Histoires

A toi qui n’es jamais né

Article sélectionné par Kwelet lors de sa semaine de Rédaction en Chef !

Et bien oui, cela parle de l’avortement, et à plus de deux mois de grossesse. J’ai longtemps hésité à poster ça, et puis je me suis dit que peu importe, les gens pourront dire ce qu’ils veulent, parce que personne ne pourra jamais porter un jugement sur moi qui sera pire que le mien. Et si tu veux lire quand même, ça va être long, tu seras prévenue.

A toi qui n’es jamais néJe venais d’avoir dix-sept ans, et mon bac. Et je venais aussi de découvrir que j’étais enceinte. Je ne pouvais pas avoir de bébé, mais je crois qui si mon copain avait dit “Oui” je l’aurais gardé. Mais il a dit “Non”. Je ne voulais pas prévenir mes parents, lui ne voulait pas prévenir les siens. Alors c’est sa marraine qui nous a aidés. Rendez-vous avec la psy du planning familial pour qu’elle donne son accord. Puis, j’ai couru chercher mes résultats du bac. C’était le même jour. L’hôpital, j’en ai toujours eu peur, et une fois là-bas, comme pour me persuader que je suis vraiment trop jeune pour être mère, tout le monde m’appelle “la gamine”. Mais la gamine, elle serre les dents pour ne pas courir vers la sortie. La gamine, elle pense à sa mère qui va sûrement la mettre dehors, et son copain la quitter, si elle court vraiment vers la sortie. Deux heures plus tard, c’est fini. Je me sens vide, je me sens horrible.

Ça pourrait être la fin, j’aurais vraiment aimé que ce soit la fin, mais non. Pendant 3 mois, tout allait bien, j’avais arrêté de pleurer quand je voyais un bébé, j’étais en grandes vacances, je m’amusais, je mangeais des churros tout le temps, sûrement la cause de mes 3 kilos en plus. Et puis un jour, je n’ai pas eu mes règles. Panique. Non, je ne voulais pas être enceinte à nouveau, et de toute façon, je n’ai jamais oublié ma pilule. C’est juste un retard. Deux jours plus tard, j’ai une montée de lait. J’ai peur, je vais voir sur Internet. Ils disent que peut-être il me reste un bout de placenta qui libère encore des hormones.

J’ai peur. Je prends rendez-vous chez la gynéco. Qui pousse un grand cri “Oulala je sais pas de combien, mais c’est 100% sûr, t’es enceinte toi“. Je ne sais pas pourquoi je n’ai plus peur. Je souris. C’est mon bébé, je ne l’ai pas tué, je suis enceinte de 5 mois et maintenant, c’est fini, je ne peux plus avorter, personne ne va me dire de tuer mon bébé. Et puis tout retombe d’un coup, parce que chéri, en moins de trois secondes, est sur Internet pour voir quels pays pratiquent l’avortement à plus de cinq mois. Je le déteste.

Nouvel espoir, il n’a trouvé que la Chine. Je me dis que je vais quand même prendre rendez-vous avec la gynéco qui m’avait fait l’avortement, pour voir ce qu’elle a à dire. Je prends mes dernières échos avec moi, c’est un garçon. Elle s’écroule sur son bureau, me plaint, me dit que de toute façon, quoi qu’il se passe je souffrirai beaucoup maintenant. Et là, elle me file la doc sur une clinique espagnole, qui fait jusqu’à 5 mois et demi. “Dépêchez vous” qu’elle me dit. Mais j’ai pas envie de me dépêcher moi, tout ça va trop vite, ça ne fait même pas une semaine. Et puis maintenant, je le sens bouger mon bébé, mon fils. Il était beau à l’échographie, pourquoi elle me dit ça ?

Et là, j’ai compris, je crois, à ce moment-là, que ce ne serait pas moi qui prendrait la décision finale. Ce serait les autres, tous les autres, parce que moi, je suis incapable de la prendre. Un bébé à 17 ans, moi qui ai toujours eu de grandes ambitions pour mes études ? Ou avorter alors que c’est mon bébé, que je l’aime. Je me dis que de toute façon, ma mère devra le savoir. Alors je lui en parle, un soir, dehors. La première fois que j’ai allumé une cigarette devant ma mère aussi. Et même deux. Elle était sur le point de partir, et la seule phrase que j’entends de sa bouche c’est “Soit, tu vas aller en Espagne“.

J’attendais, vous savez, comme dans les films “C’est ta décision et je te soutiendrai”. Mais non, elle est partie déjà. Et moi je n’arrive même pas à pleurer. Parce que les autres ont décidé pour moi. Le lendemain matin, quand je me réveille, elle a déjà appelé la clinique. Mes échos sont sur la table, elle leur a donné toutes les mensurations qu’ils demandaient. Elle me dit qu’il ne faudra pas parler de la seconde écho que j’ai eue, celle où ils estiment ma grossesse à deux semaines de plus que la première. Elle a prévenu la mère de mon copain, et elle prend un avion demain depuis les USA, où elle vit. On est samedi. Et je me sens perdue. On est samedi, et je vois aussi sur la table des billets de train pour lundi matin, pour Barcelone. Le rendez-vous, c’est pour mardi qu’elle l’a pris.

Lundi, ça ne va pas bien. Je vois cette ville, et je me dis que c’est donc là que tout va finir. On a deux chambres à l’hôtel. Je suis censée dormir avec ma mère, mon copain avec la sienne. Mais je ne peux pas. Moi je veux dormir avec lui, partager cette nuit avec lui. Pour pouvoir pleurer autant que je veux. Ma mère le prend mal, on vient me dire qu’elle pleure dans “notre” chambre en disant qu’elle n’est pas un monstre quand même, pourquoi je ne veux pas dormir avec elle. C’est trop, je cours. Je ne sais pas où. Et je reviens dans l’hôtel, je me cache dans un des salons. Je vois tout le monde courir en bas pour me chercher dans la rue. Mon copain me trouve, il me gueule dessus. Qu’est-ce que je peux être gamine parfois qu’il me dit. J’ai dormi avec lui ce soir-là, et avec sa mère aussi, parce qu’elle ne connaît pas la mienne et veut rester avec son fils. Si seulement elles avaient su, toutes les deux, à quel point cette nuit-là j’aurais voulu pouvoir pleurer librement. Alors je pleure quand même, mais en silence, la main sur mon ventre, en chuchotant à mon bébé que tout ira bien.

Le lendemain, c’est à la clinique que je dois aller. Ils ne trouvent pas mon nom sur la liste des avortements du jour. Je souris, espoir. Vite mort, ils ont finalement trouvé mon nom. Échographie, pour vérifier le stade de la grossesse. On m’aura au moins épargné l’écran, c’est ma mère qui le voit. Dans la salle d’attente, je crois que 80% des gens sont français, et que 80% sont avec leurs parents aussi, jeunes aussi. Moi, ça ne se voit pas encore, mais certaines ont un gros ventre, j’ai envie de pleurer.

