My Space

Pourquoi je suis solitaire, tout en étant très sociable.

Je n’ai jamais réussi à me positionner face à ces deux versants de ma personnalité.

Fille unique, j’ai toujours cultivé ma solitude, un certain plaisir dans le fait d’avoir à me retrouver seule face à moi-même. Ca ne m’a jamais dérangée, car être seule est parfois un véritable luxe…je ne m’en suis rendue compte que plus tard. Puisque je n’avais pas le choix, autant en faire bon usage ! C’est alors que je me suis réfugiée dans les livres. Tout un univers se dessinait autour de moi, la vie que je ne partageais pas avec un frère ou une soeur, je l’utilisais à littéralement dévorer tout un tas de bouquins, avec une certaine boulimie.  De là est né mon penchant pour l’écriture, moi qui passais mon temps à rêver (ça n’a d’ailleurs pas changé).

J’aime être vautrée sur un canapé en écoutant un cd tout en fumant des clopes, à laisser vagabonder mes pensées, marcher seule le nez au vent, …et aujourd’hui la solitude est tout simplement quelque chose de vital dans ma vie! J’ai besoin d’un certain long moment de solitude chaque jour de ma vie, sinon c’est la catastrophe.  Je ne sais pas si c’est égoïste, je ne pense pas puisque me laisser seule c’est vous épargner mon côté grognon pour un moment ! D’ailleurs le manque de solitude nuit gravement à ma santé. Preuve en est qu’en partant en vacances avec dix personnes et pour dix jours, j’ai rapidement senti le besoin au bout de quelques jours de trouver un espace “do not disturb”, quand les autres prolongaient l’apéro en terrasse à coups de cacahouètes et de pastis (bien que j’adooore le pastis bien frais sous un soleil de plomb) je ressentais le besoin irrépressible d’aller m’enfermer au moins une bonne heure dans ma chambre, au risque de passer pour une autiste. Rassurez-vous je ne restais pas prostrée une heure à me balancer assise sur un lit, mais je faisais tout ce que la présence des autres parasitait. Ecrire, penser, faire le point avec moi-même. Un besoin vital, une heure d’évasion. Mais si mes souvenirs sont bons, j’étais la seule à faire ça. Bon.

En même temps, la sociabilité c’est vital aussi. Et je n’en manque pas. Peut-être que je parle trop facilement aux gens aussi (je suis capable d’accepter de boire un café avec un inconnu qui essaie de me faire du charme dans la rue, parce que ça n’engage à rien et que ça m’a fait rire, là où d’autres passeraient leur chemin d’un air plein de dédain). Rencontrer des gens ne manque jamais de nous apprendre sur les autres et sur nous-même aussi. Et dans certains moments de désespoir, on a tendance à vouloir voir du monde, à faire une boulimie de rencontres, ce qui au final ne nous avance jamais beaucoup, ou ne fait que nous leurrer.

Mais j’ai aussi cette curieuse facilité à me lasser très facilement des gens et à ne pas vraiment chercher à vraiment entrer dans leur monde, mon vagabondage me pousse à toujours vouloir entrer dans de nouvelles sphères, par curiosité, voir comment les gens vivent, quels sont leurs idéaux, quelle est leur culture familiale…ces gens nous renvoient fatalement à notre propre système, et là où la sociabilité vous permet de faire de nouvelles rencontres, de nouvelles connaissances, elle s’arrête souvent là où chacun a marqué son territoire “ce sont nos amis, ce sont nos habitudes et tu n’y es pas la bienvenue”.  Ou au contraire parce qu’on n’ose pas, certaines portes ouvertes vous paraissent fermées.

Et vous retournez à votre solitude, si réconfortante, parce que “l’enfer c’est les autres”. Avant de remettre ça, toujours le cul entre deux chaises !

En attendant la meilleure solitude, celle qui se vit à deux.

14 Responses to “Pourquoi je suis solitaire, tout en étant très sociable.”

  • c’est marrant, je suis un peu comme toi, j’ai besoin de ma solitude, de mes moments de rêverie, d’être tranquille dans ma bulle, d’avoir mon espace… et c’est ma passion pour la lecture qui a déclenché ma passion pour l’écriture…
    et d’un autre côte, je m’intéresse aux gens, je suis curieuse de tout et plutôt ouverte au monde…contradictoire?

  • je suis exactement comme vous, même dans le cadre de ma famille, je passe de très nombreuses soirées enfermée dans ma chambre avec un bouquin, une boisson des biscuits et Lucas et Nathan Scott, la seule présence que je tolère.
    Mon mari comprend et accepte ce besoin de solitude. Surtout que finalement, je suis moi aussi très sociable. Seulement les gens me déçoivent trop souvent. Donc, je reste avec mes très proches, les seuls qui me connaissent vraiment et qui admettent les bizarreries de mon tempérament !
    D’ailleurs, j’adore avoir des gens à la maison mais j’adore encore plus quand ils s’en vont…
    je sais, les filles nous sommes bizarres…

  • J’ai l’impression d’être exactement pareil, sauf que pour ma part j’ai grandi avec une soeur guère plus jeune que moi, et avec un grand frère.

