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“Son absence”, de Stéphane Darnat

L’éditeur Léo Scheer a créé sur son site Internet la collection « M@nuscrits » où l’on peut lire des textes en ligne, présentés avec une couverture sobre et littéraire (couleur crème, le nom de l’auteur en noir, le titre de l’ouvrage en bordeaux), une quatrième de couverture et la possibilité pour les internautes de voter et de commenter les pages lues.

« Son absence », de Stéphane DarnatLa singularité de cette initiative est grande : lorsque vous lisez le manuscrit, vous pouvez, d’un clic de souris, en tourner les pages à la manière d’un livre. Cette expérience éditoriale inédite a le mérite de déplacer la question : ce n’est plus le livre en tant qu’objet qui se voit mis en avant, mais le texte, rien que le texte… On pense à Roland Barthes, qui sans doute aurait admiré ce mouvement des pages qui se révèlent au fil des ombres et offrent à l’internaute le geste du lecteur qui, en toute quiétude, butine les mots dactylographiés dans l’ombre du jour.

Stéphane Darnat, auteur du célèbre blog littéraire Le Solitaire rature (hébergé par le site 20minutes.fr), a fait le choix de présenter dans « M@nuscrits » son premier roman : Son absence.

Un homme pleure, dans le coin d’un café. À ses pieds, un vieux sac d’école au cuir râpé dont dépasse un manuscrit. Éditeur de romans, l’homme vient de comprendre qu’il passe à côté de sa vie. Après une nuit glauque à errer sur les quais de Paris, à la rencontre des hommes qui aiment les hommes, il va se décider à quitter la ville et partir en quête de l’histoire de sa mère qui, croit-il, l’empêche de vivre sa vie d’homme. Il ne reviendra sans doute pas de ce voyage.

Son absence est un roman composé de fragments, écrits dans un style épuré, parfois brutal mais toujours lisse, avec cette politesse, cette générosité de l’auteur à déplier les émotions de son personnage. En partie autobiographique, puisque l’on sait que Stéphane Darnat, ancien éditeur, a quitté Paris pour changer de vie, ce récit résonne de mille morceaux de notre âme, universels, où l’identification du lecteur s’imprime sur son écran mental au fur et à mesure que les pages se tournent, dans un mouvement du cœur serré, gonflé de sentiments paradoxaux ou délicieux. C’est une lecture qui coule, qui va de soi et apaise.

Stéphane Darnat, Son absence, éditions Léo Scheer, collection « M@nuscrits »

Photo : (c) -David- via Flickr 

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