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Ceux qui ont tout et qui se plaignent.

C’est un sujet bizarre.

Je fais partie de ceux-là.

J’ai un amoureux super, des parents adorables, des amies superbes, j’ai de l’argent, en tout cas suffisamment pour me payer une école hors de prix, même si on doit toujours faire très gaffe a coté.

Et pourtant… C’est trop dur.

On attends la fin du lycée, le bac, que tout ça prenne fin pour enfin aller dans une école qui nous plait, faire quelque chose qui nous correspond, enfin!

Je suis en école de stylisme modélisme. Et je rame.

Trois heures de trajet aller retour pour aller dans une école ou chaque jour tout me semble plus pénible. La sollitude, d’abord, l’impression de ne pas y avoir sa place, d’etre a mille lieux des gens qui nous entourent.

Et le talent. Pas le notre bien sur, mais celui des autres. S’apercevoir qu’il n’y a pas un domaine ou on se dit: je fais partie de l’une des meilleures, j’ai ma place. Non. Tout autour parait plus beau, mieux, pourvu que ce ne soit pas nous. On prend du retard, a force de découragement on ne bosse plus beaucoup a la maison, on s’enfonce et chaque jour, l’impression qu’on a vraiment pas sa place dans cette école s’incruste dans notre petite tête. On se dit que le directeur s’est trompé, qu’il a mal vu a travers nous. On a plus de motivation et on s’interroge. On se dit que c’est une mauvaise passe alors que c’est chaque jour un peu plus dur.

Les autres nous disent qu’on s’en fout du talent des autres, qu’il faut se lancer. Certaines personnes croient en vous. Et vous plus du tout.

On est bien que quand on est avec son homme et ses amis, qu’on aimerait que ça reste toujours comme ça, mais que professionnellement, rien ne nous correspond vraiment.

Mais j’ai tout! J’ai tout ce que j’ai toujours voulu! Sauf une chose. L’assurance. L’assurance qui nous donne des ailes, qui fait qu’on croit en nous, qu’on est CAPABLE, qu’on est pas plus bête qu’un autre.

C’est ce qui fait que je foire tout ce que j’entreprends. C’est bien que d’autres croient en moi? Mais qu’est-ce que je fais, moi, quand je n’y crois plus moi meme? Je me dégoute parfois de moi meme, parce que je déçois, je rends trop vite les armes, je ne m’investis pas assez. J’en viens a me dire que ce serait bien que je perde l’usage d’une main, au moins j’aurais une excuse et je ne décevrai plus personne. Pas pour me faire plaindre, mais juste pour qu’on ne me juge plus… Juste pour ne plus décevoir.

A des moments, je voudrais dormir toute ma vie, pas mourir, mais dormir. Oublier, ne plus me voir moi même. Juste être bercée dans les bras de mon homme qui me dit que je peux y arriver.

Résultat, je suis en état de nervosité permanente, a deux doigts de me mettre a hurler quand je me bats avec ma machine a coudre, quand je foire un dessin, quand je n’arrive pas a coudre. Mais je sais, il faut apprendre. Mais en ce moment, c’est comme si mes mains ne m’obéissaient plus.

Et quand je crois réussir, je n’ai qu’a voir les croquis des autres, leurs facilités pour n’avoir qu’une envie: jeter mon travail par terre et partir en courant, très loin.

 Alors quoi? J’ai tout, et je me plains… Et ce cercle vicieux me fait me détester, perdre ma confiance…

Pourquoi? Pourquoi c’est si dur?

