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Femme libérée ?

Il me semble aujourd’hui que je n’avais pas encore perdu toute ma naïveté enfantine jusqu’à il y a peu. Je n’avais pas réalisé le pouvoir destructif des jeux du sexe et de l’amour.

Femme libérée ?Je gardais en tête les discours prônant la libération sexuelle des femmes, leur droit, notre droit, à nous aussi, de « papillonner » à droite et à gauche sans avoir à subir les regards réprobateurs. Il m’aura fallu 21 ans pour goûter à cette « libération », et comprendre qu’en fait, elle complique tout.

Pourtant, j’ai fait parti de ses « chanceux », ceux qui trouvent le grand amour jeune. Mon amour à moi je l’ai connu à 14 ans, nous sommes devenus un couple à 17 ans. Les gens m’enviaient, d’avoir déjà trouvé cet homme qui était à la fois mon amoureux, mon amant, mon meilleur ami et mon confident. Certains ne comprenaient pas comment on peut réellement aimer si jeune. Et pourtant, on s’est aimé. Et on s’est séparé, 4 ans plus tard.

J’ai alors été, il faut l’avouer, soulagée. Enfin de la liberté, pouvoir goûter d’autres hommes, sentir d’autres peaux, moi qui avait toujours connu le même homme. J’ai pensé que cela serait bien, du sexe sans sentiments, expérimenter de nouvelles choses, découvrir comment le sexe peut être si différent suivant le partenaire.

J’en ai profité… quelques mois. Aujourd’hui, force est de constater que ma vie sexuelle et sentimentale est chamboulée. Il y a cet ex, que j’ai aimé, que je n’aime plus mais que je n’arrive pas à totalement oublier. Il y a cet allemand, un genre de « fuck friend », que je retrouve toutes les semaines, mais qui a été très clair dès le départ : du sexe mais pas plus. Il y a cet anglais, rencontré cet été, plus âgé, qui attends plus de moi, alors que je ne suis pas sûre de pouvoir donner encore. Il y a ce suédois, rencontré lors d’un week-end, qui veut me revoir, me connaître. Tous m’attirent, d’une façon ou d’une autre, certains par pure envie bestiale, une attirance physique implacable. D’autres de part leur douceur ou leur joie de vivre.

Beaucoup de nationalités, oui ! Car ma nouvelle liberté m’a aussi donné envie de bouger. Angleterre, maintenant Suède, qui sait dans un an ?

Mais je me rends compte que l’on m’a menti. Non, être « libre », ne pas être attaché à quelqu’un, coucher avec des garçons juste pour un soir, juste pour le plaisir, ça ne fait pas se sentir mieux. On ne se sent pas « libérée », on ne se sent pas plus femme. Non, je ne me vois pas comme quelqu’un de libre qui assume pleinement ses désirs et les assouvis. Je me vois comme quelqu’un qui cherche dans le sexe sans attache ce quelque chose qui me manque et que je n’arrive pas à trouver.

J’ai 21 ans, et j’ai couché avec plus d’hommes que ma mère. Plus que la plupart de mes amies. Je ne me retiens pas, si j’ai envie d’un homme, et qu’il a envie de moi, je ne cherche pas à avoir son numéro plus tard, je ne cherche pas à le revoir après. Je ne le fait pas patienter parce que ça ne se fait pas de coucher avec des inconnus. Certains diraient de moi que je suis une « fille facile », ce que je ne suis pas. Je ne donnerais rien à un homme qui ne m’attire ni physiquement ni psychiquement. Je laisse seulement mes désirs et mes envies dicter mon comportement, sans me préoccuper de ce qu’en penseront les gens.

Est-ce que je me sens libérée ? Non.

(c) Lost Archétype

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4 Responses to “Femme libérée ?”

  • Très bel article girlizounette. Etre libre… vaste sujet, et très personnel ! Je ne pense pas que le fait de satisfaire ses envies quand elles se présentent soit la recette/manifestation de la liberté. Mais je te comprends quand tu acceptes de coucher avec un mec juste parce que tu en as envie…

  • Je pense que tu es incontestablement libre. Mais je comprends ce que tu veux dire : en gros, tu serais condamnée à être libre ?
    Mais en effet, je ne crois pas qu’être “libérée” et être “libre” recouvrent les mêmes réalités…

    Je vais essayer de trouver une analogie…J’ai la chèvre de M. Seguin en tête, alors on va faire avec :D : la chèvre attachée à son piquet n’est pas libre, jusque-là, tout va bien. M. Seguin, pris d’un soudain élan de compassion pour sa chèvre, la détache. La chèvre est libre. Mais comme elle est habituée à son carré d’herbe autour du piquet, elle n’en bouge pas. Elle tourne en rond, elle se trouve très bien comme ça. Puis un jour, elle en a marre de tourner en rond, alors elle s’aventure hors de son pré carré. Elle est maintenant libérée.

    En clair, être libérée serait l’expression de la liberté effective, tandis qu’être libre ne reflète qu’une liberté formelle.

    Le problème, quand on entre dans la liberté effective…C’est qu’on entre dans un monde nettement moins sécurisant (le domaine de la lutte de Houellebecq). Tout le monde sait qu’à la fin de l’histoire, la chèvre se fait bouffer par le loup ;)

    Désolée de vous avoir comparées à des chèvres, les filles, mais c’était pour les besoins de la théorie :o !

  • Magnifique Shen-Te, du grand art. Tu me donne presque envie de continuer sur ta lancée philosophique. Presque. Mais je pense que chercher à être totalement libéré est un vain combat. Nos aspirations sont toujours conditionnées par notre culture, notre éducation. Et finalement, cette question de libération de la femme devient plus une prison qu’autre chose. Ce qui compte, c’est de se sentir bien dans sa peau. Et c’est pas donné à tout le monde, malheureusement, blocages socio-culturels obligent.

  • Très bel article Girlizounette ! Me fais un peu penser à moi… ^^

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