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Pourquoi, cette année, je suis allée à la marche des fiertés

Pourquoi, cette année, je suis allée à la marche des fiertésJ’ai toujours été bisexuelle. D’aussi loin que je m’en rappelle, c’est-à-dire depuis le CP, je tombe amoureuse et/ou je désire aussi bien des filles que des garçons. Pourtant, je ne me le suis avoué que bien plus tard, en 3ème. Certains diront que la puberté m’a fait prendre conscience que ce que je ressentais pour certaines filles auparavant n’était pas de “l’admiration”, mais je suis de plus en plus persuadée que c’est plutôt du à la fréquentation de forums avec des lesbiennes et bisexuelles dedans ainsi qu’à la série que je regardais à l’époque. En effet, un des personnages principaux se révèlaient bi (même si elle se présente comme lesbienne ensuite) et ces différents modèles m’ont permis de m’identifier.

C’est donc à 14 ans, avant d’avoir eu la/le moindre petit(e) ami(e) que je dis à mes parents que je suis bi. Réaction un peu violente, “c’est pas ça qui assure la survie de l’espèce” alors qu’ils ont par la suite très bien réagis quand ils ont su que ma meilleure amie était lesbienne.

Je ne me reconnaissais pas dans la gay pride. Je ne ressentais pas le besoin de réclamer plus de tolérance / acceptance, j’avais l’impression qu’il fallait plutôt lutter contre les préjugés / clichés et l’image que j’avais de la marche était un défilé de “plumes dans le cul” qui nous déservait plus qu’autre chose. De plus, l’aspect communautaire me rebutait.

Pourquoi, cette année, je suis allée à la marche des fiertésEtant en couple exclusif avec un homme, je ressentais le besoin d’exprimer ma bisexualité qui est une part de mon identité. Non pas que je considère que l’orientation sexuelle soit quelque chose de primordial chez quelqu’un, d’autant plus que les limites entre homo, hétéro et bi sont souvent bien floues, mais mon orientation sexuelle est en total symbiose avec mon ressenti face au sexisme. Pour moi, il n’y a pas de différence nette et marquée entre les hommes et les femmes mais une variété infinie d’individus. Je ne crois pas à la binarité exclusive mais à deux pôles avec énormément de nuances. C’est donc pour cela que je suis maintenant une membre active du forum de bisexualite.info

Ce qui m’a décidé à aller marcher, en plus de ma solidarité avec les trans, c’est ma prise de conscience de l’homophobie. Ce sont les Vanneste, les Boutin, la “défense de la famille” (contre le divorse et l’homoparentalité) et la “marche pour la vie” (comprendre : contre l’homosexualité et l’IVG) qui m’ont fait descendre battre le pavé lyonnais. Pour leur montrer qu’ils sont minoritaires. “Accessoirement” pour rappeler au gouvernement son engagement d’une alliance civile pour les couples homosexuels, pour que les couples de femmes n’aient plus à aller en Belgique, à cacher leur compagne ou à trouver un donneur “sauvage” pour que l’une tombe enceinte. Pour éviter que les couples d’hommes recherchent des mères porteuses aux US ou “adoptent” des enfants par les voies non-officielles ou s’arrangent avec un couple de femme pour “partager un enfant” car ils n’ont aucune autre possibilité. Pour que la bisexualité soit reconnue à part entière et non comme une transition, une instabilité, un phénomène de mode ou une homosexualité non assumée. Pour que le jour où je serai en couple avec une femme, je puisse faire tout ce que je fais actuellement avec mon homme.

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