Quotidien

La Roccosiffrédite

Le matin de votre départ de la maternité, alors même que Babichou ouvrait les yeux sur son cinquième jour, votre Doc Gyneco à vous était venu vous voir tout sourire avec une prescription de pillule. Un peu intimidée, comme toutes les jeunes mamans un jour de sortie de clinique, vous aviez gardé pour vous votre pensée de cette seconde là: la contraception n’est pas vraiment la priorité du jour rapport au fait que mon corps hésite entre la sensation d’avoir été traversé par la Grosse Berta des années 2000 ou piétiné par un Mamouth piqué par une abeille. Eh oui, la jeune accouchée n’est pas instantanément avide de galipettes mais devant le sourire en coin du Doc et l’air entendu de Darling vous aviez accepté la prescription. Et mis l’ordonnance dans le fond du sac à langer, tout en sentant une certaine pression peser sur vous, la pression qui dit que l’un des challenges de la jeune mère pour préserver à la fois son plaisir et sa tranquilité est la gestion de l’ego masculin.

Histoire de vous changer les idées et pour meubler les 14 secondes que vous avez pour vous par jour, vous achetez Parents. Une lecture normalement neutre et à peu près aussi challenging intellectuellement parlant qu’un dialogue entre une éponge et une anémone. Ce mois-ci, un supplément, intitulé ” Tout sur la sexualité, pendant la grossesse et après“. En parcourant rapidement les pages de ce monument de littérature aux considérations des plus poétiques (”j’ai retrouvé le désir mais je souffre de sécheresse vaginale“), il vous apparait qu’un élément important de la sexualité de la jeune mère a été oublié par la rédaction: la prétention masculine.

La prétention masculine est LE paramètre à prendre en considération pour vivre au mieux et avec humour les changements de votre corps pendant cette période et les rapports avec votre moitié. L’expression de ce paramètre est la propension remarquée de la plupart des hommes à se prendre pour Rocco Siffredi et à nourrir l’espoir secret que leur compagne s’en est rendue compte. Certes, vous aviez déjà entendu parler des coups d’oeil en douce que se portent nos congénères maculins dans les douches du Gymnase Club, le décimètre incorporé à la pupille histoire de comparer à la vitesse de l’éclair des membres pourtant en position fil de pêche rapport à la température de l’eau. Et pourtant, vous n’aviez jamais réalisé à quel point la Roccosiffrédite était une caractéristique de la phsychologie masculine.

Jusqu’à ce que Darling s’inquiète de faire mal au bébé lors d’un calin coquin. Ou plus tard, dans le même genre, se demande si il ne risquait pas d’être piqué au vif par votre stérilet, transformé en harpon vengeur. Et c’est là, dans ce genre de situation, que vos études en sciences politiques se révèlent les plus utiles: comment rassurer sans pour autant minimiser l’objet de l’inquiétude? Vous ne pouvez évidemment pas dire “mais non chéri, c’est impossible que tu arrives jusque là!” au risque d’être taxée de “castratrisme”. A contrario, si pour le flatter vous assurez “c’est vrai, tu as le bras tellement long!, vous risquez de l’encourager dans sa mégalomanie. A moins que parce que vous avez envie d’être tranquille ce soir là vous ne lui disiez “c’est un risque effectivement, j’ai lu dans un magazine, l’histoire d’un homme qui avait dù être amputé“.

Pas de doute, c’est un vrai dilemme trop peu abordé par la presse féminine. Vous allez de ce pas écrire à Parents.

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