Humeurs

Génération biture express

21 ans… le bel âge !

Génération biture expressA 21 ans on peut tout faire : conduire, boire, sortir en boîte, faire l’amour, découvrir le monde, se moquer de l’avenir, aimer, tout est permis !

Et pourtant…

Je ne connais pas tous les jeunes de 21 ans. Nous sommes tous différents. En fait, je ne côtoie quasiment que ceux qui, comme moi, fréquentent des écoles de commerce et autres usines à cadres sup’. Et ce que je voie ne me dit rien de bon.

Génération 90s. Élevée à coups de séries TV et qui n’a pas connue la guerre.

Génération qui cherche à oublier, à se distraire, à ne plus penser.  A coups de cuites et de fêtes. Non, ce n’est pas nouveau qu’à 21 ans, on a envie de s’amuser et de rire. Mais les gens se rendent t-ils comptent que cette génération va plus loin que les autres ?

Alcool à excès, jusqu’au coma éthylique, souvent plusieurs dans les grosses soirées. Que l’on ne boit pas pour se « lâcher » ou pour s’amuser, mais dans l’unique but de se saouler autant que possible. Que ce phénomène n’est pas que français, mais au moins européen. Ici, dans mon université suédoise, l’année dernière, 80% des étudiants avaient une MST.

Évidemment, il commence à y avoir des réactions, vu l’ampleur du problème. Open bar interdits dans les écoles de commerce par exemple. Mais n’est ce pas trop tard ? Si cette génération, ma génération, en est arrivée à ce point là, est-ce par hasard ? Que nous nous retrouvons tous le week-end, voir la semaine, pour se saouler, ni plus ni moins. Que c’est parfois à qui boira le plus en un minimum de temps ? Que le taux d’alcoolisme dans les écoles de commerce atteint des taux record ?

Quand la société va-t-elle enfin se remettre en question ? Arrêter de se dire que, en gros, si nous buvons autant pour le simple plaisir de se mettre dans des états lamentables, c’est parce que c’est de notre âge et que cela nous passera ?

Je ne lance pas la pierre, moi aussi je rejoins parfois ces soirées bitures express. Où le but est clairement, au minimum, d’être malade. Si l’on peut ne même pas se rappeler, c’est encore mieux. Si dans la foulée on rencontre quelqu’un d’aussi saoul qui veut bien nous suivre pour un dernier verre, alors la soirée est parfaite. Car pour nous, maintenant c’est cela une bonne soirée, le plus de gens saouls possibles, le plus de coups d’un soir et celui qui vomit le premier a gagné !

Non je ne cautionne pas, je sais que cela n’est pas bien. Mais je me pose des questions, et surtout je m’étonne que les gens ne s’en posent pas. Comment les gens peuvent ils ne pas s’inquiéter, quand des jeunes au futur à priori plutôt prometteur, normalement pas franchement bêtes, ressentent le besoin de boire à excès, et souvent, pour tout simplement ne plus penser.

Je n’ai pas de réponses, mais cela ne me dit tout simplement rien de bon.

Peut-être, pour ceux qui ne l’auraient pas vu, un reportage de Envoyé Spécial sur la question :

http://www.dailymotion.com/video/xzehx_envspcial-esc-rouen-edhec-part-12_parties

(cc) S1m0ne

19 Responses to “Génération biture express”

  • Je ne sais pas si le but est pour tout le monde de se rendre malade…Je sais que je me suis pris une cuite toutes les semaines, pendant ce semestre, le but étant plutôt de se lâcher..Et ça marche plutôt bien, c’est assez sympa (lendemains exceptés)…^^

  • Pas trop en rapport, mais j’ai entendu hier que des “jeunes” avait soulé de force une jeune fille avant de la violer. Quand les pompiers ont retrouvé son corps, elle avait 6 grammes d’alcool.

    Pour elle, j’ai envie de croire que le paradis existe et qu’elle y est bien.

    Désolée d’utiliser ton article mais c’est ce qui m’est venu à l’esprit en lisant “jeunes” et “alcool”.

    Perso, je n’ai jamais été bourrée, même en étant Erasmus en Irlande! Trop peur de vomir!

