Coeur

J’embrasse pas…

Que celle qui n’a jamais fantasmé ou juste songé quelques minutes à ce qui va suivre, me lapide en place publique ou me jette la première pierre !

Donald Duck

Je ne fais pas partie de cette génération de filles qui laissent traîner sur la table du salon leur vibromasseur ou qui dans un grand rire au restaurant renseignent les tables avoisinantes sur la teneur orgasmique de leur canard. Et pour cause, je n’en ai pas.Pourtant il m’est arrivé (souvent, parfois, enfin comme tout le monde) d’avoir une grande bouffée de chaleur, une poussée d’œstrogènes, bref de ne plus en pouvoir et de n’avoir aucun garçon sous la main. L’égalité homme/femme voudrait que j’aille alors m’offrir les services d’un homme à tout faire et qu’il m’emmène au 7ème ciel contre trois, quatre pièces jaunes.

Couleur menthe à l’eau

Tout cela n’est absolument pas nouveau, Merteuil utilisait déjà Danceny, et il fut même un temps où la rumeur disait qu’il suffisait aux dames d’un certain âge de commander une menthe à l’eau (ou bien était-ce un lait-fraise ?) au Café de La Paix pour voir débarquer à leur table un jeune homme pas regardant et qui sache empourprer leur joues ridées. Bruckner en a d’ailleurs fait un roman « L’Amour du prochain ». Job de gigolo assez rigolo, dixit un de mes amis sorte de « gosse beau » à qui il arrivait d’arrondir ses fins de mois avec des « vieilles de 50 ans (glurps), qui payaient bien et plutôt classes ! ».Balasko sur le même sujet a d’ailleurs obtenu un succès d’estime avec son roman « Cliente « qu’elle a enfin adapté au cinéma. Pour la petite histoire, à la sortie du livre, elle racontait s’être vue refuser par les grandes chaînes de télévision cette histoire d’escort boy. La ménagère de moins de 50 ans n’étant peut être pas prête à assumer son fantasme pour des « belles de jour » au masculin .

I am just à gigolo !

Des maisons closes pour dame avec pignon sur rue existent bel et bien en Suisse, et j’avoue qu’en lisant un article sur le sujet, je m’étais interrogée sur le fait d’avoir recours à ce genre de service. Je trouvais cette inversion des rôles intéressante et l’exploitation de mon côté maîtresse femme, sur l’air de « fais ci et ça » ne m’aurait pas déplu sur une très courte période. Pourtant chaque fois je revenais à la raison en me demandant pourquoi vouloir payer un service que je pouvais avoir gratuitement en sortant de chez moi : une aventure sans lendemain… Et Internet est arrivé avec son grand supermarché de l’amour ou comment « choper » sans prendre froid ?

Le supermarché de l’amour

Un garçon a écrit Je nique sur Meetic mais je connais pas mal de filles qui auraient pu commettre le même livre. Le sexe Kleenex a fait son apparition sous couvert de recherche du grand amour ou d’histoires d’amitié. Jusqu’à présent la home des sites de rencontre avait conservé un aspect plutôt traditionnel : dernières inscrites, photos de jeunes femmes blondes, brunes et cheveux au vent, et jeunes garçons en chemisettes roses pâles et Vuarnet sur le nez dans le pire des cas. Bref aucune bretelle de soutien-gorge qui dépasse et pas de tablettes de chocolats en vitrine.Mais voilà qu’aujourd’hui des petits malins commencent à briser les tabous et à exploiter le filon jusqu’au bout de sa logique en créant le site “adopteunmec.com“.

Sex toys… Bien humain

Les filles veulent du sexe à emporter vite fait, bien fait, et ne sont finalement pas prêtes à payer (et pourquoi donc le feraient-elles puisque, comme nous l’avons vu, elles peuvent obtenir ce service gratuitement, d’un simple claquement de doigts). Pourtant, pour leur faire consommer des hommes comme des nounours en chocolat, on utilise les mêmes codes de consommation : Caddies, panier, bonus pack, rayon, ici tout semble en solde et en promotion, mais on a la vague impression d’être plus chez ED que chez Fauchon.Abdos en vitrine, fesses rebondies, on vient sûrement ici pour consommer du fast-sex, on ne va pas non plus demander que Kierkegaard soit cité dans le profil des jeunes hommes, et encore moins penser tomber amoureuse.Voilà ce qui se passe quand les femmes clament haut et fort qu’un homme n’est rien de plus qu’un joli accessoire à porter au bout du bras pour remplacer un sac à main un peu démodé : les hommes n’ont alors plus qu’à s’afficher comme des sex-toys en portant le slogan « homme objet à câliner » en bandoulière.

