event_ecole

Fournitures, conseil de classes et conjugaison… Vous me manquez !

Lors d’une réunion de travail, ou bien dans une relation amicale, tout à coup on retrouve nos 7 ans et l’époque où les geeks, le monde du travail, et l’instantanéité n’existaient pas, et ce pour notre plus grand bien à tous. C’est avec une certaine nostalgie que je passe dans les rayons des supermarchés en ce moment; je ne peux m’empêcher d’avoir certains regrets. Ces madeleines de Proust me rappellent que l’école même lorsqu’elle est finie depuis bien longtemps, n’en a pas fini de laisser des traces, et avec elle tous ces petits objets ou moments qui avaient tant d’importance.

Le cahier de texte : Plus jamais je n’aurai de raison de m’acheter le sacro-saint cahier de texte où l’on notait consciencieusement les devoirs à rendre, en les Stabilotant aussitôt exécutés. Maintenant mon iPhone me bippe, mon ordinateur aussi, et limite mon micro-ondes. Je n’ai jamais aimé qu’on me siffle mais ça n’y change rien, adieu le papier et vive la nano-technologie. Le mode d’emploi pour remplir son emploi du temps est certes plus compliqué, se décline en 18 langues, mais reste la rançon pour une vie soit-disant mieux organisée, sans devoirs ni leçons à apprendre.

L’encre bleue turquoise : Plus jamais je n’aurai à m’acheter cette encre délicate et parfumée qui me permettait d’envoyer des invitations à mes meilleures copines pour que l’on fête mon anniversaire. Je me retrouve maintenant invitée à des anniversaires-surprises via Facebook par de vieux copains, en me demandant si il n’y a pas comme un bug dans le système puisque je ne les reconnais même plus sur leurs photos.

La gomme : J’aimais la rose, qui faisait des traces presque indélébiles. Quand en tirant la langue on gommait ce grossier pâté sur le dessin du petit poney que l’on venait de faire. Maintenant on a plus rien à effacer, on trash tout dans la poubelle de notre ordi, en regardant la jolie petit icône se vider. Perdant ainsi en un centième de seconde jusqu’à la dernière trace de la seule lettre que nous venions d’écrire à notre père.

Le calcul mental : Les tables de multiplication, les moyens mnémotechniques pour se rappeler que lorsqu’on additionne 9 ce n’est pas compliqué, il faut retirer un au nombre concerné (laisse tomber j’texpliquerai). Maintenant chaque fois que l’on est plus de deux au resto, il y en a toujours un qui sort son bic pour faire une division sur la nappe en papier pendant que l’autre se sert de la calculette de son portable. Suivant celui auquel on fait confiance, la douloureuse peut passer du simple au triple.

Le redoublement : J’ai redoublé pour manque de maturité à 10 ans, pour tête en l’air et pour “queue de vache” dans la main aussi. Ça ne m’a plus quittée. J’ai vécu ça en conseil de classe avec pour seul allié un prof de français qui me souriait. Les profs d’histoire, de gym, et de science nat s’en fichaient pas mal de mes quelques aptitudes créatrices. La dernière fois que l’on m’a licenciée j’ai cherché le gentil derrière la DRH, le chef de service et la juriste… Il n’y en avait qu’un seul au fond du bureau qui a bafouillé “on vous licencie car vous êtes certes une mine d’idées, mais bon là, on est là pour faire du blé !” Bref rien n’a changé !

Les encyclopédies : Bien rangées dans la bibliothèque de mes parents, bien plus en avant que l’Encyclopédie Universalis, il y avait “Tout l’univers” avec ses couvertures en skaï rouge, qui nous aidait bien pour les devoirs sur les dinosaures ou la moisson du blé. Maintenant, si on a besoin de comprendre quelque chose à la tectonique des plaques, direction Wikipedia. Je surfe de liens en liens avec pour résultat une perte de temps considérable, car là où à 10 ans je mettais deux heures pour rendre un devoir, là je perds une demi-journée pour rien retenir. La faute aux mails que j’ai reçus, à mon MSN qui n’a pas arrêté de faire “bling bling” et à la multitude d’informations que mon cerveau ne peut pas retenir.

Le changement d’école : Un jour les parents décidaient de changer de ville et là… Le monde s’écroulait. Adieu mes meilleures copines de ma vie, on s’écrira, on se reverra, jamais je ne vous oublierai, à la vie à la mort. Depuis, on a au moins essayé 5 mecs, 10 apparts, 543 amies sur Myspace, donc on sait que de toute façon ça ne sert à rien de pleurer des heures entières dans les bras les unes des autres puisque dans peu de temps on se refera des promesses de visites virtuelles qu’on ne tiendra jamais.

La conjugaison et la grammaire : Avant je savais écrire sans fautes, je connaissais les règles du COD avant l’auxiliaire avoir qui faisait que tout cela s’accordait dans les règles de l’art. Je pouvais écrire sans fauter à l’imparfait du subjonctif, et les règles de ponctuation n’avaient aucun mystère pour moi. Depuis, je me sers d’un ordinateur et de son fameux correcteur d’orthographe auquel je me suis trop longtemps fiée comme à ma première institutrice correctrice de dictée. Bien mal m’en a pris, c’est un cancre ! Résultat, je reprends le Bescherelle, je suis membre du Larousse, Lexilogos est dans mes favoris, et mon mec est mon correcteur très privé pour éviter tro de fotes !

Maitenant, j’ai vraiment hâte qu’avec mon fils nous allions faire les courses de rentrée, comme ça au passage je lui piquerai son stylo plume, son classeur avec intercalaires et le must du must : son cahier à grand carreaux Clairefontaine qui a des pages plus douces que toutes les peaux du monde.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>