  • Non bien sur le but n’est pas de se rendre malade (encore que). Mais pour se lâcher, deux trois verres suffisent, pas besoin d’être spécialement saouls voir ne plus savoir ce que l’on fait. Et la tendance est quand même très rarement à seulement deux trois verres… ;)

  • Deux trois verres ne suffisent pas à envoyer balader toutes les barrières qu’on peut avoir ;)

  • moi qui ne “bois” que du cidre ou de la clairette, je fais office de “bleue” là pour le coup
    mais je n’ai jamais compris où était le plaisir de boire à s’en rendre malade voir à “oublier” une partie de sa soirée… le mal de crâne, l’état nauséeux ou le vomi ne sont pas mes amis… délit de sale gueule et peau pas de toute première fraîcheur non plus. Le coma encore moins.

    c’est dangereux je trouve d’avoir un trou dans sa soirée de la veille, qu’est ce qui a bien pu se passer pendant ce temps ? Tout aurait pu arriver… le pire surtout. ça fait froid dans le dos je trouve

    J’avais déjà vu ce reportage sur l’alcool et les jeunes en école de commerce, ça faisait peur pour eux, leur vie, leur santé, leur avenir sachant que bcp abandonnaient leurs études en plus du risque d’alcoolisme avéré… quel gâchis !

    m’enfin certains n’étaient pas perdants : les marques d’alcool ! Le fric engrangé sur la dépendance de nos jeunes futurs cadres commerciaux, belle veine !

    Pour info : la cirrhose d’origine alcoolique est fourbe et tue plutôt salement.

  • moui…moi j’aimais bien les soirées étudiantes comme ça, par contre jamais eu de trous noirs, mais de franches rigolades et de bons souvenirs.

    je ne sais pas si les jeunes aujourd’hui boivent plus et si c’est plus grave qu’avant. mon père est médecin et me racontait ses soirées quand il avait mon âge et bien franchement c’est du même acabit (voire pire car il y avait encore moins de restrictions). lui-même trouve qu’on est dans une ère hyper asepstisée qui veut s’inquiéter de tout excès et prévenir tout mal.

    je ne pense pas que la proportion d’alcoolique en sortie d’école soit plus grande qu’ailleurs. c’est injuste mais je pense qu’une personne fragile un peu dépressive va se trouver de toute manière une addiction sans qu’on lui mette sous le nez. si ce n’est pas l’alcool ce sera autre chose.

  • J’ai fait une école de commerce (bon, il y a plus de 10 ans :D)) à Paris et je pense que c’est une très bonne idée que Roselyne Bachelot limite les open bar en soirées étudiantes. Ces beuveries sans limite sont une sorte de rite de passage dans le monde des Adultes et des classes favorisées aussi. c

  • (suite) Ca dépend peut-être de l’époque mais on nous gavait sans arrêt de discours sur “l’élite” alors que j’ai deux fois plus bossé en prépa pour en arriver là et qu’avec un ordinateur portable et une bonne calculatrice, tu passais tes partiels sans problème. Si ce n’est plus l’alcool, ça sera autre chose, mais ça évitera à bcq de “trinquer” plus tard danss la vie à cause de leurs débordements post-adolescents.

  • Moui, normal que l’aspect pris en compte ici soit l’alcool (un psychotrope) et non le(s) pourquoi(s) ?

    “oublier, se distraire, ne plus penser”
    Ça ne serait pas plutôt là qu’il faudrait chercher ce qu’il en est ?

    J’imagine que oui, trop se poser de questions complique a l’extrême (si cet là autre chose qu’un concept) la vie, qu’on soit en revanche en quête du minima de réflexion, d’analyse ?

    Période de crise économique qui pour le stade glisse, gentillement vers une nouvelle baisse de la qualité de vie ouest européen. Pour autant bien qu’il ne soit pas question d’une vue d’ensemble sur la question, il fallait après tout qu’on se prenne une bonne claque, pas suffisante en l’état ? Bha, a voir par la suite, ce qu’il faudra pour que les consciences exprimes l’impérieux besoin qu’on ne puisse refuser de (sa)voir ce qu’il en est. Une fois dans le mur peut être ?

    Merci & bon courage girlizounette.

  • Je connais pas mal le milieu dans lequel tu évolues (rapport que j’évolue dans le même, en fait). Le reportage est intéressant mais très con par certains aspects (“le binge-drinking, une tendance venue d’Angleterre blah blah blah”, et puis à peine manichéiste, ça laisse pas vraiment penser qu’on peut assumer sa consommation individuellement).

    Ca a un coté un peu caricatural, ce que tu décris… Personnellement, les soirées “biture express”, j’en vois peu. Idem, le trip de boire dans le but d’être malade. C’est peut-être juste moi qui suis anormale, va savoir : je dois fréquenter les seules personnes abstinentes en école de commerce.

  • Oh, et j’oubliais : y a vraiment des gens qui croient qu’il n’y a plus d’open bar dans les soirées étudiantes ?
    Allons…

  • Plus d’open bar chez nous depuis quelques temps déjà, en tout cas…

  • Sinon, j’ai une petite idée du pourquoi…Parce qu’en ce moment, le culte de la performance, je me le prends en pleine gueule, et j’aime pas ça. C’est toujours à qui baisera le plus et le plus de gens, à qui ira le plus loin, à qui aura le meilleur classement, à qui a et aura la vie la plus enviable, à qui boira le plus, tiendra le mieux l’alcool, a qui prendra le plus de drogues, à qui aura le réseau le plus large sur facebook…:D Me gonfle, tiens. C’est ça qui donne envie de boire.