En voyant tout cela, je ne suis finalement pas envieuse du sort des hommes, je ne veux pas leur place et leurs travers. Rendez-moi des mecs, des vrais, de ceux qui vous choisissent et pas de ceux qui vous obéissent. Finalement je préfère les histoires d’amour et je n’ai pas envie de voir s’écrouler les derniers bastions de la masculinité.

Faites que se payer un aller-retour au Paradis pour quelques sous ne soit jamais rien d’autre qu’un fantasme pour les amazones que nous sommes !

30 Responses to “J’embrasse pas…”

  • Fameux billet Anne !!!

    Fanstasmes, prostitution, domination … autant de choses dont finalement nous rêvons tous un peu, sans se l’avouer, souvent bloqués par une morale bien ancrée dans nos têtes et nos coeurs.
    Ce n’est pas forcément un mal … ni un bien. N’existerait-il pas un juste milieu qui nous permettrait ET d’assouvir ces envies ET de rester fidèles à nous mêmes et à des valeurs somme toute universelles : ce que tu nommes l’amour.

    Pour ce qui concerne la masculinité, je te remercie pour ce témoignage d’envie … car je la trouve bien mal en point depuis de nombreuses années la masculinité (et ce n’est pas la mode actuelle qui me contredira) : métrosexualité, consommation, produits de “filles” ciblés “mecs” …
    Mais bon … on peut se dire la même chose de la féminité … : femme objet, cible privilégiée du marketing, etc.
    C’est pour moi logique que les hommes soient eux aussi touchés par ces tendances que tu décris !

    Après … deux solutions : soit on l’accepte et tout le monde est à “égalité” … soit on revient au bon vieux schéma traditionnel des années 60 avec de la femme “femme au foyer” et du bon mec macho. Le juste milieu me paraît finalement bien difficile à trouver.

  • Il n’y a rien dans l’article censé parler de la maison close pour dames en Suisse.
    Si mes souvenirs sont bons, l’expérience n’a pas duré longtemps, car ce n’était pas du tout rentable.

  • @precaire : Ca y est le lien est réparé. L’article date de 2001, donc effectivement ça a du fermé depuis. Je pense qu’il y a eu d’autres tentatives, en Allemagne il me semble mais je n’en ai pas trouvé la trace sur le net.
    @ Vinz : Merci pour ton com. Ca ne me gène pas que les filles se masculinisent (quoique) , ce qui m’ennuie c’est que pour continuer à exister certains mecs pensent devoir se féminiser. De là à retourner aux fourneaux , non mais ça va pas ;-)

  • Moi je le trouve très très drôle ce site adopteunmec.com d’autant que le nom du site est bien trouvé. Bon après reste à y trouver des mecs potables… pas facile!

  • le sexe kleenex ne date pas d’aujourd’hui… que les femmes y aient un accès plus “démocratique”, au sens que, dans nos sociétés développées, ce ne sont plus seulement certaines nanties qui y ont “droit” sans être banies ou lapidées, me semble être un progrès tout relatif… celui qui peut nous amener à nous interroger sur notre engagement vis-à-vis d’un autre. Or, notre propension à consommer et jeter des produits, tout comme les personnes-objets sexuels de nos désirs (que du coup nous sommes prêt(e)s à payer), ne me semble pas aussi grave que celui qui, dans un même mouvement, nous pousse à considérer tout être humain (dans le monde du travail, amical, mais aussi amoureux ou dans notre conception du couple, voire de la famille) comme une marchandise dont nous devons obtenir le maximum de satisfaction, ou la remplacer. C’est le thème développé par Zygmunt Bauman, philosophe et sociologue anglais d’origine polonaise, dans “L’amour liquide” : “Le monde liquide de la modernité triomphante est celui de la liberté, de la flexibilité, mais aussi de l’insécurité. Bauman s’interroge sur ces relations humaines où l’on jauge, évalue, choisit, jette, où l’on passe des contrats et des deals temporaires : tu me plais-tu ne me plais plus; je te prends-je te quitte. Je refais ma vie (…) l’homme contemporain n’est plus “sans qualités”, il est devenu “sans liens”. (…) Cette “dé-liaison” peut être vue comme une libération (…) mais c’est aussi le danger de la solitude et de la déréliction; c’est la peur constante d’être “jeté” – par exemple en recevant un email ou un SMS.” (in. quatrième de couverture)

  • Et toc, ça c’est bien dit! Bravo, MADAME, une vraie!

