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Le jour où j’ai presque mouru

Il faisait beau, on a décidé de faire un grand ménage de printemps (d’été) en fait, en commençant par virer la voiture qui encombrait le garage depuis 2 ans.

Ma soeurette et moi même prenons donc place dans l’engin, elle au volant, moi à la place du mort. La manoeuvre était simple, il suffisait de sortir la voiture du garage pour la garer là, juste devant la maison.

Elle démarre au quart de tour (super bagnole quand même !), et hop, en routeeeee….

On sort du garage, on décide de faire le tour du quartier pour profiter une dernière fois de cette magnifique 504 peugeot bleu turquoise (à injection même ! je sais pas ce que ça veut dire, mais c’est mieux). Le moteur ronronne régulièrement. Les carreaux sont ouverts, la brise nous effleure et tiédit un peu les rayons brûlants du soleil.

On aperçoit au loin le feu tricolore du bout de la rue, le petit carrefour ressemble à une illustration de “oui oui”, les jolis platanes nous saluent de leurs feuillettes dentelées, les enfants sont en T shirt blancs, leurs mères en robettes liberty, au loin, on devine les vitrines de la boulangerie et de la charcuterie, le trafic est dense mais ça roule, bref, ça sent le bonheur.

Le feu est rouge, Soeurette prépare son approche et freine…

Là, on entend 2 sons : pfffuit puis toc, pfffuit toc, pfffuit toc (c’est normal ça ?)

Je lui jette un regard interrogateur, que se passe-t-il ? pourquoi on entend pfffuit toc ?

Soeurette a les yeux exorbités, on se croirait dans un film d’Hitchcok, elle ne freine pas : elle pompe !

quand elle abaisse la pédale, ça fait pfffuitt, et quand son pied écrase violemment le plancher, ça fait toc… mais tout ça, ça fait pas freiner la grosse voiture, qui s’emballe, qui n’a plus de frein, et qui est sur une route en légère descente. c’est l’enfer, on se regarde d’un air horrifié ! on va mourrir ! là, tout de suite quand on va traverser le carrefour de “oui oui” à toute allure en grillant le feu rouge avec toutes ces voitures qui passent dans l’autre sens. Bon, je trouve que je suis un peu jeune pour mourir, mais c’est le destin, ça va arriver et je serai dans les faits divers, je pense à mes parents à la maison qui attendent le retour et qui vont finir par s’inquiéter surtout avec le bruit fracassant qu’ils vont entendre dans quelques secondes, leur faire de la peine me désole d’avance, mais c’est la vie. Je me dis que si j’avais su que j’allais mourir si jeune j’aurais mis le turbo… trop tard.

Je ne comprends pas, je vais quand même pas “mourir”, pas “moi”, c’est pas “possible” !!!

on – va – mourir !

On va mouriiiiiiiiiiiiiiiiiiiir !!!

On fait tout un tas de trucs en même temps en 3 secondes chrono. On se met à hurler, elle klaxonne pendant qu’on hurle en passant la tête par la fenêtre “poussez-vous…. on n’a pas de frein, arrêtez-vooooooooooooooooous” avec des grands gestes désespérés des bras, évidemment personne ne comprend rien à ce qu’on raconte, les passants regardent ces deux pauvres filles dans leur voiture bleu turquoise. La situation pourrait même être comique si on était pas si paniquées :))

C’est la panique totale ! il ne faut surtout pas prendre la route en face qui est une descente vertigineuse sinon on va s’emplatrer au premier virage, alors le truc c’est que tout en hurlant, klaxonnant, soeurette effectue un genre de dérapage plus ou moins pas contrôlé pour exploser un enjoliveur dans un trottoir, elle braque comme une cinglée, on dirait Jean-Paul Belmondo dans “peur sur la ville”, elle fait un truc que je savais même pas qu’elle était capable de le faire et “se gare” en diagonale à environ 70 cm de la vitrine de la jolie boulangerie. Elle garde sa ptite main crispée sur le frein à main :) On reste de marbre, immobiles, pendant plusieurs secondes, silence, on se regarde et on pense…”oh, tiens, on n’est pas mortes !”

On s’extirpe doucement de la voiture qui comme nous est indemme, merci Soeurette, on tente de retrouver le fil… on vient de vivre un truc de fou. Le bout du bout. Et on est revenues !! c’est trop super !

on regarde la voiture (qu’on a tant aimée) : on est très mal garées ! on est un peu secouées mais on se marre, et on rentre, à pieds, jusqu’à la maison.

Et comment on peut rentrer à la maison ? “parce qu’on n’est pas mortes !! youpiii !!!” C’est l’euphorie totale.

A la maison, on est accueillies par nos parents :

“ben alors, qu’est ce que vous foutez, ça fait un quart d’heure qu’on vous attend, on s’inquiétait nous !!” puis “elle est où la voiture ??”

on leur raconte ou pas ?

5 Responses to “Le jour où j’ai presque mouru”

  • Très agréable, le soleil, le big nettoyage, l’échappée belle … de quoi rester positive … ou aller brûler un cierge (si,si y en a qui remercient le petit Jésus) …puis y repenser et se dire que : c’est pas si mal la vie, on trouve toujours un truc ou deux à faire :)

  • Bon okay c’est pas censé être drole mais moi jtrouve ça a hurler de rire en fait!! Le truc digne d’un film! Manque plus qu’une petite musique guillerette genre musique de manège avec accordéon et tout, ça deviendrait une scène cultissime!

  • Au fait, r’garde ton autre com, ceux on avait débordé avec Opa!!

  • ta tata Henriette, ton grand-père, et, là, le souvenir de ce moment à frôler la mort… mais surtout le souvenir de votre retour à la vie, à ta soeur et toi, avec un appétit décuplé!!! Que de belles pommes nous pouvons croquer sur le bord des routes quand pour nous elles redeviennent chemins. Bon appétit! chère véro.

  • Pas mal du tout, je trouve que t’as super bien raconté, c’est frais c’est rigolo (enfin c’est rigolo c’est ce qu’on peut dire une fois qu’on connait la fin…), j’aime beaucoup :) Tu as du effectivement avoir une peur bleue !
    Sinon je venais aussi pour autre chose, j’ai vu que tu n’avais pas de blog, est-ce que ça t’intéresserait d’en faire un ? Je peux t’expliquer quelques trucs sur Overblog, si ça t’intéresse je peux faire quelque chose pour toi… :)

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