Parce que je me rends compte que c’est dans la clinique de la mort que je me trouve. Où on ne tue pas que des bébés, mais aussi le dernier soupçon de bonheur que peuvent avoir toutes ces filles de mon âge. Qui pleurent elles aussi, avec une cigarette dans la main elles aussi, avec leurs parents stoïques à côté d’elles aussi. On me donne des cachets pour provoquer des contractions, je ne les prends pas. Je les recrache discrètement. Si je dois tuer mon bébé pour eux, au moins je ne les y aiderais pas.

A ce qu’il paraît, la loi c’est que l’on doit vérifier que la fille qui se fait avorter est consciente de son choix, et que c’est le sien. Je me dis que je vais crier au monde que merde, il y a une semaine je ne savais même pas que j’étais enceinte, alors comment je pourrais être consciente de ce qu’il se passe. Mais en fait, les parents assistent aux rendez-vous, qui n’en est pas vraiment un. “Vous êtes sûre que c’est ce que vous voulez ?”. Silence. Je ne veux pas répondre. Regard glacé de ma mère. “Oui”. Et voilà, le rendez-vous avec la psy est fini. Maintenant on me change, ça parle espagnol de partout. Je panique. Je demande à ressortir, pour aller voir ma mère. On me dit que je peux, mais vite alors.

Je cours dehors, je pleure, je supplie, je ne peux pas faire ça. Je le sens bouger, je veux rentrer à la maison, je trouverai un moyen. “C’est rater ta vie que tu veux ? Tu retournes là-bas et plus vite que ça”, qu’elle me dit. Je vois trouble, j’ai trop pleuré. Je regarde autour de moi. Personne ne me regarde, tout le monde pleure ici de toute façon. Alors j’y retoune, en tremblant, en serrant mon ventre aussi. On me fait me lever, on m’emmène au bloc. On me dit d’écarter les jambes, de compter jusqu’à trois.

Je me réveille. Je regarde mon ventre. Où est-ce qu’ils ont mis mon bébé ? Il est où ? On me lève, je suis encore dans le même bloc. Je finirai mon réveil dans ma “chambre”, qui est en fait un lit dans le couloir. Parce qu’ici, c’est à la chaîne, il n’y a pas de salle de réveil. On me met un genre de couche, on me dit d’appuyer pour que le sang sorte. Et mon bébé, il est où ? Je suis assez réveillée pour tenir debout maintenant, mais pas pour marcher. Qu’à cela ne tienne, on me portera. Mon copain et sa mère sont arrivés à la clinique maintenant. Il me prend par les bras, m’aide à marcher, m’emmène dehors. Vers la gare, parce que le retour c’est dans trois heures. Et il est où mon bébé ? Je connais la réponse, mais elle ne me convient pas.

Alors je me tais, je ne pleure pas, l’anesthésie aidant sûrement, et je monte dans le train. Lorsque les derniers effets de l’anesthésie s’estompent, je suis déjà en France. On me propose de jouer à la belote pendant le reste du voyage, ils me prennent pour une conne ou quoi ? Mais je joue quand même à la belote. La mère de mon copain m’emmène dans un wagon, elle me parle comme elle peut, dans son français plutôt mauvais. C’est la première personne qui m’écoute vraiment, qui me parle vraiment, depuis une semaine. Elle me dit qu’elle m’a acheté du fer, parce que je vais perdre beaucoup de sang, et que le fer c’est bon pour moi. Elle me regarde et je vois dans ses yeux qu’elle, elle comprend.

De retour dans mon appart avec mon copain et sa mère. Elle prend soin de moi. Elle me fait à manger. Elle me laisse pleurer. Elle a compris que je ne veux pas sortir, non, je ne pourrais pas voir un bébé ou une femme enceinte, ce serait au-dessus de mes forces. Ma mère elle est rentrée chez elle, elle n’a pas appelé. La vie reprend son cours, mais pas pour moi. Pourquoi ils font des pubs avec des bébés à la télé ? Est-ce qu’ils se rendent comptent que pour moi, c’est cruel ? Que j’ai envie d’aller aux toilettes juste après, comme par hasard. Que je saigne toujours, littéralement.

Mais je crois que le pire ce fût deux semaines plus tard, chez ma mère, dans la voiture. Qui me dit “Hier au marché, j’ai vu un nouveau-né. Et tu sais, même pour moi c’est dur de ne pas y penser”. Elle n’aurait pas été ma mère, je l’aurais tuée.

Trois ans plus tard, elle ne pleure plus. Mais moi, je ne peux toujours pas voir un nouveau-né sans penser au mien, qui ne naîtra jamais.

(cc) by Janine

80 Responses to “A toi qui n’es jamais né”

  • quoiqu’en penseront beaucoup, j’ai vécu tout ca comme un enfer aussi… je me joins à toi pour dédier une pensée…
    et chapo pour en avoir parler, je ne me sens pas de le faire so… :-) S&S

  • Témoignage poignant girlizounette ! Vraiment !
    Je l’ai vécu aussi et j’y pense devant chaque bébé ! Le jour où j’ai rencontré la psy du planning familial, j’ai bien cru que j’allais tout péter qd j’ai osé demander ce qu’ils allaient faire du bébé, une fois aspiré. J’ai appris qu’ils le brûlaient.
    Comment peut-on faire ça ? Comment ? Mais, je l’ai fait, car tu as parfaitement raison : au final, ce n’est même pas notre choix mais celui des autres (quoique j’ai eu la chance d’être soutenue à 100% par ma famille et ma soeur particulièrement, qui s’est occupée de tout, tellement j’étais effondrée). C’est celui des autres, leurs regards qui te poussent à voir la réalité en face ! Et ça fait mal, car sentir ce petit être en toi, il n’y a rien de plus déroutant… !
    Tu décris bien les sentiments que l’on peut éprouver : au fond de moi, je savais qu’il “fallait” avorter (j’étais qd même à 14 semaines : limite en France!) et ma gynéco m’a tourné le dos qd je lui ai dit ! Mais, on s’attache déjà à ce petit bout, quand j’ai entendu son coeur à l’écho… On oscille, on se dit parfois que c’est simple, je vais le garder et l’élever… Et puis on redescend sur Terre, les autres vous y aident aussi….
    Merci pour ton article, oui merci, car ça nous fait du bien d’en parler… cela fait 6 ans pour moi maintenant et souvent je l’imagine devant moi, du haut de ses 6 ans et… je souris mais les larmes aux yeux….
    Biz

  • ca y est moi je pleure !!! bon allez les filles ! on respire… une, deux…

  • mon dieu les filles ! je n’ai jamais ete dans cette situation mais je vous soutiens!! je me sent tres proche de vous! courage

  • merci Andralya !! voilà un acte qu’il faut assumer plus que tout. Savoir se dire qu’on a fait le bon choix. Je le vis ainsi personnellement. Ca n’empêche pas quelques émotions de temps en temps. :-)
    S&S

  • Je suis en larmes également…. c’est un témoignage tellement bouleversant…. Je ne suis pas passée par là, je ne peux donc pas comprendre mais toutes mes pensées sont pour toi et ce bébé que tu as tant voulu… Courage.

