Histoires

Elle survit à une catastrophe ferroviaire

Il est des matins où tout s’enchaîne… des matins où le temps vous oblige à prendre un parapluie au cas où, un bon bouquin pour les transports, au cas où, un pull en plus, au cas où.

Il est des matins où vous partez en courant de votre cahute pour rejoindre le 7h54, qui quelquefois part à 7h52. Vous avez un peu mal aux pieds, l’espèce de gilet avec des poils au col n’est pas tout à fait assez chaud pour la saison, mais c’est pas grave, le coeur léger malgré quelques soucis domestiques, vous vous dites “que me réserve cette belle journée ?”

Alors que vous longez la voie, le 7h48 s’ébranle. Vous êtes tellement de bonne humeur que fredonne dans votre coeur le “paris-bordeaux qui’s'promèèène au bord de l’eau, tchou tchouuuuuuuu “.

Comme tous les matins, il n’y a aucune place assise. Qu’importe ! vous êtes (encore) jeune, ou disons pas trop décatie. MP3 aidant, vous patientez jusqu’au prochain arrêt pour vous vautrer, les bras en avant, plus ou moins élégamment entre un homme et une femme, dans l’espace prévu à cet effet, à savoir : un siège sncf de banlieue. Ainsi calée, vous poursuivez votre voyage.

C’est alors que subitement vous êtes prise d’une quinte de toux. Une toux sèche. Dans votre tête, vous savez que vous n’avez pas pris de bouteille d’eau pour faire passer le truc, vous tentez un mouchage, vous continuez à tousser. La moitié du wagon vous regarde d’un oeil torve. Vous êtes toute rougeaude, vous savez que la pression et le stress ne feront qu’empirer la situation. Vous tentez un total self control avec la respiration du ptit chien : que dalle !

Vous vous souvenez -toute cramoisie que vous êtes- que vous avez attrapé à l’arrache dans la pharmacie domestique une vieille solustritruc périmée, au cas où. Vous ouvrez votre sac à main où règne un bordel qui pourrait être risible si vous n’étiez pas dans une telle situation d’urgence. Après moult brassages, vous reconnaissez, au toucher, la dite solustritruc, que vous attrapez victorieusement, là c’est le drame, un protège slip “au cas où” (heureusement plié dans sa ptite pochette bleue), mal garé, s’échappe malencontreusement de votre sac, (il n’a pas été rangé dans la pochette maquillage/échantillon de parfum/doliprane/spasfon au cas où !! c’est mal !!) vous le camouflez le plus rapidement possible mais c’est trop tard, 3 personnes l’ont vu dont le mec assis à côté, il vous regarde d’ailleurs d’un air mi-exaspéré, mi-énervé, mi-amusé (oui je sais ça fait beaucoup de mi-) vous espérez de tout votre coeur que l’incident ne laissera de souvenirs à personne.

A ce moment, la dame à droite juge utile et opportun de m’informer que ce genre de pastille est complètement inutile et que “le mieux dans ces cas là, c’est les suppositoires”, ah bon, merci madame. Malheureusement je n’ai pas pris de suppositoire “au cas où”, je m’en tiendrai donc à la pastille.

Puis, enfin, vous vous accordez le soulagement de sucer douceureusement la solustritruc, calmement, en demandant à votre gorge de bien vouloir faire un effort.

Malheureusement, alors que tout semblait gagné, une petite quinte finale envoie la solustritruc sur le genou du monsieur d’en face, oui oui, c’est le coup de grâce, l’humiliation suprême. 6 personnes ont les yeux rivés sur le genou du monsieur, qui, il faut le dire, est assez stoïque. Avec un petit sourire en coin, il envoie valdinguer la pastille d’une chiquenaude… bah oui j’allais pas la ravaler quand même. Tant d’efforts, réduits à néant.

Le terminus arrive enfin, 20 minutes, c’est long, très très long quelquefois…

5 Responses to “Elle survit à une catastrophe ferroviaire”

  • rhoooooooooo les moments de solitude successifs !
    bravo !
    quelle prestance tout de même
    héhé

    note : tes compagnons de voyage auront de quoi causer autour du kawa matinal…
    hihi

    PS : c’est bien connu, c’est bon la honte !

  • J’adore, j’ai vécu le même genre de situation tellement souvent !

    L’impression d’étouffer devant tout le monde, les gens s’écartant autour de moi de peur que je leur tombe dans les bras…

    Bon, j’ai pas eu l’épisode pastille volante, parce que je suis moins bien organisée et que j’ai pas de pastilles au fond de mon sac.

    J’ai pas encore trouvé la parade, à part boire de l’eau, (mais je me ballade rarement avec une bouteille d’eau dans mon sac au réveil… pas réveillée !) donc si quelqu’un a un truc efficace (pas le suppo please), je suis aussi preneuse !!

  • Grand moment de solitude… Je me réserve une petite minute de silence pour exprimer ma compassion :

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    Amen

  • Il y a des jours où on aurait mieux fait de ne pas se lever…

    Et après les copines se plaignent qu’on est de mauvaise le matin! Qui ne prend pas les transports publics tous les jours ne peut comprendre… ^^

  • Bah tu vois je les prenaient pendant 5 ans pour aller au bahut et a la FAC, et très franchement je comprend pas vraiment, j’adorais ça, je fessais des rencontres, y a toujours une fameuse petite dame pour te donner un conseil inutilisable comme celui du supo, puis au pire ça te permettait de somnolé :).

    Ceci dit je prenais le train corail… du coup c’était ptètre mieux :).

    En tout cas heureux que ce soit pas arriver avec moi en face, je suis du genre a dire pleins de conneries pour te mettre a l’aise, et du coup sa aurait ptètre empiré la chose…

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