand Rachel la surveillante m’a surprise devant l’ordi dans la cybersalle du logis avec les cadavres des bouteilles, je me suis dit qu’il était temps de me coucher. La preuve, je me suis levée à 12h.

  • Moi c’était hier soir avec deux verres de Lambrosco
    Une vogue dans le froid après
    Fini la clope journalière depuis plusieurs années mais la clope festive résiste, le plaisir est intacte
    Et puis, comme toi, on retrouve la vie de famille…

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