  • Quel courage de raconter ton histoire… Je suis toute retournée… Quelle douleur de devoir quitter un petit être en devenir… surtout si tu le sentais bouger !!!
    J’ai moi vécu ça, à 20 ans… Si mon chéri avait accepté je l’aurais gardé, c’est sûr… Ca a été un véritable crève-coeur pour moi de le faire … Moi aussi je ne pouvais pas voir de bébé sans avoir les larmes aux yeux…. Aujourd’hui presque 9 ans plus tard, nous sommes mariés et nous avons accueilli une merveilleuse petite fille il y a 19 mois… La cicatrice est encore enfouie au plus profond de moi mais dorénavant la vie est belle !

  • ton article est très éprouvant à lire, et très émouvant. merci d’avoir eu le courage de l’écrire et de le publier sur ladiesroom.

  • Tout au long de ton artcile on a le souffle coupé… Bravo pour ton courage…

  • Juste pour dire que j ai lu ton temoignage ce matin et que en gros, ben il m a bouleverse pour la journee aussi…tres emouvant…comme Barb, bravo pour ton courage.

  • Ben je sais pas… merci, merci à vous toutes, même si je ne peux pas dire que ca remonte le moral, au moins, on se sent moins seule. Il ya tellement d’autres choses que j’aurais voulu dire, dieux sait que des horreurs je vous en ai épargné, mais bon, si je voulais tout dire là, ca serait carrément un roman lol ;)
    Alors juste merci, et pour celles qui ont vécu la même chose et bien courage à vous aussi.

  • Ce matin, je suis tombée sur ton texte au milieu des dizaines d’autres. J’ai demandé leur avis à Barb & Sskizo sur ce qu’elle en pensaient . On était un peu sonné en fait.
    De mon côté, je ne l’ai pas fini, pour des tas de raisons , mais aussi parce que c’est la première fois que je lis un témoignage aussi vrai et qui sort des tripes comme celui-ci. Je suis contente de pouvoir publier un texte comme celui-ci, en “Une” de Ladies Room, en tout cas.

  • Je suis totalement bouleversée par ton histoire.
    Quand tu dis que tu touchais ton ventre pour dire à ton bébé “tout va bien se passer”.

    C’est terrible ce que tu as vécu. Bravo à toi de pouvoir en parler de cette façon

  • je suis au boulot et les larmes ne demandent plus qu’à couler, je n’ai pas vécu ton histoire, mais la peine qui en ressort est si tangible que je ne sais quels mots dire pour te faire ressentir ce que je ressens pour toi. Sache en tout cas que personne ne peux te juger, personne ne peut se le permettre. ça doit être tellement difficile de refaire surface après ça…
    Courage girlzounette et les autres mes pensées vous accompagnent

  • …que dire ? C’est affreux, et cela représente tellement de souffrance, en un seul bloc, à encaisser. Cela a dû être très dur à vivre. Je ne peux pas “comprendre” : je ne l’ai pas vécu…mais je suis sincèrement attristée.
    Plus généralement, en lisant ton article et les commentaires qui en découlent, je me dis que personne ne devrait avoir le droit de décider à la place de la femme enceinte, pas même le compagnon, parce qu’il ne saura jamais ce que c’est, le fait de regarder les enfants dans la rue en se disant que l’un d’entre eux aurait pu être le sien…courage.

  • Les larmes aux yeux, moi aussi, bouleversée par ce cruel récit sans tabou.
    J’ai la sensibilité exacerbée aujourd’hui, jour d’anniversaire de ma little maman qui me manque depuis 14 années maintenant. Ce n’est pas la même chose mais ça touche notre plus profond affect & c’est inoubliable.
    Allez on se resaisit les filles, le clavier ne va pas résister.

    Ca restera un moment très fort de Ladies Roon, c’est certain.

  • C’est très émouvant ce que tu racontes là. On lit ton article avec la boule au ventre et la gorge serrée. Je pensais que ce texte allait être trop long pour que je le lise en entier, mais c’est vraiment prenant… On a trop peu l’occasion de partager de genre de témoignage. Merci.

  • Comment ne pas être touché par ce récit?? La larme à l’oeil, la tête pleine de pensées et encore une fois la chance de ne pas avoir vécu cette situation personnellement, mais cette douleur enfouie de repenser à mon amie qui me “raconte” son avortement, ses yeux plein de larmes quand elle voit un bébé dans la rue, à la télé..les silences lourds de sens pour moi dans une discussion avec des gens qui ne connaissent pas ce qu’elle a traversé….tellement de souvenirs…
    Merci pour ce témoignage!!

  • Avatar of N.C
    N.C

    ton temoignage m’a touché et ce qui par contre est curieux , c’est que je n’ai pas fait le rapprochement avec mon experience personnelle mais j’ai pensé a ma fille. ok, elle a 8 ans mais le temps passe vite et peut etre (je ne lui souhaite pas) qu’elle se retrouvera ds la meme situation.
    que vais je dire?
    Spontanement, je ne lui conseillerais pas de le garder. a 17 ans, on a toute la vie devant soi et s’occuper d’un bébé est une responsabilité énorme.Cependant, j’ai lu ton temoignage et je me dis qu’elle aura envie de le garder. que faire? que faire quand on sait ce que c’est d’elever des enfants seule? comment trouver les mots justes, comment trouver la bonne attitude?
    ta mère a fait preuve d’une maladresse absolue. j’ose esperer que c’est parce qu’elle desirait un bel avenir pour toi, du moins au moins le choix.
    tu n’as pas eu le temps de reflechir et a defaut d’une reflexion, ne reste que l’instinct, donc le desir d’enfants. je comprends ta detresse face a ca.
    peut etre que tu devrais faire lire ton article a ta mère. elle comprendrait peut etre mieux. elle ne sait peut etre pas. on ne sait pas toujours quand on est mère. on se plante beaucoup.
    on croit savoir et on ne sait pas toujours.
    j’espere que le temps apaisera les choses pour toi.
    bon courage!

  • Je dois dire que non, je n’en ai jamais reparlé avec ma mère. Mais je ne lui en veux pas, je sais qu’elle a paniquée. Et je comprends. Mais maintenant je sais qui si un jour j’ai une fille et qu’elle se retrouve dans la même situation, je lui laisserai le choix. Parce que justement je sais que c’est trop de douleur à supporter, que le choix doit être personnel.
    Je pense aussi que j’aurais beaucoup moins souffert si le 1er avortement n’avais pas raté. A même pas 2 mois de grossesse, on ne sens rien, ca ne fait pas grande différence. A 5 mois passé, ce n’est déjà plus la même histoire.

  • Merci à toi de nous faire part ton expérience. J’espère que tu t’es libérée un peu, même si toute vie “intérieure” perdue reste en nous un peu….

