Humeurs

Faut pas avoir peur du sucre glace

Bon avant toute chose, je tiens à passer une annonce: si parmi vous il y a quelqu’un qui pourrait me procurer de la cocaïne ou n’importe quel autre stimulant, qu’il se lève et parle. Et surtout qu’il m’en file. Non parce que là très franchement, je ne dépasse pas les 2 de tension. Et ça finit par être fatiguant. D’être fatiguée.

Voilà, passé ce petit préambule, qui n’a, je l’admets, strictement aucun intérêt si ce n’est que ça me fait toujours rigoler de demander de la cocaïne, j’ai envie de continuer ma conversation par blog interposé avec ClaireMM. Hier, elle s’énervassait en effet sur l’image quelque peu caricaturale qu’ont les mères de famille nombreuse. Répondant ainsi à mon post de la veille dans lequel j’exprimais ma peur d’être cataloguée “hors-jeu” puisque poule pondeuse.

ClaireMM faisait remarquer très justement qu’après tout, pour les faire, ces moutards, l’a bien fallu qu’on passe à la casserole. Ce qui prouve au moins qu’on n’est pas totalement rangées des voitures. Ok, être une sacrée baiseuse n’est pas un but en soi dans la vie, on est d’accord. Mais n’empêche que voilà, le cliché de la mère de famille dans son jean informe et qui se laisse pousser la barbe du pubis, il est peut-être un peu éloigné de la réalité.

Alors pourquoi dès qu’on annonce la venue d’un troisième – ou plus si affinités – on a droit à une tripotée de remarques légères et pleines de tact, qui vont de “et c’était voulu ?” à “bientôt l’équipe de foot !” en passant par “et en plus c’est même pas pour avoir un garçon ou une fille puisque t’as déjà les deux” ? Je passe sur les “ouah, quel courage, non parce que trois, laisse tomber, ça change TOUT”.

Pourquoi ?

En fait je crois que la réponse c’est que ça fait peur. Exactement comme les femmes qui affichent leur non désir de maternité font peur. Exactement comme les hommes qui revendiquent leur envie d’être père au foyer font peur. Exactement comme celles que l’allaitement dégoûte font peur. Ou celles qui décident d’y passer deux ans – à allaiter – foutent la trouille. Juste parce que ces gens – et plein d’autres évidemment – sortent des sentiers battus. Osent dire merde au portrait robot du français moyen. Tentent une vie qui leur est propre et assument le fait d’avoir du mal à entrer dans une grille de la Sofres.

Attention, je ne suis pas en train de dire que sortir de la norme, c’est bien. Je ne suis pas non plus en train de dire qu’être dans le moule c’est mal. Ni le contraire. Je constate juste qu’on a peur de ceux qui s’éloignent des sentiers battus. Probablement parce qu’ils nous renvoient une certaine incapacité à le faire. Et puis aussi parce que tout est fait pour nous convaincre que si on fait preuve d’un peu trop d’originalité, si on diffère dans nos modes de vie de ce qui est la norme, on “ne va pas s’en sortir”.

Et si j’en parle c’est que je suis la première à être de la catégorie des peureuses. Si j’en parle c’est parce que depuis un an je me tâte pour tout lâcher et faire ce que j’aime par-dessus tout: écrire. Sauf que mon Jiminy Cricket à moi, ma bonne conscience, me rappelle tous les matins que ce ne serait pas raisonnable. Qu’on ne vit pas de l’écriture. Qu’on ne lâche pas un emploi stable et enrichissant pour une utopie. Et dès que je commence à trouver un peu d’énergie et de motivation pour le faire, le scénario catastrophe de ce qui pourrait m’arriver s’impose à moi: perte d’inspiration, refus des éditeurs, arrêt du blog, fin des Assedics, plus de pâtes dans le placard, un pauvre quignon de pain pour cinq bouches affamées, l’assistante sociale, l’huissier, la rue.

Je sais, c’est noir. Et relativement peu probable. Mais voilà, je crois qu’on est bien conditionnés. En tous cas moi.

Oui, si j’en parle c’est parce que je crois qu’en définitive, nous sommes nos pires censeurs. Que lorsque j’ai su pour le têtard, ma première pensée a été que “trois enfants à Paris c’est de la folie”. Alors que c’est écrit où, ça, hein ? Nulle part. Pas plus qu’il n’est écrit où que ce soit que décider de vivre de sa passion c’est mal, que de lâcher ce con qui nous sert de mec depuis des années sans qu’on ne ressente plus rien pour lui c’est une mauvaise idée, que d’être célibataire ça craint, etc etc etc.

Alors voilà, moi je dis, et si on disait un gros merde à tout ceux qui voudraient nous faire entrer dans les cases ? Et ça marche aussi pour ceusses et celles qui nous prédisent l’enfer si on met un jean à pince, la damnation si on se maquille pas nude et l’excommunication si on décide que les leggings c’est peut-être moche mais confortable ou alors l’inverse.

