Humeurs

Leçon de tendance: le it bag

Dans la série “Leçons de tendance”, j’ai envie de te parler d’un sujet incontournable. Le sac à main. Attends, pardon, pas le sac à main. ça c’est pour les filles complètement pas tendance justement. Non, quand t’es une femme de staïle, t’as pas un sac t’as un “it bag”.

Leçon de tendance: le it bagEt ton it bag, il faut qu’il t’ait coûté un bras sinon deux. Ou alors que tu l’aies déniché dans une petite boutique du 6ème arrondissement qui travaille le cuir de kangourou en toute confidentialité et qui pour l’instant comme elle est pas connue vend encore des it bags à moins de 3000 euros. Ben oui je te rappelle que le cuir c’est bien plus cher que le pétrole de nos jours.

Donc bref, le it bag, c’est plus qu’un accessoire, c’est le prolongement de toi-même. Alors si t’en es restée au bon vieux sac acheté chez un vulgaire maroquinier genre qui te plaît à mort parce qu’il est pratique, tu vas direct jeter le prolongement de toi-même dans la Seine. Parce qu’un sac tendance – traduction approximative du it bag – ça peut avoir un certain nombre de qualités mais ça ne doit SURTOUT pas être pratique.

Exemple ? Le top de la hipness du moment, c’est la pochette. Mais attention hein. Pas forcément la petite. Non non, t’as le droit d’en avoir une bien grande pour y mettre tout ton bordel. Ce qui n’est pas une si bonne nouvelle. Parce que tenir d’une seule mimine une pochette qui contient ce que tu mettais avant dans un sac de 50 mètres cube c’est pire qu’une épreuve de Koh-Lanta. Bon, tu fais ce que tu veux en même temps.

Moi perso, je ne cède pas au diktat de la pochette parce que je veux bien un sac pas pratique du genre que l’anse il lui manque un centimètre pour rester calée sur ton épaule et que du coup elle glisse toutes les douze secondes, mais la pochette quand t’as deux enfants, c’est juste pas possible vu que t’as que deux mains. Et que tu peux crever pour que l’un de tes deux mouflets renonce au challenge consistant à être celui qui aura justement la main qui te reste dans la sienne. En plus, je ne sais pas toi mais moi déjà à la base je suis du genre à oublier mon sac. D’où quand même l’intérêt d’une poignée voire d’une bandoulière que tu peux enrouler à ton poignet et qui se rappelle à toi quand tu te lèves parce que tu es arrivée à ta station.

Il n’empêche que si t’as pas de pochette en ce moment c’est un peu comme si tu ignorais que la low boot était devenue aussi basique que le beurre dans ton frigo.

Bon, je te rassure, il y a des alternatives. La première c’est donc le it bag siglé d’un couturier qui peut facile te coûter une mensualité de cet appartement que tu ne t’achèteras jamais, tu vois ? En général, il porte un nom qui est souvent un chiffre et je sais que ça a l’air dingue mais quand t’en as un c’est comme si d’un coup tu étais devenue genre franc-maçon. Les gens te respectent, quoi parce que tu fais partie des filles qui en ont. Je rigole pas, il y a deux ans l’homme m’a offert un it bag, le Lune de Vanessa Bruno. Tu me crois ou pas, les premiers temps on m’arrêtait dans la rue ou les magasins pour me féliciter. Un peu comme pour un nouveau-né. Bon après, ça s’est arrêté parce que mon Lune il s’est usé et qu’avec la grosse tache de stylo qui avait coulé, il n’était plus trop staïle.

L’autre alternative, ben… en fait y’en a pas.

Si, en somme, c’est de décider que tu t’en bats la moule d’avoir un it bag à 200 000 euros surtout que de toute façon, ton sac, ça finit toujours par être Pearl Harbor à l’intérieur. A croire qu’il y a un farfadet qui s’y planque et qui en ton absence prend un malin plaisir à te jouer des tours trop drôles du genre à sortir ton Tampax de son emballage puis à en nouer la ficelle avec le fil du casque de ton lecteur MP3. Ou à planquer ta carte orange dans une cachette secrète que lui seul connaît et ça toujours au moment où les hommes en vert débarquent à douze dans le métro. Ne parlons pas des clés que tu ranges toujours consciencieusement dans la même petite poche pour pouvoir les trouver super facilement le soir quand tu rentres, les bras chargés de sacs de chez Picard qui te brûlent les doigts parce que putain les surgelés c’est froid. Clés qui ne sont JAMAIS dans la petite poche en question au moment où tu veux les récupérer. Et, preuve de la présence d’un esprit maléfique, s’avèrent être dans la poche de ton imperméable alors que tu es SÛRE que jamais tu ne les y avais mises. Bien sûr je ne m’étends pas sur le fait qu’avant de constater qu’elles étaient dans ta poche, tu as auparavant fini par poser par terre tes surgelés et méthodiquement vidé l’intégralité de ton sac sur le trottoir pour dénicher ces garces de clés.