  • Ton article est très beau, puissant, violent, même…tout est dit, y compris la solitude intense de ces moments terribles vécus si jeune. Et ta douleur. Tu ne sauras jamais, c’est vrai, si finalement c’était “une bonne décision” (même si ce n’est pas toi qui l’a prise), mais quoi qu’il en soit, je te souhaite très sincèrement de pouvoir un jour mener à bien une grossesse désirée, avec un amoureux à tes côtés et un bébé qui comblera tes rêves. La vie doit continuer pour toi. Ne regarde pas (trop) en arrière…

  • J’en ai des frissons. Je n’ai jamais été dans cette situation et je ne sais pas comment j’aurais réagi mais il est vrai que 17ans c’est jeune, après il reste à savoir si on se sent capable… Un jour j’ai cru être enceinte et les quelques jours qui ont séparé ce doute et la confirmation que je ne l’étais pas ont été très dur car j’ai beaucoup pensé à mon avenir. Courage à toi et courage à vous toutes. Je suis de tout coeur avec vous.

  • tu as trouvé les mots pour le dire, ce que je n’ai jamais réussi à faire… merci pour ce témoignage.. J’avais quelques années de plus que toi, on pouvait même dire qu’on avait tout pour que ça marche … sauf que la situation s’est imposée à nous. On a beaucoup réfléchi chacun avec notre histoire avant de prendre la décision…. à deux .. enfin j’espère… d’écouter nos doutes et de ne pas jouer avec l’avenir d’un enfant …
    Comme souvent, la douleur s’estompe avec le temps, seul le souvenir reste présent. J’imagines de temps en temps, j’y penses en croisant des poussettes dans la rue … Je suis, avec le recul, certaine d’avoir fait le bon choix … mais ça n’a jamais empêcher les larmes de couler …

  • femmeetfieredeletre

    Je n’ai pas vécu cette situation. Mais je pense à ce que l’on peux ressentir dans cette situation, meme si je ne peux, que l’imaginer.. Tu es courageuse d’avoir raconté ton histoire, j’en ai encore les larmes aux yeux…
    Courage à toi pour surmonter tout ça… Gros bisous

  • Merci.
    Ce que tu as vécu résonne avec mon histoire … moi je suis de “l’autre côté” : je suis née sous X. j’ai appris que c’était dans une clinique qui pratiquait des avortements clandestins, et si c’étai trop tard les bébés naissaient et étaient abandonnés.
    j’ai toujours eu le sentiment d’étre une “survivante”, et j’ai une certitude : je ne sais pas ce que j’aurais fait à la place de ma mère. à l’époque la société était très dure pour les “filles-mères”.
    j’ai aujourd’hui 3 enfants, et je ne sais vraiment pas quelle serait ma décision en cas de 4e grossesse. je ne veux pas être confrontée à ce choix – mais je sais que ce serait celui d’un couple, pas le mien seul.
    Je t’embrasse bien tendement, encore merci de ton témoignage.

  • C’est vraiment triste ton histoire soleil d’hiver :( C’est bien que tu ai réussi à surmonter ton passé et à avoir des enfants que tu aimes :) Bisous à tes bouts de choux ;)

  • Cela pose vraiment la question du choix à un moment où le temps est justement compté et la tête tout chamboulée. Je suis très émue par ces mots si douloureux et si vrai. Ca remue… Bises et vraiment merci pour ce témoignagne.

  • Je suis totalement d’accord avec tout ce qui a ete dit, ce temoignage est bouleversant et tres courageux de ta part girlizounette… J’ai vecu un avortement aussi, cela remonte a seulement 2 mois et demi. Bien qu’ayant vecu ca moi aussi, l’experience a ete toute differente, et vraiment cela m’a fait mal au coeur en lisant toutes les souffrances que tu a du traverser. Moi le choix ne m’a pas ete impose, j’ai 22ans, j’ai decidee seule et je n’ai aucun regret… Mais ca a ete un dur moment a passer, surtout quand on vit dans un pays etranger, qu’on ne parle pas la meme langue que son docteur, et que l’on ne peut en parler a personne… pas meme a son cheri parce que ce bebe n’est pas de lui. J’ai fait une connerie mais j’ai pris mes responsabilites jusqu’au bout.
    C’est une experience douleureuse que je ne souhaite a personne mais moi elle m’a fait grandir.

  • Cc, tu as eu trop de courage, pour avorter mais aussi pour le raconter.
    Moi j’en parle pas mal avec ma mère, de ce que je pourrais faire “en cas de…” et elle ma dit que ce serais gâcher ma vie, gâcher mes études, gâcher mon histoire avec lui, gâcher les relations avec mon père, mais que quoi que j’en convienne, elle suivras mon choix n’importe lequel seras t-il.
    Mais bon je sais qu’au fond de moi je n’aurais jamais le courage d’avorter.
    Mais je te respect pour ce que tu as fait. :) Bonne continuatiion. Bisous

  • Magnifique témoignage girlizounette, très poignant. J’espère que cela t’a fait du bien de mettre tout ça en mots, et que cela t’a allégé ne serait-ce qu’un peu de cet immense poids que tu portes…
    Je n’ai jamais vécu cette expérience, mais ayant une petite princesse il y a 18 mois, je peux imaginer la douleur que cela a été pour toi de ne pas avoir eu ce bébé. On s’attache tellement vite au petit être qui grandit dans notre ventre.
    Bon courage à toi :x

  • girlizounette, c’est très émouvant, tu es la maman d’un petit ange, et j’espère qu’il veille bien sur toi…

    J’espère que tu seras vite maman d’un enfant que tu pourras enfin tenir dans tes bras…

    Plein de courage…

    Moushette (maman adoptive de deux enfants nés en Inde)

  • Girlzounette, j’ai lu ton texte en diagonale car c’est un peu lourd tout ça… Si j’ai bien compris, tu as avorté deux fois ? Ta description de la salle d’attente avec des jeunes filles au ventre déjà rond me bouleverse vraiment. On voit comment toi, mineure, tu as été manipulée en ayant conscience de l’horreur de cette manipulation.
    Ceci dit, sans vouloir juger qui que ce soit, j’ai du mal à comprendre comment une mère peut infliger ça à sa fille, mais bon, je n’ai qu’un fils et il a 7 ans ; je ne peux certainement pas tout comprendre de ce genre de situation.
    Fais attention à toi maintenant. Car je doute que ce genre d’expérience fasse grandir comme je l’ai lu dans un comm. Je pense au contraire que cela crée une blessure qui ne cicatrise jamais.

  • J’ai écrit ce texte il y a quelques années… je te l’offre aujourd’hui juste pour te dire que l’on n’oublie jamais.

    Courage… on finit par vivre avec ça malgré tout. J’espère au moins que tu pourras en avoir d’autre, il le faut pour toi, pour ta vie et pour lui…

    A toi que j’ai tué…

    Que serais-tu devenu
    Toi dont je tais le nom
    Si étant attendu
    Je n’avais pas dit non

    Tu as, quelques semaines
    Vécu au fond de moi
    Mais dans notre domaine
    De place tu n’avais pas

    Depuis quatorze années
    Quand vient le mois d’avril
    Je souffre d’avoir osé
    De toi couper le fil !

