Humeurs

L’art de la litote : Starbucks et Hillary Clinton

Tout est trop aux Etats-Unis. Un p’tit café, comme ça, fissa fissa, mais on en rêve encore! La faute à qui ? La faute à Starbucks bien sûr.

L’art de la litote : Starbucks et Hillary ClintonSe jeter un p’tit noir au comptoir, avec ses piliers et ses brèves, impossible au pays du non fat milk no whip caramel sauce double shot cappucino to go. Voilà pour la commande standard du café au drive in, brûlant comme toujours, plombé de calories inutiles, à boire absolument en voiture.

Se faire une p’tite bouffe sur le pouce. Inenvisageable, à moins d’être un adepte de la table en formica et du jambon et fromage en plastique de chez Subway. Non, ici le déjeuner, si autre que fast food, est accompagné de son paratexte obligatoire, la longue description du/des plat(s) du jour. A vos marques les fluent en anglais :
The special today is a fair trade organic local micro-finance crispy plain sour baguette with a spread of unsalted Oregon butter covered by a slice of sweet honey forest Washington ham and a bitter French pickle.

Oui, un jambon-beurre quoi! Mais ce délicieux jambon-b. n’est que le bouquet final d’un processus interminable. Avant il aura fallu se faire accueillir par l’hôtesse dont le rôle est encore à déterminer, qui elle-même est remplacée une fois assis(e) par celle/celui qui est en charge de remplir nos verres d’eau glacée, suivi(e) de celle/celui qui nous apporte les menus, puis de celle/celui qui prend la commande, et enfin à peine le met tant attendu dans l’assiette qu’une dernière diversion vient interrompre nos estomacs devenus bruyants : l’énorme poivrier, objet indiscutablement douteux, comme en apesanteur au-dessus de nos assiettes, prêt à dégainer ce qu’il faut d’épices sur notre modeste salade verte. Rendu ? Pas du tout : la première bouchée encore en bouche, un énième serveur, appartenant sans aucun doute à une sorte d’organisation en faveur du déjeuner fragmenté, nous demande si tout est pour le mieux et si tout va bien : va savoir…

Une expérience : le pouvoir du verbe ou comment notre pauvre sandwich devient soudainement une étape dans notre vie gastronomique.

Un mot donc: superfétatoire.

Le rapport avec la choucroute ? Hillary et le sandwich ? Superfétatoire, elle aussi. Que se passe-t-il dans la tête d’une candidate lorsqu’elle affirme être la femme qu’il nous faut (ce dont on était déjà persuadés)…parce qu’elle a atterri à Sarajevo sous les feux des snipers. Et pourquoi surenchérir quand l’ensemble n’est qu’un déplacement officiel sur tarmac accueillant avec jeunes filles en fleurs à l’atterrissage pour Madame C ?

Et bien c’est comme le sandwich : CQFD. Une fois la réalité dans notre assiette, on songe à l’art de la litote. Madame C. s’en est souvenu, trop tard. Pour expliquer cette description, disons superfétatoire, un seul verbe : « I mispoke »

Of course !

Photo : ©dontthink.feel via Flickr

5 Responses to “L’art de la litote : Starbucks et Hillary Clinton”

  • Preums!
    J’ai vraiment adoré ton article, il est très bien écrit. Pas de vrai commentaire extremement spirituel: tu as déja tout dit!
    PS: le capuccino Starbucks est délicieux mais c’est juste mon avis.

  • @ ps.whatever
    Merci beaucoup madame. Ca fait plaisir d’avoir un retour.
    Oui suis d’accord pour le cappucino et c’est bien le probleme!

  • Ca me fait penser à deux séries de publicités. Une pour le Times avec une banane qui disait que ce n’était pas qu’une banane, car avec tu pouvais fa

  • faire des blagues sexistes ou racistes, notemment dans les stades et plein d’autres choses.

    Une autre, papier, avec une orange pour je ne sais plus qui avec les mots “commerce équitable”, “OGM”, “pesticide”, “Nord/Sud”, etc..

    Donc en fait, j’aime bien la version américaine du jambon beurre : on sait ce qu’on achète :)

  • Ah, que de vérités dans cet article! Moi aussi, j’aime bien le cappucinio au Starbuck mais je rêve d’une belle tasse en porcelaine et d’un décor ancien à la parisienne, brasserie ou café! Malheureusement, Starbuck a aussi envahi Paris. Mais où va-t-on?

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