Humeurs

En phase avec le triphasé

Suite à l’article à propos de “L’homme Ikéa” et à mon comm, je me suis dit que j’ai beaucoup de chance. J’ai un mec qu’on pourrait presque surnommer Géo Trouvetout. D’abord il est super doué en bricolage de toutes sortes, mais en plus, très pédagogue, il n’hésite pas à partager son savoir. C’est ainsi qu’un matin, alors que je lui demandais si il avait trouvé une solution à un branchement quelque part dans l’appart, il n’hésita pas à m’expliquer dans le détail… le triphasé !

J’en restais coite, muette d’étonnement.

A l’heure où je ne suis encore qu’un ramassis d’indécision, à l’heure où rosit la banlieue, à l’heure où je touille mon sucre dans mon café, les cheveux en vrac et le cerveau brumeux, mon chéri me racontait la mystérieuse histoire du triphasé. Je n’osais bailler, de peur de le vexer, et je dois dire que je garde un souvenir ému de ce colossal effort sur moi-même, où l’envie d’éclater de rire le partageait à l’envie de l’envoyer balader. Et au cours duquel mon degré de vigilance et d’attention a atteint un niveau inégalé à ce jour.

Les bonnes choses ayant une fin, l’explication se termina, suivie d’un silence religieux, juste rompu par les craquements de ma biscotte. Je gardais longtemps de cet épisode, une idée très précise de ce qu’était le triphasé, car, contre attente, j’avais tout compris ! Ce qui est bien le plus étonnant dans l’histoire.

C’est ainsi que quand ma copine Caroline, fraîchement divorcée donc toute seule à se démerder avec l’électroménager en panne, me demanda un soir dans le métro, à quoi ça servait le triphasé, parce que l’électricien venait de lui en parler, je partis dans une explication à rallonge pour lui expliquer comment ça se passe, mais vraiment à rallonge, le comment du pourquoi du 3ème fil qui envoie les fuites d’électricité dans la terre (ou un truc du genre, de mémoire hein, j’ai jamais plus révisé cette leçon), jusqu’au moment où j’interceptais furtivement le regard du mec assis en face de nous, qui me regardait avec des yeux étonnés, il faut dire que j’avais un souvenir encore vachement frais à l’époque, comparé à aujourd’hui. J’imagine qu’il avait rarement vu une nana aussi affutée sur le sujet. Peut-être même que je lui ai appris des trucs…

Bref, tout ça pour dire que le cerveau n’a pas l’air très réveillé au ptit dèj, mais que finalement il fonctionne déjà très bien, l’air de rien. Les derniers cours en date, avec application pratique, c’était scie, visseuse, perceuse.

3 Responses to “En phase avec le triphasé”

  • j’ai appris à bricoler en regardant mon père… bon, pour moi trifouiller des prises, des dominos, mettre un interrupteur, c’est comme faire une omelette, un lapin aux champignons… j’ai regardé mes parents le faire. Mon premier mari (bon, pourquoi dis-je premier ? il n’y en a pas eu de deuxième… c’est juste par optimisme…) ne savait ni se cuire un oeuf sur le plat, ni planter un clou dans un mur (vrai!), c’était (et c’est toujours!) un bourgeois intello… alors le bricolage… bon, au moins il a appris ça avec moi, planter des clous, bricoler un peu, et préparer quelques bons petits plats. Faire un enfant il n’a pas eu besoin que je lui apprenne… et c’est lui qui dans peu de temps va être papa!

  • Étant donné que le matin, mon bol finit de façon récurrente au frigo, les bouteilles de lait au lave-vaisselle et les cuillères à la poubelle, je me contenterai de dire que ça dépend des personnes, des matins, et du sujet >.

  • Ahaaaaa, je me reconnais un peu Maeve dans ta description :)
    Tu nous as manqué Véro … Si, si !

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