Histoires

Dans les entrailles du géant suédois de la mode

Il y a encore quelques mois je rangeais, pliais…et re-pliais, re-rangeais 8 heures par jour dans le palais foufou de la mode “cheap” suédoise.
Lorsqu’on est cliente : on se jette corps et âme dans les rayons, reprenant son souffle une fois les bras remplis de pulls, pantalons, robes, top, leggings, … Quand on est au service du géant : c’est une fois les bras vidés de tout vêtement et accessoire qu’on s’offre quelques bouffées d’air climatisé.

Dans les entrailles du géant suédois de la modeLorsqu’on est vendeuse, on a l’impression d’être cette petite personne, vous savez, dans Mickey à Eurodisney. On vous accoste sans jamais vous dire bonjour, on tâte votre pull, votre pantalon “c’est d’ici ? “ (prendre une voix nasillarde et totalement détestable : Je ne sais pas pourquoi mais c’est la voix que je donne à ma cliente exemple), on vous prend pour une penderie (certes je portais sur moi mon poids en vêtements) et certaines se sont mises à trier, tirer sur les manches, complètement interloquée j’ai juste murmuré un ridicule “Excusez moi mais c’est ma robe que vous tentez d’extirper de la masse de tissus”. Excusez-moi d’être une personne sous ses vêtements.

J’avoue avoir développé une sorte de phobie de la cliente qui s’approche bien trop près de mon visage (il est bien dur de conserver un minimum d’espace vital), vous n’existez pas, vous êtes un agent qui officie au nom du géant : petite chose agressée par moultes globes oculaires, gencives, dents et narines.
Je suais au son de la ballerine (bien qu’imperceptible) et sursautais dès que j’entendais “vous l’avez plus en taille 34?” (n’oubliez pas la voix nasillarde).
Quand bien entendu j’avais encore conscience de l’autre. Je m’explique.

Après plusieurs semaines au sein du géant, vous vous habituez à évoluer dans un brouhaha permanent : est-ce alors l’instinct de survie qui prend le pas ? ainsi votre regard devient vitreux, vos oreilles se bouchent et vous vous repassez en boucle dans la tête cette scène de film qu’on a tous vu où le personnage regarde tout autour de lui et il est comme coupé du monde qui l’entoure et il est là, calme et posé.“Mademoiselle, vous l’avez ou pas alors en taille 34 ?”…

Autre chose que j’ai appris, c’est que ce sont finalement les tailles 34 et 36 qui disparaissent des rayons en premier. (Et c’est là que j’envoie valser le cheval de bataille des magazines féminins dont le but est de rassurer sa fidèle lectrice tout en continuant d’afficher au fil des pages des tailles 34 voire 32, mais je ne m’étendrais pas sur ce sujet).

En effet, il est bien naif de croire que la silhouette fine et longiligne est chose rare, bien au contraire (en tout cas ici) nombreuses sont celles pour qui ça n’est pas le challenge de l’été contrairement à celles qui, quelques mois avant les premières apparitions du soleil, choisissent quelques jupes et micro shorty pour jauger taille, cuisses et hanches, histoire de voir si l’hiver a été rude.
“Il est mal taillé ce short?” (comment dire à cette femme, qui a eu le courage de sortir de la cabine avec ce bout de tissu, que ça n’est pas le short qui est mal coupé sans détruire toute estime d’elle même).

Surtout lorsqu’on sait que, chez le suédois, on gagne toujours une taille.
Attendez-vous à ce que votre 38 nordique se transforme en 40 voire 42 dans les autres boutiques de prêt-à-porter.
Désolée…
Vous avez compris que cette expérience est une source infinie…La suite au prochain épisode.

Take care.
(c) cobalt123

44 Responses to “Dans les entrailles du géant suédois de la mode”

  • Perso, j’ai toujours trouvé que le géant suédois taille plutôt pas mal. Le reste, je compatis, j’ai toujours pensé que ça devait être l’enfer de bosser la dedant.

  • je trouve déjà ça infernal d’y entrer pour trouver un pull (sans taper ni la vendeuse qui te répond agacée d’une voix nasillarde ^^, ni la cliente qui t’écrase le pied, fait tomber une pile de pulls sur ta gueule, te toise quand tu regardes un truc qu’elle considère déjà comme has been, et qui t’arrache le dernier tee à ta taille des mains), alors y travailler…non pas possible.

