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Bouillon de Kub’ture #1 : Karim Debbache et mon rapport à l’image réelle

Suite à une réunion avec quelques Ladies, j’ai eu l’intime conviction qu’il fallait que je repense ma manière d’écrire sur Ladies Room (et merci Rose H. de m’avoir prévenue de certaines choses sur le référencement Google). J’ai donc décidé d’arrêter de vous casser les pieds avec la musique et je vais donc vous parler de culture de manière générale. Pour le premier épisode, je vais vous parler de mon chroniqueur cinéma préféré : Karim Debbache.

Au départ, ma particularité neuronale fait que j’ai du mal avec tout ce qui concerne l’image réelle. Que ce soit l’art contemporain, la télévision ou le cinéma, regarder une image représentant une situation réelle me perturbe. Il n’y a que la photographie qui soit épargnée par ce trouble, mais cela vient de mon éducation culturelle. En effet, mon père s’était bricolé un studio de développement de photographie en noir et blanc, et j’ai ainsi pu faire mon éducation à une certaine forme d’image réelle. Cette problématique s’est retrouvée quand j’étais graphiste : en effet, ne sachant pas dessiner ni mettre en valeur une image, mon ancienne patronne m’avait préconisé de me forcer à aller voir des expositions d’art contemporain…

Mais depuis, j’ai rencontré Karim Debbache. Sur Youtube, pas en vrai. Mais mieux encore que le Fossoyeur de Films, qui a reçu une formation ad hoc (puisque diplômé d’un doctorat en sociologie de l’image), Karim Debbache sait distiller un vrai propos sur le cinéma et le questionnement qu’il provoque dans la société. En même temps, si on devait interroger sa légitimité sur le sujet, on serait bien embêté, tant Karim Debbache reste discret sur les motivations de départ de sa démarche.

Quoi qu’il en soit, la démarche investigatrice et interrogative de Karim Debbache me plaît. Pourquoi ? Parce qu’il ne parle pas de cinéma comme une entité ayant développé son langage propre. Il questionne directement chaque spectateur de Crossed ou de Chroma sur son rapport au monde, à l’image fixe ou animée, voire même sur sa construction intellectuelle. Et je trouve ça fantastique.

Ce que je trouve également fantastique, c’est qu’il s’appuie sur des films méconnus – plus dans Crossed que dans Chroma –, voire qu’il trouve merdiques, pour effectuer de vraies démonstrations intellectuelles. Karim Debbache et son équipe nourrissent mon cerveau avide de savoirs divers, mais surtout ma curiosité face à un art que je méconnais, faute de n’avoir subi que des blockbusters et des comédies franchouillardes en guise d’éducation.

Je réussis à retourner au cinéma depuis que j’ai pris connaissance des critiques du Fossoyeur et de l’équipe Debbache, car ils m’ont donné des clés pour comprendre tout un pan de la culture dont je me sentais exclue. Merci Karim Debbache.

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