    C’est vrai que la solitude est un luxe qui manque vite lorsqu’on sort en groupe ! Généralement je prends un peu le large pendant un moment mais c’est pas toujours bien vu ou compris par l’entourage !

    J’aimerai bien trouver un homme qui soit pareil ! ( Pas trop non plus pour ne pas empirer la chose ! )

    L.

  • Les aspects de ta personnalité qui te semblent contradictoires ne le sont pas bittersweat. Bien au contraire, je pense que tu as tout simplement su trouver l’équilibre entre une solitude choisie (et non pas/plus subie) et une vie sociale qui se remplit au gré des rencontres. Avoir plein d’amis, être tout le temps dehors et fourée dans diverses fêtes improvisées ne signifie pas être bien dans sa tête, car a contrario, la solitude est souvent perçue comme étant quelque chose de sombre, du côté froid et lugubre de la vie (comme si ça nous renvoyait de façon fantasmatique à la mort)
    Savoir être seule sans être autiste, pouvoir parler avec tout le monde sans la moindre gêne, ça c’est un signe de “bonne” santé mentale oserais-je dire. Etre seule c’est surtout être face à soi-même, c’est le début d’un travail d’introspection en continu.

    Les deux ne sont pas antinomiques, je suis dans le même cas que toi et rien qu’à l’éventuelle idée de passer plusieurs jours en vacances avec des amis, eh bien ça m’angoisse.
    Je suis issue d’une fratrie de 5 frères et soeurs, n’ayant jamais connu la solitude étant plus jeune, j’ai appris à vivre avec et à l’aimer, et ne saurais plus m’en passer ;)

  • perryne

    trop bien ! moi aussi, sauf que c’est parfois pas facile à faire comprendre aux personnes, j’ai peur du regard des autres face à ce trait de caractère, je me lasse facilement aussi des personnes. J’éprouve de la peur face au jugement des autres parce que je souhaite devenir infirmière. Les jeunes de ma promotion, ( je suis plus vieille) ont je crois des difficultés à accepter.

  • Xavier

    J’ai accroché complètement à çe que tu as écris , je me reconnais totalement dans cette vision et ce comportement vis à vis des autres .
    Ma vie en est marquée autant dans mes amours que dans ma famille et mes amitiés .
    Je suis là sans y être vraiment et pourtant j’ai besoin de partager et je donne aussi beaucoup !
    Paradoxe permanent et mal compris

  • kessy

    je suis presque comme vous, je refuse les autres parce que j’ ai grandi en ayant à l’esprit qu’ il existe que la famille et je n’ ai jamais côtoyer d’ autres univers à part notre maison et lorsque je suis restée des années loin de ma famille je suis devenu encore plus solitaire à tel point que tout se résumè à ma personne

  • Acidulée

    J ai l impression de lire ma vie sauf que j ai arrêté les clopes… J ai mon univers avec ma peinture mes loisirs créatifs et mes bouquins et je ne pourrai pas m en passer. Je parle avec plein de gens mais je n’ai pas réellement d’affinité avec eux. Je suis bien dans mon monde même si parfois je trouverai ça chouette d avoir une amie avec qui partager une séance d atelier créatif.

  • Tiar

    Je dois dire que j’ai adoré ton article, car au delà de ce dilemme eternel qui nous maintiens entre deux chaises comme tu le souligne, la solitude nous pousse à aimer les autres, pourtant aimer les autres nous pousse à étre seul. C’est là que j’ai realisé que tout est une question d’équilibre finalement :)

  • Bonjour,

    Je viens de lire vos commentaires et je suis tout à fait d’accord avec vous que la solitude est un luxe, après mes déboires de toute sortes il m’est arrivé deux dépressions à deux reprises (la première en 96 et la deuxième en 2013 qui celle-ci nécessitait un arrêt de travail de plus d’un an et demi) depuis je me suis retirée de mon entourage amicale, qui je tiens certaines m’ont aidé à me sortir de cette dépression dont je tiens vivement à les remercier et de me positionner et prendre du recul, aussi j’ai pris beaucoup de distance et également pris conscience que j’ai été obligé de m”éloigner des personnes toxiques. Je me suis rendue compte que j’étais happé par ces personnes qui décidaient à ma place ma façon de gérer ma vie….. Je me suis rendue compte et j’ai pris plaisir à m’isoler et de retrouver ma propre identité avec sérénité. Ma solitude m’a donné envie d’avancer dans ma passion de créer chiner et embellir un objet, et de me sentir libre sans avoir à se justifier c que du bonheur….. La solitude est un moment privilégier à ne pas négliger un moyen aussi de retrouver une belle énergie…… Bon courage

