Humeurs

Je ne vous en parle pas…

Il paraît que je suis la seule fille qui prend son petit-déjeuner avec une bouillotte sur les pieds… moi je dis il en faut. Et s’il n’y en a qu’une, je veux bien être celle-là.Ceci dit, passons à des choses un peu plus sérieuses. J’ai été invitée à une soirée il y a une dizaine de jours, afin de fêter l’arrivée du Beaujolais nouveau. Vous pensez bien que je me faisais une joie de vous relater ma soirée… sauf que !

Sauf que j’ai reçu des menaces très explicites de la part de l’un des convives qui m’a dit “Tu n’as pas intérêt à parler de cette soirée sur ton blog“. Haannnnn !! Plus explicite que ça, c’est impossible. J’ai donc décidé de ne pas vous en parler, après tout en tant que Corse, l’omerta, ça me connaît !! Je ne vous dirai rien, mais alors, rien de rien.

Surtout que franchement à bien y regarder, il n’y a rien à en dire de cette soirée. La maîtresse de maison que j’avais croisée deux heures avant l’ouverture des festivités et auprès de laquelle je m’étais enquise, entre deux crachats de bonbons, du dresscode, m’avait dit “casual“. En vertu de quoi j’avais mis un jean et des Doc Marten’s. On a dit casual, ou quoi ?!

Quelle ne fût ma surprise quand je vis, une fois sur place, que toutes ces dames étaient en jupette et escarpins, la maîtresse de maison y compris, qui me dit avec un sourire pincé “finalement tu as vu c’est chic, on s’est décidés au dernier moment“. Ouais… j’ai vu… enfin en même temps, chacun sa version du chic, hein… parce que franchement ta jupe longue en velours rouge…

Mais bon j’aime autant ne pas vous en parler, ça pourrait m’attirer des ennuis. Ensuite, je me suis calée dans un fauteuil et j’ai bu mon verre de Beaujolais que même ce beaujolais qui était rentré en Suède via la valise diplomatique, mais bon ça je ne peux pas non plus vous en parler je pense, il se laissait boire… et puis il y avait des trucs bizarres à manger à l’apéritif…

J’ai essayé de percer à jour le mystère des amuse-gueule, mais je vous jure que ce n’était pas évident. J’en ai donc glissé un en douce dans la poche de mon jean pour le décortiquer chez moi. D’où l’avantage certain du jean sur la jupe de velours rouge sans poche. En même temps je ne suis pas certaine que la maîtresse de maison s’amuse à piquer des amuse-gueule chez elle.

De toute façon, l’amuse-gueule étant passé à la machine à laver avec le jean, je peux juste vous dire que c’était blanc. Et qu’une fois lavé, c’était beurk. Ouais je sais, ça fait peu d’indices. C’est un peu ce que je me suis dit aussi. Mais, bon j’aime mieux ne pas vous en parler.

Il y en a une, elle ne prenait que des cornichons. C’est petit comme attitude. Mais peut-être que ça réagit mieux au lavage en machine…

Ensuite nous sommes passés à table, mais bon surtout ne dites pas que je vous l’ai dit. En bons stratèges nos hôtes avaient fait deux plans de table… des fois que pendant l’apéro, les invités se tapent sur la gueule, ça permettait de séparer habilement les potentiels ennemis. Moi je dis “chapeau” pour l’organisation, nan, parce que le plan de table de repli, c’est la première fois que je vois ça.

Le maître de maison a pris ses feuilles de papier en disant “chérie, le un ou le deux” ? Putaing, le suspense !! On se serait cru dans un film de Hitchcock !! Il ne manquait que la musique. Arghhhh, mais à côté de qui je vais être assise, arghhhhh ?? En fait, ça a été le plan numéro un… comme quoi il semblerait que nous ayons su nous tenir. J’étais assise à la droite du maître de maison, et moi je dis que c’est courageux de sa part. Mais surtout pas un mot à quiconque.

Je ne vais pas vous parler du repas. Nan. C’était bon. Par contre, je peux vous dire que si la grippe aviaire débarque en Suède, et bien moi, je peux crever comme un corsinu. Parce que je n’aurai pas de vaccin, nan, nan, nan. Pour le Beaujolais, oui, pour le vaccin, je me gratte !!

Et même que si les Norvégiens attaquent la Suède, et bien Frida, elle n’est pas rapatriée dans son pays en Corse, nan. Et toutes ces menaces sur la tête de Frida, pourquoi ?? Because je ne suis pas enregistrée à l’ambassade de Corse. Et que ça c’est pas bien. Maman, ste plaît, pas de mail, merci.

Ensuite mon voisin de droite, que même il avait mangé de l’ail, mais chuuuuuuttttttt, il a voulu m’expliquer pourquoi on doit se regarder dans les yeux quand on trinque. C’est à cause des Vikings… en fait on prend son verre dans sa main, mais attention, ouhla, attention il m’a dit le monsieur !! Oui oulah !! Surtout il ne faut pas que nos bras se touchent… moi j’étais d’accord, hein !! oulah !!

Sinon c’est la guerre !! Oulah !! Et là peut-être, c’est le moment où le deuxième plan de table fait son apparition… Bref. On se regarde droit dans les yeux… ouais, il a mangé de l’ail. Et on trinque mais en trinquant il faut qu’un peu de mon vin aille dans son verre et qu’un peu de son vin aille dans mon verre au cas où nos boissons seraient empoisonnées… comme ça on crève tous les deux, c’est pas malin moi je dis. En même temps, moi franchement je ne vois pas pourquoi mon vin aurait été empoisonné… J’ai juste piqué un amuse-gueule, on ne va quand même pas m’empoisonner pour si peu…

Bref, le gars il m’a expliqué que si je le regarde dans les yeux, je ne peux pas le poignarder en même temps. Mouaich… lui il devait être bourré. Parce que ce gars, il ne m’avait rien fait, alors j’avais autre chose à faire que le poignarder. En plus, ce n’est pas du tout mon genre de poignarder les gens lors des repas mondains. Même quand ils ont bouffé de l’ail. Encore que… Mais mieux vaut que j’évite de vous en parler.

Ben ouais… moi quand on me dit “tu n’as pas intérêt à parler de cette soirée sur ton blog“, je ne suis pas non plus idiote, j’ai bien compris le message et je ne raconte rien sur mon blog. Nan, mais oh, il me prend pour qui ce mec ?!. Une cafteuse ? Il croit quoi, ce mec ? Que je raconte ma vie sur mon blog ?! Et puis quoi encore !!

Je suis corse, moi Môssieur, je sais me tenir, moi Môssieur, et l’omerta, je suis tombée dedans quand j’étais petite moi Môssieur… alors je sais bien ce que je dois dire ou pas sur mon blog. De toute façon, je n’ai pas envie d’en parler de cette soirée… j’y étais pas.

5 Responses to “Je ne vous en parle pas…”

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