12 Responses to “Ceux qui ont tout et qui se plaignent.”

  • oh ma poupette qu’est ce que je te comprends!!! je usi pareil (ouioui encore) ma vie est sublime mais professionnelement c’est pas encore ça!!
    moi je crois en toi tu vas me montrer tes tipoupées!!

    tu es une fille merveilleuse!

    et tu sais là ou tu es la meilleure c’est en amitiée!!
    bisous ma meilleure a moi

  • Déjà pour les “facilités” des autres dis-toi qu’ils ont sûrement aussi à beaucoup travailler, douter, suer, se décourager, pour faire ce qu’ils font. Ensuite, essaie de voir le côté positif du doute, de la galère, de la mésestime de soi. Certes, ça ne fait pas plaisir de se dire qu’on fait des choses bien, mais jamais assez bien, jamais très bien. Mais ça permet de se dépasser, de faire mieux, même si le mieux, ça reste du “jamais assez bien”, et parfois, on regarde ce qu’on a fait avec un regard moins dur que d’habitude, et on se dit qu’on a bien avancé.
    Je dis ça parce que je suis un peu pareille. J’ai des amis, pas mal de diplômes, j’ai eu le courage de m’expatrier dans un pays et des conditions pas forcément évidents, j’enseigne le français à des jeunes dont je ne connais pas la langue et apparemment je le fais plutôt bien… mais je ne suis jamais entièrement satisfaite et il me semble que les autres font toujours mieux que moi ! Ca me permet au moins d’avancer, de me dépasser…

  • Mais les filles… Vous n’avez pas tout, puisque vous vous plaignez!
    Que je sache, et je pense que je ressemble à pas mal de gens, avoir tout signifie être parfaitement comblée en : amour-amitié-famille-travail/etudes- relation à soi-même.
    Tant que vous n’êtes pas satisfaites de vos études/votre travail, tant que vous n’avez pas le sentiment que, même si c’est perfectible, c’est pas mal, vous n’avez pas tout. Et par là, même, vous avez parfaitement raison de vous plaindre!
    C’est pas parce qu’on a plus que les autres qu’on a tout, et c’est pas parce qu’on a plus que les autres qu’on a pas le droit de se plaindre. L’excellence, la perfection, le bonheur sont des aspirations. Et ceux qui en sont plus proches que d’autres n’y sont pas, quand-même!

  • Je tiens tout d’abord à te dire que j’aime beaucoup ton article, il est très touchant!

    La confiance en sois est extrémement importante, j’en manque et ça me gene très souvent, les regrets sont malheuresement toujours au rendez-vous et vraiment ça m’agace plus que tout. Ne te préocupe pas des autres, si elles réussissent à des endroits mieux que toi elle échouent obligatoirement dans d’autres disciplines où tu es toi la meilleure j’en suis pérsuadée =) . Et puis réconforte toi en te disant que ton chéri et tes amis sont géniaux, ils seront toujours là et c’est très important de le savoir!

    Et puis la perfection n’existe pas, alors n’en demande pas trop de toi même!

  • Je te trouve bien dure avec toi-même Pépite, tu as sans doute un gros coup de blues ajouté à un bon coup de fatigue et patatrac, tu vois tout en noir.
    Tu as sans doute fait preuve de niack pour en arriver où tu en es, l’assurance, tu l’as forcément eue à un moment donné dans ton parcours. Tu doutes de ton talent ? Tu penses sincèrement que les autres font mieux ? Allons, allons, va chercher une glace ou un pot de nutella, baffre un bon coup, sors boire un verre avec tes amis et ris, fort, gras, défoule-toi, amuse-toi, sans réfléchir, sans penser à rien d’autre, vide-toi la tête … et puis rentre, câline ton amoureux, et dors … récupère.
    Teste cette petite recette puis on en reparle et tu me diras comment tu te sens, ok ?

  • Merci beaucoup les filles pour votre soutien. Je crois qu’en ce moment j’ai surtout besoin d’un bon psy pour essayer d’emmerger parce que cet état dure depuis un peu trop longtemps.
    Pourtant Opaline, je suis très gourmande, je sais m’amuser et tout et tout et surtout je dors, quand je n’ai pas le courage d’aller en cours, environ 12h minimum, et je me sens quasi toujours, excès ou manque de sommeil, très léthargique… C’est pas évident. Mais vraiment, vos petits commentaires me touchent très fort.

  • Ah zut, ça semble plus profond alors. Une tite déprime … c’est plus embêtant … tu te connais mieux que personne. Si tu éprouves le besoin d’aller voir quelqu’un qui t’apportera de l’aide pour savoir où le bât blesse et t’orienter dans les bonnes directions pour te sentir mieux, n’hésite surtout pas ! Fonce, come on !!