  • lavieenrouge

    le sexe kleenex c’est ce que l’on trouve sur les sites de rencontres…Franchement si j’avais un peu trop d’argent je pense qu’il me serait plus agréable de louer un mec que de rêver au Prince Charmant sur Meetic qui est en liaison avec des tas de filles alors que moi aussi je serais en liaison avec de tas de types…
    Franchement l’escort boy est l’un de mes fantasmes.

  • @lavieenrouge : la question est de savoir si tu es prête, toi aussi, à être considérée comme un produit et… jetée quand tu ne feras plus l’affaire, sans explication, car c’est devenu la règle. Et cela, même quand pour toi ça semblera être le “grand amour”… ben oui, pour lui c’était pas ça, c’était juste un essai… Jeter l’autre, ok… ça tout le monde sait faire, ou trouve ça “normal”, mais “être jeté” t’en penses quoi ?

  • L’egalite homme femme ne suppose pas que l’on se comporte de la meme facon abjecte qu’eux!!
    Bien sur il y a le phantasme, qui ne prete pas à consequence comme tu le decris dans ton article, mais derriere la prostitution il y a la misere, la pauvreté, les reseaux et le proxenetisme!
    ca vaut quand même la peine de le rappeler, y compris sur un site comme celui la!

  • luciamel > il est évident qu’être jeté ne fait plaisir à personne, si on est prêtes à consommer du fast-sex, on doit aussi être prêtes à en assumer les conséquences, et à être soi-même consommée.

    et je ne crois pas qu’être “jetée sans explication” est devenue “la règle”; la règle des cons peut-être, mais pas la règle générale.

  • y a t il encore des filles romantiques sans être cul-cul, qui espère vivre une histoire d’amour solide, profonde…qui mérite d’être vécue….?
    Le sex kleenex franchement qu’est ce que ça vous apporte ???dites moi tous les filles ???
    Si c’est pour se taper une première fois pourrie avec une mec différents à chaque fois !!!!! beurk !!!! le sex devient meilleur à force de pratiquer le même homme…l’extase grandit, les jeux évoluent…on avance à deux et au bout de 3 ans et demi (je sais c’est rien !) j’ai toujoutrs autant envie de lui…voir de plus en plus !
    Et nos délires sont de plus en plus tripants !!!
    Les premières fois sont toujours décevantes…enfin je trouve !
    Vive l’amour, le vrai…je vous souhaite à toute de le connaître !
    et la prochaine fois que vous fantasmez sur un god ou un vibro-canard, mettez le dans les mains de votre homme…il se fera un plaisir de vous faire plaisir ! ;-)

  • ibulle > ça permet d’assouvir une envie, une pulsion. oui je voudrais bien une histoire d’amour solide etc., oui je suis romantique (trop même), pourtant j’en ai eu des coups d’un soir, et j’en aurai encore, tant que j’en aurai envie. mes ‘premières fois’ n’ont jamais été pourries (sauf une) et quand j’ai envie d’un homme avec qui je sais qu’il n’y aura rien de plus que du sexe sauvage, je ne vois pas pourquoi je m’en priverai. et tout cela n’est absolument pas incompatible avec mon envie d’une histoire sérieuse.