  • J’ai fait une année Erasmus en Irlande pendant laquelle j’ai bu beaucoup d’alcool. Trop même. Le but n’était pas de se rendre malade, juste de s’amuser. On n’avait pas l’impression de boire tant que ça sur le coup, mais rentrer bourrée chez soi 4 ou 5 soirs par semaine, c’est trop.

    On s’en est rendus compte tous seuls et on s’est calmés. Certes on sortait encore au pub et en boite, mais avec beaucoup moins de bière et de vodka. On n’était pas alcooliques, loin de là. Je pense qu’on s’est simplement laissés entrainer par un effet de groupe.

    Ceci dit aujourd’hui quand j’écoute mon petit frère me raconter ses soirées d’école d’ingénieur, je me pose également des questions…

  • Moi la génération qui me fait le plus peur n’est pas la notre les 20-30 ans de l’an 2000, mais c’est plutot celle de nos petits frères. Nous, ont avait droit a un peu d’innocence et de naiveté. Les ados de 16 ans d’aujourd’hui sont élévés avec des images violentes 24/7 ont passé leur adolescence en plein dans l’air internet ! Nous dans les années 90, quand j’avais 15 ans ont avait que Les spice girls et le hit machine pour nous distraire… Aujourd’hui les jeunes de 16 ans ne communiquent que virtuellemnt depuis l’age de 12 ans, n’ont aucun recul sur rien.. Le sexe, la violence et la mort, et ca donne quoi ? Des petits de 12 ans qui filment leur viol ou leur expérience morbide (le jeu du sachet sur la tête)…

  • dis donc c’est des pointures les mecs de rouen (et leur copine blonde à qui je donnerai des baffes)…le problème de ce genre de reportages c’est qu’ils sont certes vrais mais aussi très caricaturaux, et qu’ils participent à la perpétuation de l’équation étudiant d’école de commerce=bourrin beauf bourré, puisque c’est tout ce qu’on y voit finalement…

  • Personnellement, je suis Bretonne, et il y a malheureusement (oui, je l’avoue) une certaine culture de l’alcool. J’ai assisté à certains festivals où on planquait directement la bouteille sur le terrain du festival (qui se déroulait pas très loin de chez moi) en l’enterrant dans le champ où se déroulait les concerts. Je vois aussi certains mercredis soirs et jeudis soirs (voire tous les soirs de la semaine) à Rennes durant mes études d’histoire où, systématiquement, les CRS étaient de sortie pour contrer les mecs qui avaient trop bu (les keupons aussi, mais bon, c’était autre chose)…
    Oui, l’alcool est devenu malgré tout un problème. Quand je voyais certains de mes copains en festival, oui, ça fait peur. Moi-même j’avoue boire pas mal. Heureusement, j’ai été élevée par une mère très sobre qui a vu une partie de ses cousins devenir alcooliques, voire mettre la vie des autres en danger à cause de l’alcool.
    En ce qui me concerne, j’aime le goût de l’alcool, je bois du vin, de la bière particulière… Mais je n’en aime pas les effets. Le reportage d’”Envoyé spécial” est certes quelque peu caricatural, mais il est vrai qu’une société qui ne règle pas les problèmes liés à l’alcool chez ses jeunes aura du mal à régler son mal-être…

  • “Open bar interdits dans les écoles de commerce par exemple” Cette interdiction existe c’est vrai, mais elle est facilement detournable: je suis en école de commerce et nous avons des Open Bar tous les mois. L’interdiction n’a rien changé!

    Après il est vrai que chacun va dans ces soirées avec un objectif différent: personnellement, je n’y vais pas dans le but d’être malade, mais plutot de celui de faire la fête!!

    Mais c’est vrai que parfois c’est effrayant de voir l’état dans lequel finnissent certaines personnes: la preuve le SAMU est présent à toutes les soirées et ils n’ont que rarement des moments de répit!!

    Très bon article en tout cas !!

  • Bonjour je suis étudiante et je fais mon mémoire sur ce théme. J’aurais aimé rencontré des jeunes qui pratiquent ce genre de pratique afin d’en parler, ca restera anonyme. Moi même j’ai des amis qui le pratiquent, mais ils ont une moyenne d’âge de 22 ans et je voudrais avoir l’avis de personnes plus jeunes (Personnes qui ont moins de 18 ans ou 18 ans). Si vous êtes d’accord pour me donner votre avis, qu’on en discute contactez moi à cette adresse : liliemisschoco@hotmail.fr

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