  • tu m’étonnes, zan…j’ai le plus grand respect pour les vendeuses de magasins de fringues. Mais quand même, je trouve qu’un des concurrents du géant sudédois dont l’initiale commence par un C et finit par un A taille super mal, autant je trouve que le géant du froid a des tailles pas mal. En même temps, j’en ai pas près de chez moi, donc, je le fréquente pas en permanence.

  • il faut dire que c’est le “fameux” géant suédois à paris-châtelet les halles, que je fréquente. autant dire le pire. l’impression d’un état de guerre permanent.
    pour l’autre géant concurrent, je suis d’accord avec toi serena.

  • j’ai toujours trouvé que la majorité des clientes des H&M étaient des pouffes finies, vulgaires et malpolies. et beaucoup considèrent les vendeuses comme des objets…
    et comme zan, je me fais régulièrement piquer sur place la dernière jupe à ma taille.
    ce qui ne m’empêche pas de m’y aventurer régulièrement…maso, moi?

  • Ravie que ce sujet délie les langues.
    H&M c’est : je t’aime moi non plus.
    C’est le Mc Do de la fringue comme me l’a confié un jour une cliente.
    Moi je tire mon chapeau aux vendeurs et vendeuses.

  • AAAAHHHH !!!!! dee curl tu as perdu, le jeu c’était de ne pas citer le nom !!!
    moi c’est le concurrent dont le nom commence par un z et finit par un a qui m’a fait flipper. Je me suis sentie comme une baleine échouée la dedans…

  • en tout cas, j’aimerais bien en avoir un près de chez moi mais c’est le seul qui me manque quasiment.

  • Le monde de la “hype” des vêtements cheap c un monde à part surtout le samedi après midi et les jours de soldes..
    Tous aux abris.

  • @serena: m****! je savais que j’allais me faire avoir :)

    pour ce qui est de ces magasins, le qui commence par un H et le qui commence par un Z, j’ai de plus en plus de mal.
    j’aime beaucoup les fringues qui y sont (sympa, pas cher) mais quand je vois les clientes j’ai de plus en plus l’impression de pas être le public visé…

  • surtout chez celui qui commence par un z….en plus quand les vendeuse me regardent des pieds à la tête, j’ai qu’une envie c’est de me tirer….

  • les vendeuses ne voient plus les clientes en détails.
    Elles voient plutôt une silhouette.
    A la fin d’une journée parfois j’étais incapable de me remémorer un seul visage.
    Tout le monde peut ouvrir les portes de chez H et Z.

  • chez z, pas forcément, j’ai rien trouvé pour moi…

  • j’ai juste dit tout le monde peut ouvrir les portes pas tout le monde peut trouver son bonheur.
    Moi perso j’ai délaissé les grandes enseignes pour la rue de Belleville à Paris.

  • ah excuse moi à force de poster, j’ai le cerveau qui s’embrouille.

  • pas de souci.
    Je sais que c’est de rester plusieurs heures face à l’écran
    c’est un job à temps plein.

  • J’ai été vendeuse chez une enseigne sus-nommée (pas celle qui commence par un H mais l’autre) et franchement il faut pas en vouloir aux vendeuses. On leur demande de faire du rangement, du conseil, de l’accueil, du réassort et en même temps de fliquer les rayons contre le vol. On nous surveille pour qu’on ne discute pas trop avec nos collègues, pour voir si on dit bien “bonjour” aux clientes et notre pause d’1/4 d’heure n’est même pas payée.
    En plus de ça, on a quelquefois affaire à des clientes hystériques, obsessionnelles voire complètement folles. Après tout ça, on a plus le temps de s’occuper des clientes gentilles qui nous parlent correctement et nous font un sourire compatissant…
    A part ça, j’ai quand même bien aimé travailler dans cette enseigne qui offre beaucoup d’avantages à ses employés (des possibilités d’évolution, une mutuelle en béton, tickets restos, etc.). Vaut mieux peut-être travailler pour les espagnols que pour les suédois.

  • Certaines vendeuses sont des pétasses, qui vous regardent de haut, il faut bien le dire. Et d’autres vous lancent un joli sourire franc…C’est comme dans la vie, y’a des les cons, et les pas cons ^^Après, c’est sûr que ça doit pas être rose tous les jours de faire ce boulot, mais c’est aussi leur métier l’accueil, c’est normal qu’elles soient polies je trouve..(les clientes aussi devraient être polies, hein, me faites pas dire ce que j’ai pas dit).

