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Reznor, la fureur au corps

En parcourant les rubriques, je me suis aperçue que je n’étais pas la seule à avoir été fascinée par le Sieur Reznor. Ma rencontre avec Trent Reznor fut sonore. Au début, je ne savais même pas qu’il était lui, je croyais qu’il était eux. Abscons et abyssal tout ça, tout à fait à son image.

Reznor, la fureur au corpsTrent Reznor n’est pas seulement un homme, il est aussi un groupe à lui tout seul, Nine Inch Nails (ne me demandez pas ce que signifie ce nom, je n’en sais rien. Neuf pouces d’ongles ? Si vous avez une idée, n’hésitez pas à poster un commentaire). J’ai entendu March of the Pigs à l’occasion de la sortie de son deuxième album, The Downward Spiral.

Je n’y aurais probablement pas prêté attention si la chroniqueuse n’avait précisé que l’album entier avait été enregistré dans la maison où Sharon Tate avait été massacrée avec ses amis, et que justement March of the Pigs faisait référence à cet épisode. Les assassins avaient écrit “PIGS” avec le sang de leurs victimes sur les murs. Bigre ! Il faut être sacrément frappé pour retourner sur cette scène d’horreur afin d’enregistrer un disque.

Toujours selon la chroniqueuse, Trent Reznor aurait déclaré qu’il avait senti des ondes dans cette maison et qu’elles avaient influencé le disque.  Au final, l’album The Downward Spiral est plutôt accessible pour du rock industriel, sans pour autant être mainstream. Les morceaux sont mélodieux, les textes poétiques, vénimeux et complètement désespérés. Trent Reznor y distille avec délice une violence tantôt contenue dans des chansons douces comme Piggy, tantôt débridée comme Mr Self-Destruct.

Et malgré sa beauté fabuleuse, un sex appeal indéniable, Trent Reznor, à l’époque, ne jouait pas du tout sur ce registre et ne se mettait que rarement en avant. D’ailleurs, Courtney Love, partie en tournée avec lui, ne s’y était pas trompée mais Trent lui ayant fait manger un méchant râteau, elle l’a longtemps poursuivi de sa rage.

Trent Reznor, c’est aussi le mec qui s’est roulé dans la boue à Woodstock en 1994 avant de monter sur scène. Il a voulu ressembler au public, immergé dans la boue jusqu’au cou. Nombre de spectateurs tombaient et se retrouvaient momifiés. Ça a été l’idée la plus brillante du festival, en plus de la prestation qu’il a donné et qui reste dans les esprits.

Anecdotiquement, Trent Reznor a produit et lancé Marilyn Manson, il a produit la BO du film Natural Born Killers d’Oliver Stone, a participé à la BO de Lost Highway de David Lynch et a fait une magnifique reprise de Dead Souls de Joy Division pour la BO de The Crow. A part ça, à part être totalement dingue, totalement poète, totalement spleeneur, totalement charismatique, Trent Reznor est un fou génial. Il va d’idée conceptuelle en créations artistiques démentes.

Je vous laisse découvrir tout cela sur le site de Wikipédia, car je dois bien avouer que cet aspect de sa personnalité m’intéresse moins. Dans ses derniers albums, Trent Reznor projette ses visions morbides du monde dans un futur proche à coup d’albums puzzles à assembler, de morceaux à mixer soi-même, de sites internet pour reconstruire l’histoire qu’il n’a pas fini de raconter. Lui aussi dégoûté par l’inévitable armada marketing qui escorte chaque sortie d’album, il a, comme Radiohead, proposé un album en vente directe sur internet.

Depuis, Trent Reznor s’est fait couper les cheveux et a fait de la musculation. Selon Sébastien, grand spécialiste de NIN et de l’indus en général, c’est pour jouer de sa terrible et magnifique Gibson, une Les Paul que lui-même serait incapable de soulever.

Bref, il a pris un coup de viril qui ne me parle plus beaucoup. Impossible cependant de ne pas rester touchée, fascinée par l’homme et par l’immense artiste.

3 Responses to “Reznor, la fureur au corps”

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