Persepolis

PersepolisHier, ayant miraculeusement réussi à caser nos deux adorables bambins dans de merveilleuses familles d’accueil – j’en profite pour vous renouveler mon conseil n° 22 de bonne mère indigne: apprenez très tôt à vos enfants à se faire tout plein d’amis de façon à ce que plus tard ils soient invités chez ces dernier – nous sommes allés au cinéma.

A ce propos, je ne sais pas comment ça se passe ailleurs,

mais à part les premiers mois où on avait toujours envie de voir les mêmes films- en fait on n’en avait pas vraiment envie mais comme on était dans l’euphorie du commencement de l’amour avec un grand A on se MENTAIT. Enfin, en vrai, JE mentais en prétendant adorer les films iraniens sous-titrés en russe ou les mangas japonais en V.O – maintenant on est rarement d’accord sur le choix du film.

Pour résumer, disons que moi j’ai tendance à choisir la facilité

et à considérer le cinéma comme un moment de détente où je mets mon cerveau en jachère – dire qu’il fut un temps où j’étais cinéphile, autant dire que ça c’est tout de même loin derrière moi. C’est horrible, si ça se trouve un jour je vais me réveiller et je serai de droite, ça serait bien ma veine tiens – et que l’homme, lui, prend le fait d’aller voir un film très au sérieux. En plus il trouve VRAIMENT que David Lynch est super accessible comme cinéaste. Et Bergman limite il est populaire, genre. Bon, pour résumer, l’homme adore de plus en plus les films chiants et moi je vois mon penchant pour les comédies romantiques à l’eau de rose empirer dangereusement. Je me demande si ce mariage n’est pas une monumentale erreur, maintenant que j’y pense.

Donc hier, pour la énième fois on a tenté de trouver un terrain d’entente,

pour une fois que la soirée cinoche ne nous coutait pas un bras, à savoir douze heures de baby-sitting, le resto, le film, le taxi. Autant vous dire que ça vous met une pression pas croyable quand le cinéma devient aussi cher qu’une semaine à Agadir, y’a pas trop intérêt à se taper un navet c’est moi qui vous le dit.

Bref, revenons en à nos moutons. L’homme voulait voir Persepolis : Un film d’animation en noir et blanc. Il voulait ma mort.

J’ai tenté de proposer Die Hard 4 – ouais j’aime AUSSI les films d’action qui transpirent la testostérone – mais ça n’a pas été très concluant. J’ai aussi suggéré Ocean 13 mais ça s’est trop vu que Georges n’était pas totalement étranger à ce choix. Bref, on a tortillé pendant toute la journée pour finir par décider d’aller voir… Persepolis.

Après ça, que je n’entende pas un seul mec dire qu’on arrive toujours à nos fins.

En plus je me suis pliée à ce choix avec une bonne volonté remarquable.

C’est tout juste si j’ai fait remarquer à quelques reprises – douze, pas plus – que je ne risquais pas de rentrer dans l’histoire rapport au fait que bon, un film d’animation en noir et blanc qui se passe en Iran, faut pas non plus trop m’en demander surtout que je suis en plein mariage-blues (j’en reparlerai peut-être mais oui, il faut l’avouer, je suis complètement nostalgique et si je m’écoutais j’irais travailler en robe de mariée, même pas honte).

Je dois admettre que l’homme a fait preuve d’une patience héroïque. A sa place je dois dire que je m’en serais collé une, bien avant le début du film.

Résultat: j’ai commencé à pleurer à la quatorzième minute environ

quand la petite Marjane dit adieu à son oncle révolutionnaire qui va mourir. Ensuite je n’ai pas cessé de m’identifier à cette femme libre et insolente qui balance à deux policiers des moeurs qui lui reprochent de courir en faisant remuer son postérieur: “et ben vous n’avez qu’à pas regarder mon CUL !”. Alors que tout de même elle risquerait la lapidation pour moins que ça.

Ah, pour rentrer dans l’histoire, je suis rentrée dans l’histoire.

A tel point que même dans le bus je pleurais encore. Entre deux sanglots j’ai quand même trouvé la force de reprocher à l’homme, d’être complètement passé à côté du sens profond de ce chef-d’oeuvre vu qu’il n’a pas versé une seule larme. Un vrai coeur de pierre.

Dire que si je n’avais pas insisté on n’y serait jamais allés.

Edit: Vous l’aurez compris, il faut courir voir Persepolis, c’est ce que j’ai vu de plus déchirant, drôle et féministe depuis des années. L’histoire est magnifique et les dessins, c’est juste de la dentelle. Il faut voir les fleurs de jasmin tomber du soutien-gorge de la grand-mère de Marjane, la neige tomber sur Téhéran ou les soldats fusillés tomber les uns après les autres comme des pantins pour avoir une idée de la poésie des auteurs. Et en prime, c’est la grande Catherine, sa fille Chiara et sa mère de cinéma, Danièle Darrieux qui font les voix.

Edit2: Marjane Satrapi a un myspace: http://www.myspace.com/persepolislefilm

One Response to “Persepolis”

  • Aucun commentaire! Pas croyable! Je l’ai vu ya deux jours, j’ai adoré, c’était magnifique, drole et émouvant a la fois… Un ptit bijou! Moi aussi je fais pas assez confiance a mon homme mais il a bien eu raison, comme toujours a ce propos d’ailleurs!

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