    Le 11/03/02

  • Je reviens vers ton texte, il m’a fallu interrompre ma lecture, trop de douloureux souvenirs sont remontés en quelques unes de tes lignes.
    Je goûte chaques jours, chaques intants que je passe avec mes enfants avec déléctation, car au fond de mon coeur je sais qu’il m’en manque deux…

  • 17 ans c’est jeune, je suis bien d’accord. En même temps, moi j’en ai 18 et je suis avec mon copain depuis 3 ans et demi. Quand j’avais 17 ans, j’ai cru deux ou trois fois être tombée enceinte. J’avais pris mes précautions mais… Un doute. En fait il n’en était rien mais à chaque fois, je regardais le résultat négatif en étant partagée avec le soulagement (j’avais et j’ai encore pleins de projets pour mes études et mon copain est le seul à travailler…) et la déception parce que, bien que jeune, j’ai toujours eu un grand désir d’être maman… Mais je sais qu’en attendant ce n’est pas plus mal, parce que si je tombe enceinte, je ne pense pas être capable d’avorter… En fait je crois qu’à chaque fois que j’observais un changement en moi (seins qui grossissent, prise de poids, quelques nausées…) je me précipitais chercher un test en ayant un espoir au fond de moi… Pourtant je ne fais rien pour etre enceinte parce que je suis lucide…
    Ce que tu as vécu est, j’imagine, extremement difficile. Moi non plus, comme beaucoup de filles l’ont fait remarquer, je ne peux pas comprendre ta détresse, mais je peux envisager, seulement envisager, la douleur que tu as pu ressentir… je te souhaite beaucoup beaucoup de bonheur dans ta vie de femme et, j’espère, de future maman.

  • C’est choquant d’apprendre que le premier avortement a rate. Comme tu le dis toi meme a 5 mois c’est quand meme pas pareil…
    Quand c’est juste l’idee d’etre enceinte, peu de sensation et avoir une vie devant soi a reflechir c’est une chose.
    Mais si tu sens cette petite vie, que tu te dis que si l’avortement a rate c’est qu’il y avait peut etre une raison et que finalement tu es oblige de faire un choix reel pour quelque chose qui est maintenant tangible…

    Aux USA il y a plein de groupes contre l’avortement, ca m’enerve souvent car la liberte de choix en tant qu femme est pour moi important, mais en te lisant je me dis que leur programme qui incitent a aider les trop jeunes maman durant la grossesse et aide a l’adoption c’est aussi une bonne chose.

  • comme toutes les autres ..merci pour ton article qui est boulersant de souffrance et d’amour …

  • Wouah, bravo pour ton courage…d’avoir traversé ça à 17 ans et “seule” si je puis dire…d’avoir trouvé les mots justes pour en parler…
    Je n’ai pas vécu cette situation et je dis toujours que c’est quelque chose que je ne veux pas expérimenter…pas que je me crois au dessus de toute erreur…seulement parce que je sais que je n’en aurai pas la force…

  • Nos choix sont considérés comme étant personnels à une condition: qu’ils n’engagent que nous même; dans ce cas tu n’es pas la seule impliquée, il faut alors agir suivant les dires de chaque personne qui puisse avoir une implication directe dans cette situation. Un conseil de part mon expérience similaire bien qu’elle n’est pas été vécue de la même façon; tourner une page pour en entamer une nouvelle, malgré la dureté de la tâche. C’est une réflexion totalement banale mais véridique. Essayer de positiver, de regarder de l’avant pour avancer.

    Ceci étant dit je te souhaite beaucoup de courage, une chose est sure tu feras de ton enfant un être comblé d’amour. Pour finir, je te souhaite beaucoup de bonheur…

  • Texte super dur mais émouvent à la fois. Je te comprends car il m’est arrivé la même chose. A l’âge de 16, je suis tombée enceinte. Mon copain, qui est mon mari aujourd’hui, voulait ce bébé. Moi, j’étais tellement perturbée que je ne savais plus quoi. Après avoir mis mes parents au courant, ils m’ont dit qu’avorter serait la meilleure solution. Je crois qu’ils m’y ont un peu forcé aussi. J’ai eu beaucoup de mal à me remettre de cet acte qui fait mal au corps et au coeur. Aujourd’hui, j’ai 20 ans et 2 petits bouts (2ans1/2 et 8 mois) et je suis super heureuse. Je les aime à la folie. Mais le 4 mars de chaque année, date de mon avortement, je retourne dans le tiroir chercher ma seule et unique écho de ce bébé qui n’a jamais vu le jour. Je me sens si coupable maisce qui est fait est fait. On oublie pas, on vit avec. Et petit à petit, on tourne la page en essayant de passer à autre chose. Mais jamais cela ne disparait de la mémoire.

  • J’aurais voulu te répondre en privé mais je ne sais pas comment on fait pour envoyer des messages privés ici donc je vais résumer.
    Moi aussi je me suis faite avorter, à 19 ans, et si au départ ça me paraissait être la meilleure solution, j’ai changé d’avis après avoir rencontré l’obstétricien chargé de la besogne… je n’ai pas envie de détailler ici mais ma mère m’a enfoncée et le père potentiel m’a complètement lâché sur ce coup là. j’ai fini par céder au bout de trois jours de cris et de pleurs.
    J’ai eu un enfant l’année d’après, par “accident”. Et un second 7 ans plus tard. Et pourtant, j’y pense toujours. Ton témoignage m’a profondément touchée… Cette colère qu’on a envers ceux qui nous ont imposé leur choix et la culpabilité de les avoir laissé faire ne se digèrent pas…

    Ma mère s’est excusée depuis, j’ai réussi à lui pardonner. je n’arrive pas encore à me pardonner.
    J’espère que ta mère en fera autant, il est difficile de pardonner à quelqu’un qui ne s’excuse pas. Et sans pardon, il est encore plus difficile de faire son deuil.

  • Le rôle d’une mère n’est pas facile dans ce cas là.
    Je pense que je n’oublierai jamais les “maux” échangés avec ma mère… il y a 19 ans.
    J’ai gagné la lutte à l’époque avec l’aide de l’échographiste qui a menti en me voyant pleurer.

    Il y a peu ma fille de 19 ans, oui, elle, m’a annoncé qu’elle était enceinte.

    Je lui ai dis que qu’elle que soit sa décision ce serait la bonne, mais je n’ai pu m’empecher de lui conseiller encore et encore qu’il valait mieux attendre.

    Je sais qu’elle a fait un choix raisonnable en ne gardant pas cet enfant, mais je sais qu’elle est déchirée.

    Je ne trouve pas les mots pour lui dire que je sais, que je comprends, que je voudrais que tout soit autrement.

    Mais il n’y a pas de mots.

    Juste pour vous dire que parfois les mères sont aussi perdues que leurs filles, qu’elles croient bien faire, qu’elles font de travers, qu’elles blessent et meurtrissent…

    Même si je dis ça, j’en voudrai toujours à ma mère.

