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Que ton repos soit aussi doux que ton coeur fut bon

C’est ce qu’il y avait écrit sur la gerbe de fleurs. Cet article n’est pas éducatif, il n’est pas amusant, en fait il a pour seul but de rendre hommage à une personne que aucune de vous n’a connu : mon oncle de 38 ans, décédé lundi. Pour que dans vingt ans mes enfants lisent cet article et se rendent compte qu’ils ont failli connaitre une personne merveilleuse.

Quand j’étais petite, j’étais pourrie gatée, de tous les cotés. Tout le monde m’adulait, sauf lui. Non, lui, il ne voulait pas rater son émission préférée pour que je puisse voir mon dessin animé. Et quelque part, c’est surement pour ca que je lui ai longtemps porté une grande admiration. Que les parents qui croient que s’ils tiennent tête à leurs enfants ceux-ci les aimeront moins repassent.

Il était ferme avec moi, mais aussi tendre quand il le fallait, il me frottait le dessus de la tête avec son poingt et me soulevait par le cou, ce qui avait le don d’énerver ma grand-mère.

Il collectionnait les BD et les timbres, des collections aujourd’hui d’une valeur quasi inestimable. Il adorait le chocolat Cote d’or. Il fumait aussi, mais pas excessivement. Pourtant ces dents étaient toutes jaunes.

C’était un tonton super cool, qui fesait la feria avec moi et payait des tournées à mes amis. Qui me dépannait d’une clope avec un petit sourire complice en me prévenant que ma grand-mère a du nez, alors qu’il faut que je fasse attention.

Un tonton imposant, de plus d’un mètre quatre vingt, musclé, qui aimait un bon verre de vin et un bon steak.

Un tonton qui en a fait voir à ma grand-mère. Quesqu’il a pu me faire rire lorsqu’il m’a avoué avoir eu une liaison avec la meilleure amie de ma grand-mère. Ou quand il m’a raconté s’être présenté aux épreuves du bac bourré. Ou avoir organisé une fête chez lui, à dix sept ans, et que ma grand mère rentrée inoportunément a retrouvé deux jeunes gens dans son lit.

Un tonton un peu spécial aussi, qui n’a jamais quitté le domicile de ma grand-mère, qui parlait (trop) fort, qui avait des opinions arrêtées et fermes. Et qui à mon grand désespoir me battait toujours au Monopoly. Qui m’ a appris à jouer au billard, qui faisait la fête avec moi mais savais toujours quand il fallait me dire de me calmer. Que tout le monde adorait pour son caractère entier. Qui est resté célibataire sans enfants et quelque part tant mieux, nous sommes déjà assez comme cela à le pleurer.

Qu’elles vont me manquer les soirées passées avec lui, devant la télévision jusqu’à pas d’heure, avec une tablette de chocolat et des biscuits, à essayer de deviner qui est le meurtrier, avant d’aller fumer notre clope du soir dehors avec le chien avant de se dire “à demain”.

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