  • bon voilà un post auquel je ne puis m’empêcher de réagir bien sûr…
    … Au risque comme toujours de me faire lapider moi aussi.
    Qu’importe!
    J’ai une furieuse envie de vous faire partager mon point de vue de “mâle”.
    J’observe autour de moi.
    Et je vois quoi?
    Un nombre sans cesse croissant de femmes et de jeunes femmes revandiquant leur indépendance sexuelle avec les sextoys pour étendard. Rappelons au passage que l’objet est loin de m’être étranger puisque je travaille dans l’industrie du sextoy.
    Les discours de ces femmes s’accompagnent d’une vision très “autonomiste” de leur sexualité (ce qui en soit est plutôt pas mal), mais qui induit quasi systématiquement la considération des hommes comme des objets de plaisir, des sextoys à pattes.
    De “l’autre côté”, je vois quoi?
    Des mecs qui se conforment de plus en plus sagement à cette idée. Ils se font beau, passent bien du temps dans la salle de bain, s’habillent en Dolce Gabana, se tartinent de crème auto-bronzante, passent leur temps dans les salles de muscu, voire chez les esthéticiennes…
    Gnuurrrpppfff…
    Je me dis que je dois être d’un autre âge.
    Car ayant atteint l’âge de la maturité, j’avoue que le discours de ce nouveau deuxième sexe me laisse assez indifférent.
    J’écoute, j’observe.
    Et là où quiconque pourrait se dire “top, elle sont branchées sexe, n’ont peur de rien, veulent du c… pour le c…”, je me dis que tout cela me laisse sur ma faim.
    Et du coup, je hausse mon niveau d’exigence.
    En d’autre terme si côté sexe, les femmes s’équivallent à peu près toutes (techniquement s’entend), quelles sont celles qui vont faire la différence?
    La différence, je la fait pour ma part en termes émotionnels.
    Et j’ai tendance non pas à dire “montre moi ce que tu as dans la culotte”, mais plutôt “puisque globalement tu as la même chose dans la culotte que tes copines, montre moi ce que tu as dans le ventre, ou dans l’âme…tu me fais prendre mon pied, ok c’est pas un exploit. Mais fait moi vibrer maintenant”.
    Et là…
    Rien.
    Le désert.
    Le paysage social devient lunaire. A quelques exceptions prêt.
    Et en ce qui concerne l’émotion, si les femmes ont leur vibros et les hommes leurs vaginettes, en ce qui concerne l’émotion donc, pas de toy.
    Je trouve cela triste et terriblement “lourd” et “pesant”.
    Je trouve que notre société est terriblement désespérée.
    D’autant que les discours que j’entends quand je creuse un peu sont parfaitement contradictoire : “les mecs sont des sextoys…” vs “je rêve d’un mec qui me fasse vibrer, rêver…”
    N’étant pas non plus sexuellement “addict”, j’ai beaucoup de mal à rentrer dans ce jeu du one-shot, du c… pour le c…
    Du coup, mon émotion, je me la garde pour moi, ou presque… et j’offre des sextoys.

    Balek, macotte déprimée (enfin presque).

  • Mais… Pourquoi on mélange?
    Pourquoi on mélange le sexe fast consommation rapido presto emballé c’est pesé et le sexe qu’on fait avec la personne qui nous fait vibrer??

    Pour moi, ce sont deux choses différentes… Quand j’ai envie de “jouir accompagnée” ( c’est le seul terme approprié que j’ai trouvé), et bien je trouve un mec qui a envie de “jouir accompagné”. J’initie avec lui une relation suffisante pour être sure d’être sur la même longueur d’ondes, pour lui donner les deux-trois éléments nécéssaires au démarrage et pour m’assurer qu’on est “compatibles” et roule petit…
    Et quand j’ai envie d’être embrasée par mes tripes, par un regard, par des mains, par une âme… Et bien je me cherche CA!
    Je me trompe rarement sur mes envies et je suis rarement déçue du résultat!

    Il est certain que quand j’ai envie d’être aimée et amoureuse, je vais être frustrée par mon petit quickie avec un inconnu… mais c’était courru d’avance! je serais stupide de croire que l’un va combler l’autre.

  • Allez vous faire “empourprer”.

    J’adore le vocabulaire nouveau, c’est chaud.

    “L’emproupreur de France empapaoute le peuple”

    “Cette empourprage fut laborieu”

    je suis hors sujet…LoL

  • miss lili > clap clap clap clap !

  • Pour Vinz qui ne voit que deux alternatives : l’égalité ou la femme au foyer, j’ai envie de dire allez, cherche encore un peu.

    Sinon, je n’ai jamais eu de fantasme sur un homme objet, payer quelqu’un pour me toucher, merci mais non.
    Sexe consentant entre deux personnes, romantiques ou excitées ou n’importe quel désir tordu et pourquoi pas une crapette, peu importe, c’est la fête.

    Amour/Désir/Chaussettes, ainsi va la vie.