  • Bonsoir ^^

    J’ai subi une IVG le vendredi 21septembre….
    Lire ton texte m’a fait énormément pleurer….on a pas vécu la même chose cependant j’ai aussi mis un article sur mon histoire, je n’y décris pas vraiment l’ivg, mais toute mon histoire amoureuse…

    En fait nous n’avons pas du tout eu la même histoire…ma mère “Miss Yoko” m’a épaulée comme elle pu…mon copain aussi à sa manière…

    Mais je souffre quand même de cette expérience, de m’être laissée faire par la vie…

    Mais pour toi comme pour moi on avait pas de solution…pas de bon choix à faire, nous devions choisir entre un mauvais choix et un autre mauvais choix….j’ai eu la chance de pouvoir faire ce choix, mais je m’en porte pas mieux pour autant car maintenant je m’en veux de l’avoir fait…on aura beau me répeté que j’ai fais le “bon” choix, je ne suis pas forcément plus heureuse…

    C’est un peu confu désolée, j’ai l’impression de pouvoir te comprendre mais quelque part, comme je l’ai déjà notre histoire est totalement différente…

  • Quand je parle à mes amies, ou quand je vous lis ici, je me rends compte de l’ampleur du phénomène… d’abord nous sommes trop nombreuses à avoir subi un avortement, ce qui me semble dingue vu les méthodes de contraception actuelles, ensuite parce que le traumatisme est toujours là malgré le temps qui passe!

    @Stitch, comme tu le dis si bien, il n’y a pas de “bon choix” en la matière… c’est un coup de la vie et il faut savoir faire avec. Ta douleur sera toujours là, comme celle de ta mère d’ailleurs. La mienne m’en a reparlé récemment et pourtant ça fait 7 ans… elle a cru faire ce qui était bon pour moi, comme toute mère qui se respecte. Je ne lui en veux pas, j’avais ton âge aussi quand je me suis faite avorter et je refuse de reporter la faute sur quelqu’un d’autre que moi. Un jour peut-être j’arriverais à me défaire de cette culpabilité, d’autant que si je l’avais gardé, ma vie n’aurait pas été la même et j’aime ma vie telle qu’elle est, j’aime les enfants qu’elle a bien voulu me donner malgré tout. bref, je me dis que c’était mon destin…

    N’hésite pas à en parler surtout, c’est la seule solution pour exorciser!

  • Bon alors tout d’abord, je ne pensais pas que cet article parlerai a beaucoup de gens. C’est le genre de choses que l’on garde pour soi, et donc on ne se rends pas vraiment compte a quel point beaucoup d’autres on vecu ca.
    Pour clarifier certaines choses, je n’en veux pas a ma mere, je peux comprendre que pour elle aussi, cela n’a pas du etre facile.
    Ensuite, oui, le premier avortement a rate, ce qui est extremement rare (sur le net, ils disent 0,001%), c’etait ma chance quoi. Et apres normalement, il y a une echographie pour verifier que tout est normal, que je n’ai pas faite, car j’etais a l’etranger tout l’ete.
    Donc oui, ce n’est ma faute et que ma faute. J’aurais du utiliser une protection, j’aurais du faire l’echo. Je ne blame personne, et surtout pas ma maman que j’aime enormement ;)

  • Excuse moi mais je n’ai pas lu tout les commentaires…
    Il y en a qui ont osé dire que c’était ta faute?!

    Je suis choquée! La protection tu l’as prenait! La pilule contraceptive en est une? Combien de personne en plus de la pilule utilise le préservatif vraiment?! J’en connais très très peu à partir du moment où on peut avoir confiance en l’homme qu’on aime et qu’on prends la pilule ce n’est pas dramatique, à la base la capote protège des mst et du SIDA!!!
    Et quand bien même tu t’étais aussi servie de la capote elle n’est pas fiable à 100%

    Je me suis sérieusement entretenue là dessus avec la psy du planning familiale à l’heure actuelle AUCUN contraceptif n’est fiable à 100%!Vous pouvez même tomber enceinte avec un sterilet!

    Tu n’es absolument pas fautive :(, ça me désole que tu ressente ça!Et ça m’énerve aussi!…

    Pour l’écho même si tu avais été en possibilité de la faire j’aurais pu comprendre que tu n’ailles pas la faire, pour moi ça a été difficile de voir qu’il n’était plus là….je n’ai réalisé qu’à ce moment là…

    Et c’est totalement normal d’en vouloir même à la personne qu’on aime le plus de nous avoir forcée à vivre une telle chose!

    Personnellemet, j’aime énormément mon copain alors que lui m’a quittée et ne m’aime plus, je lui en veux de tout ça mais je l’aime quand même! Et c’est NORMAL!

    Tu n’es aucunement fautive!

  • J’ai eu mon dernier bébé alors que je prenais la pilule alors oui, ça arrive!

    Et j’utilisais des préservatifs quand j’ai dû me faire avorter à 19 ans. Et quand j’ai fait une fausse couche à 16. Je n’ai d’ailleurs jamais fait d’écho, ni pour l’un ni pour l’autre… pas eu la force.

    Alors je confirme, aucune protection n’est fiable et c’est dramatique parce que ce sont les femmes qui en payent le prix. Et qui culpabilisent après. Je suis bien certaine que les “pères” passent rapidement sur cet épisode de leur vie tandis que nous traînons nos “fautes” toute notre vie… c’est comme ça.

    Contrairement à toi Stitch, je ne lui ai jamais pardonné à cet homme et bien que nous ayons eu un autre enfant ensemble, nous nous sommes séparées en partie à cause de cette confiance que j’avais perdu… et de mon incapacité à communiquer. Aujourd’hui, je ne lui en veux plus mais c’est trop tard.

  • Je n’ai jamais dis que je l’ai pardonné….j’ai surtout précisé qu’il était humain d’en vouloir ce genre de chose à la personne qu’on aime…

  • Oui, en fait je voulais dire “contrairement à toi” parce que moi, je lui en ai voulu au point de ne plus l’aimer. C’est à dire qu’après coup, j’ai rompu et qu’au bout de quelques semaines, il a fini par me reconquérir car j’avais encore des sentiments forts pour lui (c’était mon premier vrai amour) mais inconsciemment, la douleur et la rancoeur était toujours là, elle a sali notre histoire. Bon il y avait d’autres choses qui faisaient que ça n’aurait pas marché entre nous sur le long terme mais je crois vraiment que c’est ça qui a compté dans mon “désamour”.

  • ton témoignage me parle énormément
    merci de mettre des mots sur ce tabou gigantesque, souvent insurmontable et destructeur pour des tas de femmes
    je me sens moins seule

  • je suis boulversée à la lecture de cet article.

    La vie m’a épargné de devoir passer par ces moments mais j’aurais pu.. je suis devenue enceinte sous pilule (sans oubli…) et puis j’ai perdu ce bébé.

    Je me suis alors rappelée ces lignes lues dans “la cause des enfants” disant que les enfants choisissaient de s’incarner.

    J’ai extrapolé en me disant que cet être reviendrait, et elle est revenue.. elle a 17 mois aujourd’hui.