Inutile également d’évoquer les innombrables trésors que tes adorables marmots se font une joie de te donner lors des balades au square et qui finissent de donner à ton sac sa spécificité: marrons, pierres extraordinaires, bouchons de bouteille, minuscules billes jaunes dont tu ne sais d’où elles proviennent mais que tu hais parce qu’elles disparaissent et que ton fils se roule par terre de rage quand tu lui avoues qu’elles se sont volatilisées, chewing-gums machés que chouchou – alias Nicolas Hulot junior – refuse que tu jettes parce qu’il a lu que ça POLLUAIT les trottoirs, Kleenex totalement usagés des DEUX côtés et qui finissent par se coller à ton agenda ou, cerise sur le sac à main, sucettes tant bien que mal remises dans leur emballage et qui copinent instantanément avec le tampax décalotté.

Bref, pour accueillir tout ce petit monde parallèle, crois-moi, point n’est besoin d’aller donner l’intégralité de ton codevi à un magnat du luxe.

En plus, parfois, il se produit des petits miracles et tu deviens sans même l’avoir cherché, une fashionista. Je t’explique. Avant de partir en vacances cet été, je me suis dit que pour le voyage, il serait judicieux d’acheter un genre de besace pleine de poches histoire pour une fois d’être bien organisée, avec les passeports des enfants d’un côté, les lingettes post-vomi de l’autre, les billets d’avion facilement localisables, de même que ceux du ferry, etc etc etc. Je suis donc allée à Monoprix et je me suis résignée à acheter un sac affreux en nylon rembourré qu’on aurait dit que c’est un anorak, m’a dit ma fille chérie. Plein de poches qui se sont avérées du reste absolument inutiles, sauf pour ce salaud de farfadet qui s’en est donné à coeur joie croyez-moi. Bref, à 29 euros en même temps, je ne pouvais pas espérer ressembler à une fille tendance.

Sauf que.

Sauf que le Elle de la semaine dernière l’écrit noir sur blanc. La seule alternative à la pochette cette année c’est le sac doudoune.

Putain.

J’ai un it bag les filles.

7 Responses to “Leçon de tendance: le it bag”

  • moi je dis, tu es before the tendance… assume avec zen-itude !

  • Tu me rassures je pensais qu’il n’y avait que ma fille pour dénicher des petites billes jaunes…

  • “c’est un peu comme si tu ignorais que la low boot était devenu aussi basique que le beurre de ton frigo.” Je suis ECROULEE de rire Caro !

  • Roh, j’aime bien te faire rire AnneSo ! Et Plum, non, rassures-toi, TOUS les gamins sont dingues de ces billes !!!

  • Isadel, t’as raison, c’est tout moi ça. Before the tendance… :-)

  • Pour compléter Pear Harbour, tu peux ajouter le téléphone portable qui sonne quand tu es dans la rue et que tu ne parviens jamais à retrouver avant que la messagerie ne se mette route. Depuis la rentrée, je me suis même transformée en sherpa à doudou car ma fille aînée veut absolument retrouver sa peluche quand je la récupère le soir – sinon elle se roule par terre en hurlant. Du coup, je trouve La Redoute éminemment plus qualifiée que La Prada…

  • Bon, alors moi j’ai un scoop: les petites billes jaunes, ben c’est des billes de..pistolet à billes! Eh oui.
    Et j’aime beaucoup, mais alors beaucoup ce que tu fais, mais en revanche, arrête donc de fouiller dans MON sac, PenséeDeRonde, c’est agaçant à la fin. (Si tu crois que j’ai pas reconnu la description de l’intérieur de mon sac à moi, tu te mets le doigt dans l’œil)

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