Mieux que Bridget Jones

“Sheila Levine est morte et elle vit à New-York”. C’est le titre d’un livre avalé goulûment ces derniers jours entre préparatifs du mariage et autres réjouissances.

Ecrit en 1973.

Franchement, je crois avoir trouvé en lisant cet ouvrage l’inspiratrice des Bridget Jones et consort. C’est simple, c’est à se bidonner. En plus ça se passe à New-York et je dois vous avouer que j’ai une passion dévorante pour tous les livres qui situent leur action à Manhattan. Je sais, c’est idiot mais c’est comme ça, je ne me suis pas remise de la fin de Sex and the city, les Woody Allen je les regarderais en boucle et Harry et Sally sont mes amis, j’ai d’ailleurs versé une larme devant THE fameux restaurant où Meg fait le coup de la simulation d’orgasme lors de mon dernier voyage à NY.

New-York, c’est pour moi un fantasme, un décor de cinéma, le lieu des possibles et de Tiffany, un repère d’executive women qui boivent du café fumant dans des verres en polystirène. C’est aussi la ville de Bill Cosby et d’Arnold et Willy quand même.

Le pire c’est que je dois l’admettre, je préfère presque mon New-York imaginaire à la vraie ville. Toujours est-il qu’un bouquin qui s’y passe a déjà toute mon attention.

Il se trouve que “Sheila Levine” n’est pas qu’un livre qui se déroule à New-York et que finalement, la grosse pomme n’y est même pas particulièrement mise à l’honneur.

En revanche, c’est une histoire de fille, la lettre d’une jeune juive trentenaire à sa mère dans laquelle elle explique les raisons pour lesquelles elle s’est suicidée.

Dit comme ça, ce n’est pas drôle, ok. Sauf que l’humour transpire par toutes les pages. Sheila Levine s’est suicidée parce qu’elle ne s’est pas mariée alors que depuis sa naissance sa mère ne souhaitait que cela pour elle. Elle s’est suicidée parce qu’elle est passée à côté de sa vie à force de ne poursuivre qu’un seul but: mettre le grappin sur un homme qui plaira à sa mère.

Parce qu’on est toutes un peu des Sheila Levine, il faut lire ce livre. On y rit et puis parfois on a les larmes aux yeux. Et personnellement, c’est ce que je préfère, passer du rire aux larmes.

Je ne résiste pas à l’envie de vous livrer un petit extrait:

” Maman, je vais suivre ce régime

- T’es sûre de manger suffisamment ?”

Oui maman, je suis sûre que je mange suffisamment, je suis sûre que je mange plus que suffisamment. Pendant mon existence, j’ai mangé suffisamment pour nourrir toute la ville de Trenton, New-Jersey, Maman. Si tu mettais tous les Chinois du monde en rang par quatre, ils auraient pas mangé autant que moi au buffet de ma dernière Barmitzvah. Si j’arrêtais de manger l’espace d’une journée seulement on pourrrait nourrir tous les gens qui meurent de faim en Inde. Et tu me demandes si je mange suffisamment ? Pourquoi c’est maintenant que tu poses cette question maman ? T’aurais dû la poser quand j’étais bébé et que tu me gavais sans arrêt. Quand j’étais bébé tu pleurais si je mangeais pas (…)

(…) Mes huit kilos en trop je les ai perdu au moins sept fois dans ma vie. ça fait plus de cinquante kilos. Mais ils reviennent toujours. Il reviennent toujours parce que j’attends des applaudissements, à chaque fois que je mange”.

Je l’admets, j’ai choisi un extrait plutôt grave. Mais promis, quand Sheila raconte comment elle a perdu sa virginité, c’est juste à se tordre.

Edit: sur l’image c’est la couverture américaine, je la trouve trop classe. Mais je vous rassure, je l’ai lu en français…

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