  • Je suis très rarement tombée sur des vendeuses pétasses, moi: aurais je de la chance? La plupart du temps je les plains, je finis toujours par leur glisser un sourire, un “bon courage”, bref, histoire de ne pas être comme toutes ces clientes névrosées qui traitent les autres nanas comme des merdes (il faut bien le dire). Le must c’est quand elles engueulent la pauvre vendeuse qui n’y est carrément pour rien.

    Sinon H…, ce qui me fait rigoler dans ce magazin, c’est souvent le premier étage ou le rez-de chaussée que j’appelle affectueusement le rayon des préados du “je cherche mon look- expérimental du jour”, c’est à ce point immonde que je me demande toujours pourquoi il y a deux bécasses pour s’égosiller de concert devant l’association improbable d’un legging en cuir hideux, d’un pull vert (outrageusement vert) et de bottes de ski.

  • parlons en de la politesse des clients parfois j’ai l’impression que le fait de faire chauffer la carte bleue fait oublier à certains les mots “merci bonjour et au revoir”

  • Ceci étant ce ô combien délicieux problème ne stagne pas aux portes de H et consorts, mais semble se répéter dès lors qu’il y a un stade “client” et un stade “vendeur/serveur/tout autre métier qui sous entend un peu grossièrement d’être au service de l’autre”
    Krib, quand par malheur je tombe sur une vendeuse pédante, là je ne suis pas agréable, mais c’est tout à fait normal, le respect étant bilatéral.

  • la hiérarchie de la carte bleue : celui qui dégaine celui qui encaisse.

  • Quand même un peu pathétique de se sentir puissant parce qu’on dépense, non?
    Cet été j’ai bossé derrière un guichet, un espèce de petit merdeux m’a tendu la feuille que je devais remplir sans un mot ni un bonjour:j’ai refusé de la lui prendre.

  • @ elea, surtout quand après la banque t’appelle parce que “tu as dépassé ton découvert autorisé chez le géant suédois et on est obligés de rejeter le prélèvement pour le loyer ! Ah, vous allez vous faire expulser ? Pas grave, au moins vous serez bien sapés…”

  • @Elea: tu décris si merveilleusement bien le comportement des pétasses. à croire que tu prépares une thèse socio sur le sujet. “comportement de la pétasse ordinaire en milieu de centre commercial”. je kiffe…

  • Philesb

    The Sweet Fairy:”Le monde de la “hype” des vêtements cheap c un monde à part surtout le samedi après midi et les jours de soldes..

    Tous aux abris.”
    C’est clair!
    En parlant de ces deux magasins,est-ce que je me trompe si je dis qu’ils ont un peu “révolutionné” le milieu?

  • je critique je critique mais j’avoue que j’y vais, que je le regrette ensuite, que je râle du manque de politesse de toute part, mais que j’y retourne ensuite.

  • Révolutionné? Oui pour les prix attractifs, oui pour l’aspect “on a le droit de farfouiner partout”, oui pour l’indépendance des clientes vis à vis des vendeuses enfin une boutique où on se fait pas sauter dessus par le personnel par des “je peux vous aider?” , oui pour un essayage en toute intimité où on se sent pas obligé d’acheter juste par qu’il y a des yeux qui nous regardent..
    H&M c’est FreeStyle moi c ça que j’aime mais le lundi matin…héhéhé…

  • Philesb

    @The Sweet Fairy:oui c’est ce que je voulais dire.

  • oui mais c’est quand même dangereux, voir nocif, h&m… (pour les pieds écrabouillés, pour les cheveux en cas de crêpage de chignon, pour la CB décédée, pour les petits prix qui ajoutés les uns aux autres surprennent les L comme moi quand ils offres l’addition sur la note, pour les nerfs quand il faut ramer entre 2 rayons…) mais on aime ^^

  • Le grand probleme des geants commerciaux est justement de devenir geant, ils oublient qu’au depart ils etaient tout petits e qu’ils sont arrives la haut grace aux gens qui travaillent pour eux, il devraient pas les oublier comme ca…

  • Philesb

    Une fois au H&M du boulevard Haussmann j’ai vu une cliente qui se changeait discrètement dans un coin.Aussi incroyable que cela puisse paraitre,il y avait tellement de monde qu’elle n’était pas voyante.

  • la chasse à l’impudeur de certaines c’est un vrai sport..
    Je faisais la chasse aux ados de 14 ans, les jeunes aux seins qui pointent qui sans complexe exhibent leur premier soutif’ aux yeux de tous (mère, père de famille etc..).
    Car une chose est à savoir c’est que dans ces grands magasins où la clientèle est féminine et jeune c’est un vrai délice pour certains aux idées mal placées…

  • Philesb

    The Sweet Fairy:”Car une chose est à savoir c’est que dans ces grands magasins où la clientèle est féminine et jeune c’est un vrai délice pour certains aux idées mal placées…”
    Que veux-tu dire par là?Qu’il y a des voyeurs?