    Ton enfant s’est vraiment accroché et seule la volonté acharnée des autres a pu le faire quitter ton corps. Alors même si ça semble un peu lèger comme espoir, dis toi que peut-être, il reviendra à nouveau quand viendra le moment, que vous êtes prédestinés l’un à l’autre…

    En tous cas, quel que soit l’âme qui choisira de s’incarner, elle trouvera en toi une consoeur de grande sensibilité et d’amour

  • Je pleure. Je te lis et je pleure.
    Je pleure tellement que je n’arrive plus à réfléchir.
    Tu as vécu un truc que j’ai failli vivre, et pourtant je n’avais pas 17 ans, j’en avais 31, j’avais une situation comme on dit, mon copain voulait soit-disant un BB mais m’a fait un forcing pas croyable pour que j’avorte… J’ai vu le psy, j’ai visité la salle, le médecin m’a expliqué l’”intervention”, j’ai pleuré, tellement pleuré… mais je l’ai gardé. C’était ma décision. Je ne sais pas si j’aurais supporté. Je ne sais pas si j’aurais été aussi forte que toi. Moi aussi on m’a posé la question. J’ai mis du temps à répondre. Et la réponse a été “je le ferai à mon corps défendant”. J’ai eu la chance de tomber sur un médecin intelligent: “Pour moi, madame, ça veut dire non.”
    Je pleure. Je crois que te lire me permet de faire sortir tout ce que j’ai gardé en moi car malgré tout, il n’y avait personne pour m’aider ou m’écouter.
    Je pleure et je pense à toi, ce par quoi tu es passée.
    Je pleure et je te remercie pour ton témoignage.
    Je pleure, et je me dis que malgré tout, je ne pourrai jamais pardonner vraiment à l’homme que j’aimais d’avoir tenté de me manipuler pour que j’avorte. Surtout qu’il n’avait pas 17 ans lui non plus…
    Enfin, je ne pensais pas que ton message me toucherait tant… Comme quoi la blessure n’est pas cicatrisée…
    Merci et je te souhaite plein de bonheurs dans ta vie!!

  • Personne ne sort indemne d’un avortement même celles qui prétendent qu’elles désiraient se faire avorter et qu’elles sont soulagés.

  • @sircant> euh… Ne parlons pas pour tout le monde. Je n’ai pas aimé avorter. mais j’en suis ( et je remercie tous les jours … la chance? la providence? le responsable de ceci!) sortie indemne, moralement! J’ai conscience que c’est pas le cas de chacune d’entre celles qui doivent passer par là, et ça me désole…
    Mais il en existe ( et au delà de moi, j’en connais d’autres) qui s’en sortent bien.
    Tout dépend de ce qu’on apelle indemne, évidemment.

  • Je suis navrée. ton msg est si bouleversant, j’en ai eu les larmes aux yeux, la gorge nouée… Ta démarche est admirable car tu en parles et d’autres peuvent se sentir alors moins seules et à la fois tu dénoues un tabou… A travers ce commentaire, je te témoigne toute ma compassion et mon soutien…

  • Je suis maman depuis quelque mois et je sais qu’à 5 mois de grossesse, le fait d’être obligée d’avorter m’aurait été insupportable. Mon enfant bougeait en moi, c’etait un petit être déjà très évolué et 4 semaines plus tard il était viable, c’est pour dire.

  • @ Mlle Lune : merci beaucoup ! Ca prends du temps d’en parler, mais je crois que c’est effectivement essentiel pour que certaines personnes arretent de voir les filles qui avortent comme des sans coeurs qui n’ont aucun respect de la vie.
    @Rouflakette : Comme je te comprends, vraiment. Moi même je ressasse souvent le “et si je l’avais découvert 2 semaines plus tard?”. Bisous à ton bout de chou ;)

  • je n’en reviens pas d’écrire ça mais ta famille même si elle a cru bien faire (j’insiste, elle a cru bien faire) aurait du te laisser cet enfant que tu voulais.
    C’est idiot d’écrire ça, ça ne sert à rien mais elle aurait du au moins te laisser le choix et pas t’envoyer te faire avorter en espagne.
    D’autant que tu avais 17 ans, pas 13.
    Je pense que si pareil drame arrivait à ma fille, si elle ne voulait vraiment pas, je la laisserai garder l’enfant pour ne pas la faire souffrir encore plus. Et on l’aiderait bien sur !!!
    Mais je e condamne pas ta mère pour autant, elle pensait à toi et à ton avenir.
    Essaie de lui en parler un jour. Essaie vraiment.

  • @guirlizounette : après la grande bataille qui a eu lieu autour d’un certain article mis en vedette à la “une”, je suis juste venue voir qui tu étais… ce que tu avais vécu, j’ai cru comprendre que tu avais été profondément “secouée” par la vie. Là, je comprends pourquoi. Moi, mes deux “anges” comme le dit un très beau commentaire, je leur ai donné (ils me l’ont dit dans mes rêves) un nom : le premier c’était Jonaz, il m’expliquait pourquoi il ne pouvait pas venir au monde… (le ventre de la baleine, c’était le mien, c’était son épreuve, celle que son âme devait traverser, et c’est moi qui ai décidé de le faire repartir… car son père ne voulait pas de lui, ne voulait pas de nous), la deuxième, je l’ai vue aussi dans un rêve : elle m’a dit s’appeler Lucie (d’où mon pseudo!), et c’est elle qui a décidé de ne pas rester… Je te souhaite d’avoir de très beaux bébés, bientôt!!!

  • je n’étais pas souhaitée comme ton bébé ma mère voulait avorter et comme toi la première fois ça n’as pas marché et quand on lui a proposé un autre essai elle a gueuler tellement fort qu’elle ne pourrait jamais tuée son enfant que tous le monde la fermer et n’a pas tenter l’en dissuader je hais ma grand mère car elle a mit ma mère a la porte et maintenant elle se la joue toute gentille avec moi (alors qu’elle me détestait avant même être venue au monde) aujourd’hui j’ai 15 ans et je ne voudrait pour rien au monde vivre ce que toi et ma mère vous avez pu endurer et la pire chose que je te souhaite c’est d’être heureuse et

  • le “et” a la fin c’est une faute de frappe pardon

  • c’est drôle… que ce soit en cette nuit de clonage généralisé… que nos avatars ne fassent plus qu’un… LUCIE te salue…

  • je viens de vivre la même chose, je viens d’avorter par médicament donc j’ai fait une fausse couche et pisse le sang depuis 3 semaines , ton témoignage est poignant et m’a bcp touché .Actuellement je suis à un stade ou j’évite les femmes enceintes, les gosses ça n’est pas de la jalousie mais juste que ça me fait penser à mon bébé qui à fini au fond d’une cuvette à chiotte , les médecins m’ont pris l’échographie, ils n’ont pas voulu que je la garde , je suis suivi par une psychothérapeute qui m’emmerde sérieusement et qui m’apporte rien et ma mère est un peu maladroite également elle m’en reparle souvent . Pour te dire , quand les jumeaux d’angelina jolie sont nés elle m’en a parlé pdt des heures . je pense que c’est qqchose que je n’oublierai jamais de ma vie qui m’a vraiment marqué même quad j’aurais des gosses j’y repenserai , globalement je “digère bien”, je sors , je m’amuse , la terre continue de tourner . par contre ce que je ne comprend pas c’est qu’apparemment tu as avorté par médicament mais moi les gynécos m’ont fait une échographie de contrôle pour voir si tout était parti , je ne comprend pas pourquoi ils ne te l’ont pas fait . Maintenant ce qui me fait peur c’est que ds 7 mois, je vais avoir des montées de lait .