  • HERRATI

    Bonjour,
    Je croyais être la seule à être “comme vous” je n’arrive pas à rester longtemps amie avec quelqu’un, j’ai pourtant grandi avec un frère et une sœur mais la différence d’âge (20 ans de moins que mon frère et 16 ans de moins que ma sœur) a fait que je suis restée la petite dernière seule car les grands étaient pratiquement partis de la maison ! J’aime me retrouver seule, et d’un autre côté, je n’ose pas faire certaines choses (comme du sport, aller au cinéma, me balader) seule !!!! Contradictoire au plus haut point ! Je n’arrive pas à m’intégrer comme certaines dans une bande de “copines” je suis toujours un peu à part…. Bien que je parle beaucoup avec tout le monde, mes voisins, mes collègues de travail… mais ça ne va pas plus loin ! Et récemment j’ai perdu mes parents en 15 mois, j’ai appris que j’avais un petit fils qui était autiste, au bureau, j’ai pété les plombs, les collègues étaient tous des “faux cusl” prêts à m’enfoncer car ils ne comprennent pas mon caractère entier et franc, j’ai donc fait un Burn out je suis en arrêt maladie depuis le 18/02/2016…. et j’ai du mal à me remonter car en plus j’ai mon mari qui ne me comprenait pas ! qui ne voyait pas ce qui m’arrivait ! et qui va me quitter…. La solitude me permet de me reposer, de me reconcentrer sur mon avenir… mais je ne sais plus où vraiment, j’en suis !!!! et la famille a éclaté !

  • solitaire

    Bonjour,

    Je viens de tombé sur cet article et j’avoue que ça fait du bien! je suis également pareil et ce depuis toute petite. J’ai tjrs été d’un tempérament solitaire et j’avoue après avoir découvert qui j’étais bas soulagement! Je n’aime pas bcp le contact avec les autres ou du moins, j’ai besoin de me retrouver vite seule et ce qui est le plus embêtant c’est le boulot!! collègues qui vous emmerdes donc pas facile. Avec le tps et la réflexion je me referme dans ma coquille de plus en plus car, je n’ai pas envie de m’entourer d’emmerdeurs et de gens qui casse les couilles faut le dire parce qu’ils manquent de réflexions ??? Il ne comprennent ni eux ni les autres…
    Plus je perçois le monde et plus je perds ma joie de vivre et les choses me paraissent sombres!
    Comment apprivoisez vous cette solitude?? ;)

    Au plaisir,

  • Elodie

    Bonjour !

    J’ai 22 ans et je suis également très solitaire. J’ai adoré lire ton article, on va dire que je suis quasiment comme toi ! Je suis une amoureuse des plantes, j’adore me documenter sur elles, et les voir pousser et tenter des expériences. Les nuits en solo a lire des bouquins ou à revasser de toutes les choses que je pourrais faire seule (créer des choses etc…) me donnent un sentiment de satisfaction. Je me sens déjà comme une vielle ame au fond de moi c’est assez destabilisant parfois. Je me suis longtemps demandée si ce besoin de retranchement était normal car j’ai un petit ami depuis plus d’un an et il a une vie sociale totalement plus riche que la mienne, que je tolère en toute sérénité tant que l’on respecte mon cocon. Cependant j’adore etre aussi avec ses amis, ou discuter avec des inconnus dans le bus (je ne suis pas du tout timide au contraire) et je me sens enrichie de partager des choses que j’ai apprise dans mes moments seules a travers nos discussions ! Cela m’a rendu plus heureuse d’accepter que la solitude faisait partie de ma vie et qu’elle me rendait plus forte, quelque part meilleure, et plus aimante avec les autres…un peu paradoxe non ? Mais merci de ton partage cela nous fait encore plus aimer notre façon d’être !

  • LILA

    Bonjour

    A presque 60 ans, toujours très solitaire. Oui cela est dur parfois.
    Les jours de mauvais temps, les périodes de coup dur…
    Mais dans ces cas là on se dit que demain sera mieux et ça aide à passer le cap.
    La vie m’a montré la jalousie, la curiosité malsaine des autres et le besoin de se servir de vous (non je ne suis pas pessimiste , mais bien trop réaliste
    Donc oui bonjour/bonsoir a TOUT le monde, quelques paroles sans intérêt et une bonne conversation de temps en temps avec des inconnus (comme Vous sur le Web)et la vie continue.
    Bonne continuation à vous.

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