  • @balek : entièrement d’accord avec toi!!! d’ailleurs (pardon pour la longueur) je vais me citer et reprendre ici ma réponse, il y a 6 heures, en commentaire de mon article “vous commencez à me courir avec vos “sex-bidules”… :

    entendons-nous bien, ce n’est pas, en soi, l’usage d’un “godemichet” moderne, modernisé et commercialisé, qui me semble symptomatique de la “chosification” de l’humain, son utilisation, ou sa “mode” étant bien plus ancienne que “Sex and the City”… et si je me reporte à l’article de Wikipédia (qui vaut ce qu’il vaut…) :

    “Un godemichet (ou un god) ou dildo en anglais (en français, parfois orthographié godemiché et abrégé en gode ou en miché), est un jouet sexuel destiné à procurer les sensations offertes par un phallus, lors de la masturbation ou lors des rapports sexuels.

    Son utilisation remonte sans doute très loin, dans la mesure où des recherches archéologiques ont mis au jour des godemichets de pierre (qui étaient plus probablement des objets rituels ou culturels). La littérature latine atteste leur usage au IIe siècle av. J.-C.”

    Son usage peut tout autant être solitaire et masturbatoire, qu’hétérosexuel ou homosexuel. Et les femmes, à mon avis, n’ont pas attendu que “Sex and the City” ou “Durex” viennent leur souffler à l’oreille qu’on pouvait trouver des objets pouvant substituer des phallus…

    Petit rappel, et suivant d’autres sources, sa commercialisation et même son importation sur le territoire français ont été punies par la loi jusqu’aux années 70.

    Ce n’est pas cet historique de l’usage de cet objet dans les sociétés humaines (préhistoriques, antiques, occidentales ou orientales…) que je voulais interroger!!!

    Non, ce qui me semble désolant c’est que ce substitut devienne, avec l’aide d’une nouvelle industrie florissante, et à grand renfort de campagnes publicitaires, le “partenaire” (par défaut ou par commodité) de nombreuses femmes, que, tout ça participe d’un conditionnement des populations qui les amène de plus en plus à accepter leur “chosification”.

    Bientôt vous aurez, en plus de votre “godemichet” ultra-performant, la pillule, ou le casque relié à votre ordinateur, qui vous mettra en situation de “relation sexuelle virtuelle” avec un partenaire lui aussi virtuel… Alors, Mesdames, Ladies, quand le “robot-sexuel” arrivera sur le marché nous vanterez-vous aussi les mérites des innombrables possibilités qu’il peut “nous” offrir ?

    Ce que je me demande, c’est si notre relation à l’autre ne se transforme pas suivant ce modèle (de consommation, création de nouveaux besoins et manipulation des masses pour leur faire croire qu’elles doivent assouvir toujours de nouveaux désirs).

    L’autre, le partenaire, n’est-il pas en train de devenir, à nos yeux, dans nos vies, une sorte de “toy” ? il doit, comme l’objet, nous donner satisfaction, ou se voir échangé ou jeté. Nous tous courons désormais le risque de devenir ces “toys” que d’autres utiliseront.

  • “c’est si notre relation à l’autre ne se transforme pas suivant ce modèle (de consommation, création de nouveaux besoins et manipulation des masses pour leur faire croire qu’elles doivent assouvir toujours de nouveaux désirs).”

    La liberté sexuelle comme tout marché libéré entraine un afflux d’offres. Tu n’es pas obligée de t’y adonner, tu peux aussi faire ce que tu veux.

    Ce qui est marrant c’est que la déconstruction des normes sociales tradis (toi homme poil action toi femme mère ou forcément à moitié pute) fait flipper, même les djeuns super ouverts web2.0 que nous sommes :)

    “Et là…

    Rien.

    Le désert.

    Certes le bas blesse parfois mais on avance finalement ^^ (désacralisation du sexe, relation HF plus “saine” et c’est très bien)

  • Mettre un mec dans un cadie, en théorie pourquoi pas… C’est vrai que dit come ça, sa sembe marrant. Mais je me vois mal dans le rôle du mâle. lol Honnetement si on commence à commander des mecs sur internet, on est pas rendu…

  • @harold : “tu peux aussi faire ce que tu veux”, ça me semble être devenu l’emblème, de cette société “djeun” seulement préoccupée par l’obtention du plus de satisfaction possible, et de la rentabilité de chaque relation. Si ça (c’est-à-dire cette personne) ne me convient plus et bien j’en change (“je fais ce que je veux”)!!! Donc, seul mon désir et sa satisfaction (“ce que je veux”) orientent ma vie. Et, ça dépasse la relation homme/femme, ou de couple, ça concerne aussi les relations amicales, la relation employeur/salarié, nous sommes devenus des “consommateurs” et non des sujets.