  • A ton avis…pourquoi les grands magasins en seraient exemptés?

  • Philesb

    Argh,j’en avais jamais remarqué dans les grands magasins…

  • y’a un bon système de sécurité..et c pour ça qu’il est interdit de se changer entre les rayons : d’une part c’est une façon de se protéger du vol et d’une autre c’est protéger sa clientèle.

  • Hmmm, j’ai bossé un été chez son concurrent, celui qui commence par C et fini par A. J’étais magasinière/conseillère clientèle. Quand je suis arrivée, mes collègues m’ont dit “tu as de la chance d’être aux stocks !!!! Tu peux pas savoir à quel point”. Moi je me disais que bof…28 degré en permanence dans la réserve, un travail très physique, personne avec qui papoter pendant 4h…pas si top que çà la réserve. Mais j’ai vite déchanté…je faisais une après midi/semaine de conseil clientèle…et c’est l’horreur : les clientes (et j’insiste sur le féminin : les vendeuses de la partie homme sont unanimement enviées) me prenaient tout bonnement pour un larbin. Les fringues en vrac dans la cabine, alors qu’il y a un énorme panneau “ramener les vêtements où vous les avez trouvé, svp”, le bordel dans les rayons, le regard dédaigneux et j’en passe. Le meilleur restant pendant les soldes : une collègue rangeait une “table” de tee-shirt, et une cliente passait systématiquement derrière elle tout défaire. Au bout de trois tables elle a craqué, s’est retournée et lui a demandé si elle n’avait rien de mieux à faire que de défaire des piles à peine faites. Et si non, qu’elle pouvait se coller au pliage à sa place.
    Parfois on craque, c’est humain :-D Et parfois il y a des clientes charmantes, qui disent bonjour, excusez moi de vous déranger, merci, aurevoir, bon courage etc… et qui rangent sur les porte-manteaux les vêtements tombés,même quand ce n’est pas de leur fait. Et elles…on leur donne le meilleur de nous même, et elles ressortent contentes ^_^ Mais honnêtement… j’étais super contente de retourner dans ma réserve surchauffée :-D
    Et maintenant que tu n’es plus chez H…, tu fais quoi ?

  • le stock : 7h par jour à badger des vêtements sur un fond musical qui grésille.
    J’avoue que la première fois que je l’ai fait j’étais tellement ravie de m’éloigner de la jungle du magasin et quand ce jour tombait le samedi c’était le pompom…

    On en revient toujours au même souci : le pouvoir de la CB, la hiérarchie de celle qui dépense et celle qui encaisse.

    Bien souvent, le fait d’être désagréable avec celui qui sert est révélateur d’une frustration dans son quotidien : les frustrées donnent des clientes dédaigneuses..

  • ou des vendeuses dédaigneuses.

  • ça va dans les deux sens effectivement.
    Moi je blâme ceux et celles qui ont oublié les “bonjour merci svp au revoir”. Moi j’y suis très attachée (sans vouloir me lancer des fleurs car j’avoue quelque fois n’avoir pas toujours été aimable avec la cliente mais toujours été polie).
    La politesse : je crois que ça ne se fait plus tellement en ce moment : ça doit être passé de mode.

  • C’est moi ou le géant suédois de la mode martyrise les “grandes tailles” à coups d’imprimés moches? C’est pourquoi je n’ai jamais rien acheté chez ce géant suédois…

  • oui ça aussi c génial..Vous me redonnez pleins d’idées pour reposter un article sur le géant..
    Comme c étrange jusqu’à la taille 44 tu peux t’habiller dans l’air du temps mais dès que tu dépasses il faut aimer les paillettes, les fringues arabisantes (exemple de cet été) juste 3 couleurs au choix, les couleurs ternes.
    Comment peut on si bien vulgariser la haute couture pour les tailles standards? et dans la même enseigne délaisser cette clientèle.
    Effectivement il y a un gros travail à faire là dessus..
    Il y a deux ans il peinait à rendre attractif leur rayon classique (pour working girl de la 40aine) à présent tout a été réajusté et c un des thèmes qui fonctionnent le mieux.
    Pour les grandes tailles ça ne saurait tarder, faut juste qu’ils comprennent qu’il y a de l’argent à se faire

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