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Monroe en héritage.

Article sélectionné par Mimi lors de sa semaine de rédaction en chef 

S’il y a bien une actrice que l’on associe directement au glamour*, c’est Marylin Monroe. J’ai tout lu sur elle depuis que j’ai 14 ans, elle représentait à mes yeux le symbole de la féminité, le rêve américain, le suicide, la dépression, le pouvoir de la séduction féminine. Une vraie héroïne pour l’adolescente et la jeune adulte que j’étais.

Monroe en héritage.J’ai cherché derrière les photos extraites des Misfits ce que souhaitait vraiment dire la femme derrière ce regard de myope, lu les confessions de ses femmes de chambre, des attorneys, vu les photos d’elle sur son lit de mort, dévoré la bio-fiction de Joyce Caroll Oates. Grâce à toutes ces lignes j’ai très vite compris que pour jouer au théâtre il valait mieux suivre les cours des Strasberg, et j’ai intégré dans un petit coin de ma tête qu’une star devait faire une psychanalyse.

Influençable donc comme le sont toutes les jeunes filles et en quête de modèle comme on le reste une grande partie de sa vie, j’ai cherché à savoir comment une femme devient le sex-symbol par excellence, emportant dans son sillon tous les hommes de la planète pour une jupe vite soulevée sur une bouche de métro.

J’ai décortiqué aussi les amitiés et les amours de Marylin. J’ai envié son entourage masculin et bien compris que le Brando en débardeur dans un Tramway nommé désir représentait le Mâle dans toute sa splendeur, que le meilleur ami Montgomery Clift était forcément homosexuel et que moi aussi dans mes fantasmes j’aurais préféré que mon père soit Clark Gable. J’ai trouvé aussi une certaine cohérence jusque dans les choix de ses princes charmants.

Entre un dramaturge, un président et un sportif, ils incarnaient à eux tous ce que les femmes peuvent chercher chez un homme, à savoir : l’intelligence, le pouvoir et la force. Au fil des lectures et de l’intérêt que je portais à cette star, j’ai commencé à avoir une fascination pour cette époque hollywoodienne où le glamour atteignait son paroxysme. C’est en regardant un de ses premiers rôles de figuration que j’ai découvert Mankiewicz qui est devenu à ce jour probablement mon réalisateur préféré et dont le film « All about Eve » est sans aucun doute mon film favori entre tous.

En me plongeant dans cette époque j’ai découvert qu’on n’y faisait pas les choses à moitié. Je dois peut-être l’accentuation de ma rousseur à Rita Hayworth et il y a fort à parier que si j’avais été blonde je serais devenue platine pour suivre le mouvement. J’aurais adoré comme toutes les égéries de cette époque porter des tailleurs ceinturés à l’aide d’une bande de croco toute la journée, j’aurais aimé les bas couture et les chaussures compensées sur le devant. J’aurais rêvé d’être critiqué par Louella Parsons en personne, et  j’aurais aimé rencontrer Bette Davis plus que tout. J’aurais voulu dormir dans des pyjamas d’homme, mais en soie.

J’aurais aimé vivre à cette époque où Ava Gardner devenait La comtesse aux pieds nus, j’aurais aimé croiser Daryl Zanuk et coucher avec Howard Hughes. J’aurais aimé tout cela jusqu’à ce mois de juillet… Ce mois de juillet où j’ai lu « Marylin et JFK » de François Forestier. Sous le vernis carmin, la belle blonde y est décrite comme une femme sale, constamment sous anxiolytiques, paumée, bafouée par les Kennedy, traînant de lit en lit et sentant plus la sueur que le Chanel 5. Et pour moi ce fut comme la fin du Père Noël, la fin des Contes de Perrault…

Le glamour et la séduction qu’elle véhiculait n’existait donc pas, ou tout du moins n’avait rien d’enviable une fois les portes d’appartement fermées. Ce que j’avais toujours su devenait véridique sous la plume assassine et talentueuse de l’auteur. J’ai compris que le glamour ne supporte pas le quotidien. En 2008, aucune star et personnalité, mises à part peut être Dita Von Teese et Gwen Stefani et, par périodes, Madonna, ne peuvent continuer à se réclamer de cette tendance. Aucune star poursuivie par les paparazzi ne pourrait aujourd’hui tenir la longueur.

Si Marylin Monroe revenait parmi nous, j’ai bien peur que nous en ferions la petite sœur de Britney Spears et d’Amy Winehouse, traquant au passage ses kilos en trop, ses retards insupportables et ses nuits de défonce. Si Marylin avait survécu elle serait probablement en cure de désintoxication, la télé-réalité aurait retrouvé son premier mari, aurait ressorti sa mère de l’asile pour une journée et aurait fait témoigner tous les gynécologues qui l’ont faite avorter.

Le glamour ne supporte pas la médiocrité du premier photographe venu et ne se nourrit que de mystère. Si Marylin revenait, elle n’existerait pas.

*Glamour : nom masculin (en anglais glamour : séduction) Type de sex-appeal sophistiqué, caractéristique de certaines stars hollywoodiennes (Rita Hayworth, Lana Turner, etc.).

Bibliographie, photographies, filmographie en vrac :

- The Misfists, la mort dans l’âme, Ed. Cahiers du Cinéma

Blonde de Joyce Caroll Oates

- Marylin et JFK de François Forestier

Photos de Milton Greene

- Marilyn Monroe, la dernière séance photo de Bert Stern, Livres d’Art, Gallimard, 2006

- Marylin, dernières séances, Michel Schneider, Gallimard

- All about Eve de Joseph L. Mankiewicz

Les Misfists de John Houston

Gilda de Charles Vidor

- The Aviator de Martin Scorsese

(C) Marylin sur le tournage des Misfits par Eve Arnold.

5 Responses to “Monroe en héritage.”

  • “Le glamour ne supporte pas le quotidien” et d’autant moins le voyeurisme quotidien de certains magazines… Mais je crois que la glamour ne peut exister que grâce au quotidien. Parce qu’il lui fait écho et contraste.
    Merci pour ce bel article. Il me donne envie d’en découvrir davantage sur Marilyn Monroe que je ne connais sans doute pas assez…

  • Woahh super article Anne on voit la fan et la femme revenue de ses fantasmes. je ne suis pas d’accord avec toi, Raph Arwell, le Glamour ne peut pas supporter l’epreuve du quotidien, parce que le quotidien est commun a tout le monde et le Glamour au contraire un fantasme de ce quotidien, un etat reve , artificiel et controle sur une pellicule de celluloid. l’analyse de Annee et tres fine !

  • notre époque ne permet plus l’émergence de stars glamour…c’est justement observé.

  • Anne, tu as lu “marilyn dernières séances”, moi aussi j’adore monroe et ton article au passage mais en fait l’icône du glamour ne l’était pas temps que ça !!

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