  • ^^ Merci ptite Opaline, ton soutien me fait très plaisir, votre soutien a toutes me touchent. Esprit Ladiesroom est-tu là? Ca ne fait aucun doute, je suis heureuse de toutes vous connaitre.

  • bon , je viens de lire ton article et comme je te le disais j’ai moi aussi ete dans une école de mode .
    la question a se poser est deja : est ce que tu aimes ce que fait ?
    apres le decouragement c’est tout les jours dans ses metiers et dans la création en générale …mais n’es tu jamais heureuse de certain resultats ?
    a l’epoque de l’ecole j’etais comment dire rebelle …avec un petit ami musicien hippy uii uii avec dread locks percu et tout ..
    j’etais pas tres assidue et etait bien souvent la derniere de la classe …( dossier pas finit ou mal finit ) pourtant j’avais du potentiel ..j’en ais toujours …
    mais il faut se faire plaisir ( oh mince on se croirait dans la star ac !) . C’est difficile car c’est encore theorique et scolaire ..mon conseil serait de te confronter tout de suite à des “clients” …essayer de vendre des créations ou de les faire porter par tes ami(e)s ..t’amuser créer ton monde sans attendre les directives des differents cours …aujourdhui je ne fais pas du tout ce que j’ai réellement appris ..personne ne ma appris a l’epoque l’argent les pierres et la joiallerie …mais on ma appris une facon de pensée créative.
    ahhhh les taureaux a croire qu’on est toute pareil…j’ai un besoin imperiale de dormir enormement …presque autant de créer …je suis persuadée qu’on crée en dormant !!!
    ne te decourage pas …fait nous un article sur tes créa qu’on voit un peu ce que as entre les doigts !

  • Merci beaucoup pour ton commentaire Caroline, ça me fait très plaisir. Mais effectivement je vais me confronter a l’avis des autres en faisant des pochettes et des sacs tous cons pour mes proches (pas de sousous, donc on improvise)! Oui, ce que je fais me plait mais c’est peut etre le cadre encore trop “etude” qui me convient mal! Donc sois j’attends la deuxieme année parce qu’une fois les bases apprises on peut enfin penser a la créa et a s’éclater, ou alors je bifurque sur un cursus en deux ans en alternance. Je sais qu’il y a un Lacroix ou un Gaultier qui m’attends quelque part, et je commence enfin a me dire que je suis pas plus merdique qu’une autre, mes notes en sont le reflet, a part pour un non rendu je n’ai eu aucune note en dessous de la moyenne! Et promis dès que j’aurais confiance en un truc, je ferai des dessins et des pièces de couture que je vous montrerai, ya pas de soucis, ptet que votre avis objectif m’aidera!!

    T’es née quand petite taureau?

  • j’ai lu attentivement ton article et je peux te dire que je me suis souvent trompé de voie professionnellement. je me suis lancée dans l’animation enfantine et ça ne me convenait pas. A vrai dire, j’ai 38 ans dans une semaine juste et je ne sais toujours pas quelle voie professionnelle me convient….Pour la bonne raison que le travail n’est pas ma priorité. Je gagne ma vie et j’apprécie l’ambiance de mon travail mais mon boulot, non…et ça ne m’importe pas.
    Cependant, tu fais une école chère, (pas un reproche, hein) tu as des diplômes, tu peux y arriver. Mais tu as choisi une voie ardue où il y a beaucoup d’appelés et peu d’élus. Donc, persiste et ne te décourage pas.
    Quand on a la capacité et le courage de faire des études, il faut persévérer vraiment. Je n’ai pas eu ces capacités ni ce courage, je pousse mes enfants (pour le moment en pure perte pour l’ainé….) à les avoir.
    courage, pépite, tu vas y arriver mais n’espère pas tout de suite la reconnaissance et la célébrité !!!

  • Oh ben non, du moment que je fais ce qui me plait, et que je gagne correctement ma vie, tout me va!! Merci beaucoup pour ton soutien!!

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