Coeur

A part ça la vie est belle

On ne récolte que ce qu’on mérite. Je confirme. Ben ouais. C’est un dicton populaire qui fait régulièrement ses preuves avec moi, alors que ce n’est même pas moi qui l’ai inventé celui-là… voire même que je ne l’aime pas du tout celui-là, et voire même encore plus, que je le déteste franchement. Qu’on se le dise et qu’on s’en rappelle. Bordel.

Oui. Qu’on s’en rappelle au moment du choix des cadeaux que l’on souhaite me faire… nan, mais parce que je ne suis pas du genre râleuse et j’apprécie vraiment l’intention qui compte, le geste qui est important, et tout et tout, mais quand même…

Quand il m’a dit je viens dîner ce soir, moi j’ai fait des bonds. J’ai pensé y’a le printemps qui chante, c’est le lundi au soleil, et ce malgré la neige qui recouvre tout mon jardin. J’étais heureuse de le revoir ce sale bonhomme, que je n’avais pas croisé depuis au moins… dix-sept ans

Oui… 1991. Cette année là, je le rencontrais pour la première fois. A l’époque, j’entamais mon premier tour du monde avec Eloïse et Belinda, mes deux meilleures copines. Nous étions jeunes… nous étions Belles, belles, belles comme le jour… nous étions un peu folles, nous avions la vie devant nous.

Nous venions d’arriver en Egypte dans une ville qui s’appelait Alexandrie… Alexandra… je ne sais plus… par contre je me souviens parfaitement du nom du petit bar, le mal aimé, dans lequel il se produisait.

Le bar était bondé mais on ne voyait que lui. Il faut dire que sa blondeur détonnait parmi toutes ces têtes brunes. Il était assis sur un tabouret et fredonnait des tubes américains. Près de lui se trouvaient une fille et des fleursdes magnolias. Personne ne l’écoutait chanter et son regard un peu triste a accroché le mien. Je me suis approchée. Il s’appelait Claude F. Il m’a dit qu’il allait chanter la dernière chanson de la soirée… il m’a proposé de la choisir…

La musique américaine, c’est vrai j’aime bien… mais quand soudain il ne reste qu’une chanson, j’aimerais autant que ce soit une chanson populaire, genre une chanson française… alors je lui ai dit joue quelque chose de simple. Il m’a joué le vagabond, une de mes chansons préférées… un vagabond, sans importance mais qu’il vaut mieux ne jamais aimer, sha, la, la

Comme d’habitude, je n’ai pas pu résister. C’est la même chanson qui avait été la cause de mon aventure avec Serge G. J’ai accepté de l’accompagner chez lui. Je sais, je devrais cesser d’écouter cette chanson… il faut dire à ma décharge que je pensais que ce ne serait qu’une aventure sans lendemain.

Mais quand le matin
je me suis réveillée à ses côtés avec la tête, avec le coeur pleins de lui et qu’il m’a dit maintenant c’est toi et moi contre le monde entier, j’ai su que j’avais fait une bêtise. Notre aventure a duré une semaine. Mais mes amies comptaient sur moi pour terminer notre tour du monde. Alors je lui ai annoncé la nouvelle en pleurant : je vais à Rio.

Il a été très bien. Oublié le chanteur malheureux du premier soir. J’avais en face de moi un homme fort. Il m’a dit pourquoi pleureril fait beau, il fait bon. J’attendrai que tu reviennes. Il aurait pu me demander de renoncer à mon voyage… me dire stop au nom de l’amour

Il n’en a rien fait. Je suis partie un matin l’abandonnant pendant son sommeil, pensant simplement dors petit homme… je n’aime pas les adieux. Voilà. C’est comme ça que l’on s’est aimé .

J’ai beau savoir que c’est celui qui reste qui souffre le plus, la solitude c’est après que ça m’est tombé dessus. Alors je l’ai appelé pour lui dire que je regrettais d’être partie. Il n’avait pas supporté que je le quitte sans l’embrasser. Je lui ai dit laisse une chance à notre amour… Il m’a répondu même si tu revenais, je ne voudrais plus de toi, et même si le téléphone pleure, je ne répondrai plus à tes appels.

L’enfoiré.

Quelquefois, j’y pense et puis j’oublie… n’empêche que là, tout de suite, si j’avais un marteau, je casserais en mille morceaux le jouet extraordinaire, un petit canard vibrant, qu’il m’avait offert à l’époque…

On ne récolte que ce qu’on mérite.

Moi, Depuis que j’ai douze ans, on m’offre des disques de Claude François. A chaque occasion. Et je n’arrive pas à comprendre pourquoi.

Y’en a marre. MARRE.

Si vous pouviez passer à autre chose… genre…

Merci.

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