Bref mes soeurs et mes frères, jetons nos soutiens-gorge et brûlons-les !!!!

Heu, ça en fait non, je passe mon tour.

Edit: Cela ne veut évidemment pas dire que je vais un jour sauter le pas en ce qui me concerne, hein. T’es fou ou quoi ?

Edit2: Pas de panique, sur la photo c’est du sucre glace. Même que lorsque j’étais petite j’avais peur du sucre glace parce que je croyais que c’était de la neige. Et oui, j’avais donc également très peur de la neige. Donc imagine pour la cocaïne.

6 Responses to “Faut pas avoir peur du sucre glace”

  • … Excellent, cet article. Et tout à fait vrai.
    Je fais partie de celles qui “affichent leur non désir de maternité” et ça m’énerve vraiment, parce que tout ce qu’on trouve à me dire, c’est des trucs comme “mais t’es pas normale, toutes les femmes veulent des enfants” ou “t’es encore jeune, tu finiras par changer d’avis” ou pire “t’es sûre que tu veux pas aller chez le psy?”

    Personnellement, je suis super bien dans ma peau et je n’ai pas envie d’avoir d’enfant, est-ce pour ça que je suis anormale? Est-ce pour ça que je suis “cruelle”? (oui, ça aussi on me l’a sorti)

    Bref, je suis tout à fait d’accord: un gros merde serait très appréciable. Si on ne peut même plus vivre comme on le voudrait…

    Klee

  • J’ai une cop de 35 ans, à chaque fois qu’elle va chez son généraliste pour un simple rhume, il l’agresse sur le fait qu’elle ne veuille toujours pas d’enfant. Systématiquement, il veut la coller sous anti-dépresseurs et lui suggère lourdement une analyse.
    Il faut reconnaître que nous autres, mères de 3 enfants, on nous lâche la grappe avec ça.

  • moi, j’ai eu le “courage ” d’en faire quatre!! je me souviens des regards de commisérations !!!
    dur dur la petite enfance, mais quand ils ont été ados, c’était génial, les parties de rigolades avec eux!!
    Mais je comprends très bien qu’une femme n’aie pas envie d’en avoir ; il faut faire ce que l’on veut et laisser dire!

  • @Penseederonde: nous avons qu’une seule vie alors, lances-toi pour tenter de vivre de ta passion…et à moins que tu ne travailles à ton propre compte, as-tu songé à l’année sabatique (je sais tu as du y penser…) car elle te permet de ne pas perdre ton poste…ou le congé parental? Bon, je suis sûre que tu as retourné déjà la quetion dans ta tête.

    Nous vivons dans une sociètè à étiquettes, et quand tu n’en as pas une “bonne” qui te convienne, ça fait peur: imaginez dans votre placard à vêtements un vêtement qui ressemble à une chaussette mais qui ne va pas dans LE tiroir à chaussettes car s’en est pas une, mais qui n’irait pas non plus dans LE tiroir à culottes parce que ça n’y correspond pas non plus!?!

    Le terme “scientifique” utilisé pour les femmes qui n’ont pas d’enfants est nullipare…bah oui même le vocabulaire s’y met phonétiquement pour te rappeler “ce que tu es” quand tu n’en as pas…

    Soyons femmes comme on l’entend, avec ou sans enfants, avec ou sans hommes mais soyons femmes et restons le!

  • tu devrais essayer le gingembre (frais c’est mieux), les algues aussi!!! mais n’en abuse pas quand même, après t’es une vraie pile électrique.Côté famille nombreuse, 1, 2, 3 ou 4 enfants (soyons fous!!!) : qu’est-ce que c’est que cette culture de m… où tu peux plus faire ce que tu veux!!! où seuls les immigrés ils ont le droit d’en avoir plein, des gosses!!!

  • Perso, j’ai quitté mon job d’illustratrice pour soutenir mon homme qui devait, viscéralement, ouvrir SA pâtisserie..
    Un emprunt à la famille à taux zéro, à vie, un autre à la banque, une aide de la région, un transfuge d’aide de l’ANPE et roule ma poule!
    Après avoir donné de notre personne, j’ai su ma grossesse pendant les travaux, 70 à 80h/semaine, à deux..nous sommes sur le point de feter nos 5ans de boutique+6 employés stables et des clients ravis!!
    Oui, le début était…comment vous dire…?….l’ENFER..à pleurer avec tous les doutes que ça comporte, mais aujourd’hui il nous arrive que les gens nous “tilt” dans la rue, au ciné, dans les supermarchés, en nous remerciant encore pour les desserts que nous faisons, oui, là, nos efforts sont récompensés au centuple. Et en plus on en vit !

    Un seul conseil: entoure toi ! Même UNE seule personne qui croit plus en toi que toi même et tout ira bien.. Lance toi !
    Bon courage, 4..3…2..1..Partez !

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