    Désacralisation du sexe : qu’est-ce à dire ? que je baise, ou fais l’amour, comme je ferais un jogging avec un(e) ami(e) ? ou peut-être comme je consomme un film ? (parce qu’on consomme les films aujourd’hui, on ne les regarde plus…)

    Relation H/F plus “saine” : avant les gens étaient malades ? névrosés ? c’est ça ? je te signale que “la déconstruction des normes sociales tradis” à laquelle tu te réfères elle commence à dater… (on va fêter les 60 ans de mai 68 cette année!!!), et, que je sache, la révolution-libération sexuelle qui en est résultée n’a pas vraiment réduit le nombre de névrosés!!! Je dirais même que cela les a complexifiées les névroses.

    Ce qui peut te sembler “neuf” (“djeun” et “sain” comme tu dis), et ce qui peut te donner le sentiment d’avancer, c’est que tu en es, j’imagine, au début de ta vie amoureuse, donc encore tout frais et dispos… et plein d’espoir. Je ne voudrais pas te décourager. Là, où nous sommes d’accord c’est que dans ce domaine, comme dans tous les autres, tout est toujours et de nouveau à INVENTER.

  • @harold : je me vieillis inutilement : on va fêter les 40 ans de mai 68!!!!

  • Et bien moi, je ne vois pas où est le problème. Et je ne vois pas cette chosification. Au contraire, même. Dans le pannel de mes connaissances ( qui ne constitue pas un échantillon représentatif, je sais, mais j’ai pas eu le temps de faire une vraie étude), il semble que même si, effectivement, il y a recrudescence de la connaissance des sex-toys… et bien il n’y a ni achat + utilisation frénétique, ni délaissage du “vrai” partenaire par rapport à celui sur pile!
    Certes, il y a recrudescence du buzz, en règle générale, autours de ce nouvel outil de jouissance mais il faudra encore qu’on me prouve que dans les faits, les femmes quittent leur mari pour leurs double-gode rose.

    Quant à la chosification… Et l’utilisation… Et bien elle a eu lieu de tout temps : le mariage, en des temps pas si reculés, était une affaire d’arrangement et non d’amour. Qu’était-ce, à part une utilisation de la femme par son (futur)époux ( apport socio-financier, au moins, protection du patrimoine marital par l’union avec une femme qui ne “déparait” pas la famille)? A mon sens rien d’autre.
    La nouveauté? Trois fois rien, le godemichet permet aux femmes de se procurer leur orgasme comme elles aiment ( et on se marie par amour). Un petit pas de plus vers la libération sexuelle féminine, déjà largement initiée par mai ’68 et son cortège de multi-partenariats sexuels sur lit de masturbation.
    Et j’ai envie de dire, et alors?

    Et j’ajouterais même qu’à mon sens, toute cette libération, loin de chosifier les âmes, permet d’approfondir les relations. En effet, à l’ère où on est plus vraiment obligées d’être avec quelqu’un pour… tout : on nous livre nos courses, on paye les déménageurs, on peut même se taper une bonne bite sans mâle au bout, celles qui choisissent d’être avec le-dit mâle le sont pour la simple raison qu’elles en ont envie… Idéalement, bien sur ( je ne suis pas tout-à-fait naive :)).

    Et l’utilisation de l’autre alors? Cette idée qu’on pourrait être avec quelqu’un pour ce qu’il nous apporte? Et bien rien de neuf sous le soleil. Oui, l’être humain utilise toujours, plus ou moins, son entourage. Nous nous entourons d’amis qui nous conseillent, avec lesquels on s’amuse, qui nous renvoient une image sympathique de nous-même, appartenant à un groupe non moins sympathique. Nous sommes avec notre mec parce qu’il est beau (ça vous plait pas, à vous, de vous promener au bras d’un beau mec? parce que moi, si), parce qu’il sent bon, parce qu’il est intelligent, parce qu’il est drôle, parce qu’il nous écoute au beau milieu de la nuit, parce qu’il nous écoute disserter sur notre pull rouge brique et non rouge framboise, parce qu’il nous laisse pleurer, parce qu’il se coltine le propriétaire, parce qu’il supporte la tarte aux pommes brulées (recette originale de vos petites mains), parce que quand on se dispute, c’est toujours homérique, mais jamais définitif. En fin de compte, nous sommes avec ce mec-là, parce que ce mec-là, c’est celui qui nous va. C’est pas de l’utilisation ça? Si. Et c’est grave? Non, il parait que c’est l’amour…

  • “Rendez-moi des mecs, des vrais, de ceux qui vous choisissent et pas de ceux qui vous obéissent. ”

    Ton commentaire est hyper décevant !!! Pourquoi ne pas accepter que ton mec te respecte au point de t’obéir et de te traiter en princesse ? Tu en es resté au vieux cliché phallocrate. Enfin, je préfère être un mec féministe, même s’il faut assumer et accepter que ta partenaire porte la culotte.

