Histoires

What’s going on Storia’s ears #14 : Ma vie chez moi et chez les autres

Cet article a été écrit dans le cadre de la Journée Spéciale “Ça déménage !” du 9 février 2017

Durant les 34 ans de vie que j’ai vécus sur cette terre, je ne me suis sentie chez moi que pendant 17 ans dans ma vie, lorsque j’ai vécu dans la maison possédée par mes parents, puis lorsque j’ai acheté mon appartement avec celui qui allait devenir le Mari, il y a 3 ans.

L’autre moitié de ma vie, je l’ai vécue soit dans des logements de fonction, soit dans des foyers/résidences universitaires, soit en colocation, soit dans des endroits tout petits. Bref, pas de quoi se sentir chez moi. Et donc fatalement, durant les 17 autres années, j’ai dû déménager une dizaine de fois.

Et ce fut à chaque fois une vraie expédition, d’autant plus après mon baccalauréat quand je me suis installée dans toute la Bretagne pour mes études et à Paris pour commencer ma vie professionnelle.

10 lieux, 10 ambiances. Pourquoi ne pas faire une playlist pour cette première journée spéciale de Ladies Room reliftée ?

1983 : Chantal Goya – Voulez-vous danser, grand-mère ?

A peine née, je m’installe dans le logement de fonction qu’occupait ma famille dans la maison de retraite dont mon père était le directeur, en attendant que la maison familiale – un bâtiment de pierres et de terre battue – soit refaite avec le confort disponible en cette fin de XXe siècle. Pendant quelques mois, je partage donc mon quotidien avec quelque 65 pensionnaires de 65 ans ou plus, ce qui fait beaucoup de mamies à gérer d’un coup d’un seul (alors que je pense que mes deux mamies me suffisaient amplement).

Circa 1984 : Maxime Le Forestier – San Francisco

Comme je grandis et que c’est pas cool de tenir à 4 dans un deux pièces – genre on est en Bretagne, pas à Paris, merde ! – et que la maison familiale n’est toujours pas habitable, la mairie du village met à disposition de mon père une maison à 50 mètres de la maison de retraite. Pourquoi San Francisco ? Parce que même des années après le départ de cette maison, elle a gardé ses rideaux bleus, d’où La maison bleue dans mon imaginaire d’enfant.

Circa 1987 : Jean-Pierre Ferland – Je reviens chez nous

La maison familiale est enfin habitable et nous nous y installons enfin. Alors que je dormais dans la même chambre que ma sœur jusque là, j’ai enfin ma chambre. Et même si la maison a paru d’abord froide et inhospitalière – voire hantée des esprits des anciens habitants –, elle reste encore aujourd’hui la maison où vit ma mère, où elle m’a élevée et où je me suis construite.

C’est parce que cette maison existe encore que je suis encore fan du mouvement pendulaire mensuel, malgré le fait que je me sois bien installée en tant que femme mariée.

2000 : Tri Yann – Je m’en vas

Premier départ de la maison, pour faire mes études à 80 km de là. Je me retrouve avec ma sœur dans une résidence universitaire du CROUS. Pour moi, ça reste une grande aventure, même si je suis sous le regard de ma sœur qui habite à l’étage au-dessus.

Je reste deux ans dans cette résidence, même si je reprends l’appartement de ma sœur lors de son départ pour poursuivre une activité professionnelle. Ce fut deux années assez bizarres – la ville était glauque, la fac toute petite et puis 2002, quoi – et j’ai été assez contente d’en partir.

2002 : Benabar – Y’a une fille qu’habite chez moi

Je pars donc dans une autre ville pour d’autres études et c’est le début de 3 ans de colocation pure avec ma sœur. Notre lieu de colocation était assez bizarre : c’était dans la dépendance d’une maison bourgeoise, et, curieusement, chacune des sœurs avait un étage qui lui était dévolu.

J’avais ma chambre au rez-de-chaussée avec la kitchenette dans l’entrée, ma sœur avait sa chambre à l’étage avec la salle de bains sur son palier (comme si ça correspondait à notre caractère que le destin nous avait dévolu).

2005 : Freddie Mercury – Living on my own

Comme ma sœur a fini ses études, et moi pas encore, il me faut trouver un nouveau logement. Comme une dame de mon village possède un studio proche de la ville de mes études, ça facilite la recherche. J’avais déjà 22 ans, mais c’est la vraie première fois où je me retrouvais vraiment seule dans un endroit, où je décidais seule de mes faits et gestes dans un appartement.

Ca m’a fait drôle. S’en est suivi une année de chômage où je suis retournée chez ma mère et où j’ai squatté régulièrement chez des copains.

2007 : Robin Foster – Loop

Là, pour ma nouvelle année d’études, j’habite à 250 km de chez ma mère, dans un autre studio au premier étage d’un petit immeuble squatté au rez-de-chaussée par un alcoolique notoire qui emmerde tous les habitants. J’en profite pour rester en week-end sur mon lieu de villégiature, d’autant que si la ville est bétonnée, les alentours sont des plus beaux.

Ces six mois restent les plus durs, entre des relations exacerbées avec certaines personnes (en bon ou en mauvais), remise en question du nouveau choix de carrière que j’opérais, etc.

2008 : Maurice Chevalier – Paris sera toujours Paris

Début de ma vie professionnelle et nouveau logement collectif, dans un foyer de jeunes travailleuses, où ma cousine loge déjà. Le week-end, je fais le mouvement pendulaire chez mon cher et tendre de l’époque, à 60 km de là.

Même s’il est compliqué avec la vie que je mène de respecter l’heure limite d’1h pour rentrer au foyer, ce fut une période assez chouette pour découvrir la capitale, tout en restant à côté de la gare pour rentrer en Bretagne le plus vite possible.

2010 : Charles Trénet – Ménilmontant

Lorsque j’ai été sûre de signer mon CDI et après avoir failli vivre à 2h30 de mon travail d’alors par amour, il fallut que je change d’endroit pour vivre. Mon choix s’est porté sur l’est de la Capitale, parce que je ne pouvais pas me permettre financièrement d’habiter un autre quartier.

Ce fut le début de 4 ans qui ont déterminé la femme que je suis devenue, dans un coquet 17m² tranquille. Dès la fin 2013, un autre mouvement pendulaire s’opéra, puisque le futur Mari vint squatter les week-ends et quelques soirs de la semaine dans cet appartement qui devint du coup un peu exigu.

2014 : Crosby, Stills, Nash & Young – Our House

Il était temps que je devienne moi-même propriétaire et ça a été le premier acte fort que j’ai accompli avec le Mari. Notre choix s’est porté sur un appartement dont on s’aperçut par la suite qu’il n’était qu’à 400 m de chez mes beaux-parents (rhô ça va, on l’a visité un mois de janvier, de nuit, et quand on est allé sur le balcon, on n’a pas réalisé que cet immeuble au loin était celui où le Mari habitait déjà ^^).

Bref, en attendant d’acheter une maison pour notre future famille, nous évoluons depuis 3 ans dans ce nid qui reste douillet.

Bref, le chemin fut long avant que je me sente de nouveau chez moi. Mais désormais, tant quand que je serai avec le Mari, je l’espère le plus longtemps possible, n’importe où sera ma maison désormais…

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