  • @ Xena: Non je n’ai pas fait une IVG par médicaments car les délais sont très courts, j’ai donc une IVG “classique” par aspiration je crois, je n’ai jamais vraiment cherché à savoir.
    Et oui, il y a normalement une écho de contrôle 2 semaines après il me semble, que je n’ai pas faite car je me trouvais à l’étranger, et puis il je ne savais même pas qu’un avortement pouvait rater, enfin bref, je ne m’étais pas focalisé plus que ça sur l’écho de contrôle, j’avoue que je cherchais juste à reprendre une vie normale et à ne plus y penser.

    En tout cas, bonne chance à toi. Je te mentirais si je te disais que ça ne sera pas dur de s’en remettre, mais on s’en remet, surtout si tu as eu une IVG par médicaments, c’est que tu l’as fait très tôt dans la grossesse, et malgré tout, cela limitera surement les “dégâts” psychologiques associés. Je sais trop bien que comme toi, il y aura de toute façon ces choses qu’on a entendues ou vues qu’on oubliera jamais, mais tu finiras par y penser de moins en moins.

  • bon, ben vu que je viens de tirer “mon plus beau chapeau” à Sand pour son dernier post, il me faut vite aller en acheter un autre pour te rendre la pareille.

    fiou!
    je ne sais qu’elle peut être la proportion réelle de femmes ayant dû avorter, mais tu vois, je viens de passer 41 ans et demi – et depuis que j’ai moi-même avorté (mais APRES une première grossesse menée à terme), les “demis” ça compte. comme quand j’étais gosse.

    parce qu’il y aura toujours pour moi, un milieu d’année qui signifiera la perte de ce bébé. oh, ça! mon mari et moi l’avions décidé de concert ; c’était trop tôt après la première. mais l’arrivée de la seconde n’a rien changé pour moi, je compte les mois sur le bout des doigts.

    mille bravos pour cette note riches en détails intenses, qui ne manqueront pas d’être utiles à toutes nos soeurs pour qui la question entre soudain dans la balance.

    kichiou, ma Belle.

  • j’étais à un mois de grossesse mais le pb c’est que par médicament tu vois tout ce qui tombe dans les toilettes et c’est horrible , en fait je me suis dit que plus je le faisais tot et moins je souffrirais , bon je souffre quand même d’autant que j’ai 22 ans, l’âge d’avoir des enfants mais bon garder un enfant d’un mec que tu peux pas blairé c’est dur .c’est vrai qu’avorté aussi tard ça doit être trop dur .

  • des torrents de larmes

  • ma meilleure amie s’est fait avorter. Je continue à penser qu’elle a eu tort. Je le penserai certainement jusqu’à la fin de ma vie.

  • et elle ? qu’en pense-t-elle ? (et sait-elle pour l’instant ce qu’elle en pense ?)

  • Cet article est boulversant, comme tous les commentaires qu’il a soulevés. Je n’ai pas vécu cette douloureuse expérience, mais je me pose quand même un question : que ressentent les hommes, les potentiels papas? Certes, cela ne se passe pas dans leur corps, mais se rendent-ils compte que c’était aussi leur enfant à eux?

  • certains ne s’en rendent pas compte. ou peut-être pas tout de suite. je veux continuer de croire qu’ils peuvent prendre conscience, vraiment, même longtemps après, même s’ils n’en veulent pas.
    un ami a accompagné l’une de ses amantes avorter, juste avant que je ne lui dise que j’étais enceinte. il m’a dit : “c’est la dernière fois que je fais ça.” il était bouleversé. et ce bouleversement il ne l’a découvert qu’au travers du bouleversement de son amante (qui avait pourtant décidé d’avorter). il m’a dit “n’avorte que si tu n’as aucune hésitation. si tu hésites, garde le.” ce n’étais pas un jugement ou un ordre, juste un conseil d’ami blessé au plus profond. j’étais choquée par ses mots auxquels je ne m’attendais pas.

  • Je rejoins tous les commentaires précédents… j’ai eu la chair de poule en lisant ton article, et même si du temps à passer, cela doit être dur pour toi d’en parler… Il n’y a que la place pour les regrets.
    Je n’ai pas vécu de situation semblable, mais je pense que si cela devait m’arriver, je ne le dirais pas. Pour éviter qu’on choisisse pour moi.
    Bon courage pour la suite, à toi et à toutes les autres, j’espère qu’un jour tu pourras regarder à nouveau les nouveaux-nés sans trop de peine, et peut-être en avoir un…
    J’ai quand même une question, tu n’en as jamais voulu à ta mère ou ton copain ?

  • Qu’ajouter de plus aux commentaires déjà écrit.
    Ca fait chialer, bravo pour ta plume, bravo pour ton courage.

  • Je n’ai pas 17 ans mais 20 de plus, 2 enfants plus un troisième que je viens de jeter à la poubelle il y a même pas 4 semaines. 20 minutes d’intervention et tout le reste de ma vie pour me pardonner et même en vivant 2 siècles, je sais que je n’y parviendrais jamais.
    Mon quotidien est fait de larmes, rage, culpabilité et honte et surtout de regrets
    Je sais que juin va être dur, la joie de l’été et des beaux jours pour les autres, la douleur d’un accouchement qui n’aura jamais lieu pour moi

  • Je crois que nous pleurons toutes… même si on sela joue “nouvelle femme égalité des sexe”, la biologie nosu pousse a aaimer deja ces petites choses…
    je pense fort à toi , et te soutiens

  • Courage, ma soeur la femelle. Même si mon idéologie refuse ce que tu as fait, tu as tout mon soutien et je suis sûre que tu as fait la meilleure des choses.

  • tu vois il est difficile pour moi d’avoir un enfant mais je ne te juge pas et je pense même que si j avais été dans ton cas j’aurai certainement fait la même chose avec aussi les même remords…

    J admire ton courage d avoir oser en parler et je te soutiens dans ta quête de paix interieur…

    félicitations pour ta plume et avoir si bien pu nous transmettre ton ressenti…

    Encore courage!

  • Je ne suis pas une grande défenderesse de l’avortement donc j’ai hésité à laisser un commentaire…mais ton texte m’a énormément touchée. Je ne peux que louer le courage qu’il t’as fallu pour le vivre, pour l’écrire et partager ce douloureux épisode de ta vie. Je suppose que le temps peut guérir certaines choses…j’espère que cette blessure n’est plus aussi vive et que tu as su te pardonner!

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