  • Mais ça dépend des hommes et des femmes, certaines aiment les hommes qui “obéissent ” et d’autres ceux qui prennent les choses en main. Il faut de tout pour faire un monde.

  • Et toi ? Tu préfères quoi ?
    En fait, je sais bien que certaines filles préfèrent toujours que son mec adopte une attitude traditionnelle, ce que je trouve difficile, c’est quand une nana se moque vraiment des mecs qui acceptent que leur copine porte la culotte. Ce n’est pas tant pour nous, les mecs obéissants, mais je suis persuadé que plusieurs filles hésitent à vivre ouvertement une relation où, dans le couple, elle est vraiment le chef. Et pourtant, ce mode de vie est celui qui stabilise le mieux les couples.

  • Pour ce qui est d’adopteunmec.com, j’y ai rencontré deux hpmmes merveilleux ( ok, sur le net, on est tous plus ou moins merveilleux ). Je n’y vois aucune soumission, ils ont l’air plutôt contents, et le cliché de “pour une fois que c’est pas femme-objet” n’est pas abordé.

  • @chevalierservant: il faut comprendre la critique dans le sens où passer d1 homme dominant à une femme dominante n’est pas une évolution en soi, dans la quête de l’égalité homme/femme. Le fait que la femme porte la culotte rend potiellement le couple plus stable? Ne confondons pas opinion et réalité. Et etre féministe ne veut plus dire grand chose de nos jours, c’est devenu un titre apposé à tant de combats différents voire opposés que finalement on en fait ce qu’on veut. Je suis d’accord avec Miss lili en substance: l’amitié, l’amour, ce sont des réponses à un besoin. Des utilitaires, quoi. On est tous des fuckin hypocrite, faut pas se voiler la face. Mais c’est grace à cette à cette hypocrisie qu’on est capable de s’organiser en sociétés organisées.

  • Qu’on refuse le sexe commerçant, où on se sert, consomme, et jette avec aussi peu de sentiments, peut me sembler compréhensible. Pour ma part, les rencontres “sensuelles et sans suite” me plaisent, mais que cela déplaise à d’autres est tout à fait normal.
    Là où ça me gêne, c’est quand on écrit un article pour dire que les femmes se comportent comme des hommes (cad qu’elles consomment et jettent rapidement, comme les mecs), et que c’est ça qui est gênant : que les femmes deviennent comme les hommes, que les hommes soient des objets.
    Dans l’absolu, si la réification est gênante, elle l’est pour les hommes comme pour les femmes. C’est quand même le summum du machisme (et je sais pourtant que ça a été écrit par une femme) de dire qu’on a envie que ce soit l’homme qui continue à choisir, et que les femmes doivent arrêter de profiter du sexe comme eux le font.
    Si les hommes ont le droit de se servir d’une nana pour la nuit, alors les femmes aussi. Et si on est gêné quand une femme sert d’un homme comme d’un objet, alors on devrait l’être tout autant lorsqu’il s’agit d’un homme qui agit de la sorte.

  • il faut dissocier je crois le sexe de consommation, celui qui fait qu’on se jette ds les bras d’un bel inconnu un soir ss vouloir que l’histoire se prolonge et le sexe amoureux où la relation se construit sur cette base sexuelle indéniable ms aussi sur d’autres facteurs…. la liberté c’est de pouvoir choisir entre ces deux approches, différentes ss se sentir en faute ou coupable, selon les désirs et envies du moment… parfois le sexe n’est qu’une consommation parmi tant d’autres parfois c’est bien plus… et cela autant pour les hommes que pour les femmes…. ce n’est jamais manichéen, … l’idée de se servir de l’autre me gêne un peu car elle implique un égoisme qui ne devrait pas faire partie du sexe, faire l’amour , baiser c’est partager, sans nier son propre plaisir, mais en ne niant pas l’autre non plus…

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