C’est jour de fête dans le village

L’action se déroule dans un petit village.

 

Dans un paysage doucement vallonné de basses collines, une église trône en haut de l’une d’elle surplombant le village traversé d’un ruisseau.

A cette saison, le ru est presque complètement asséché, et les quelques passants motorisés usants l’asphalte de la route ne l’aperçoivent même pas en enjambant le pont qui monte la garde sur le filet d’eau clair.

Ce pont est habillé de grilles en fer forgé, peintes d’un vert nature, légèrement piqué, par ci par là, par la rouille. Les quelques habitants du village ont pris soin d’accompagner de fleurs les jambes du pont solitaire.

 

Il semble que ce soit un jour spécial aujourd’hui. Le village est bruyant. Les âmes sont affolées…?… enjouées…?… festives ! A peine passé la panneau de bienvenue, on ne peut être qu’attiré par ces cris pleins de bonne humeur.

 

Ainsi, je descends une petite route tortueuse.

 

Cette marche ouvre à mes yeux un patchwork des modes passées. Les maisons sont vieilles, sont rénovées, sont abandonnées. Là, c’est une ferme, ici, une maison d’ouvrier, ensuite, c’est une prairie et des brebis qui se battent entre deux murs délabrés. La diversité des habitants se lit sur les pierres de leurs demeures. On peut y lire leurs rides, les rires et les pleurs des jeunes enfants, un récent décès, le futur mariage, de la solitude ou encore leur vie de citadin qui les a emporté bien loin.

 

La route contourne, dans un long virage à gauche, un grand pré où des chevaux et des vaches se délectent ensemble d’une verdure que l’on ne trouve pas en ville. Puis elle chute pour rejoindre une (peut être “la” seule autre) rue encore plus petite venant d’une forêt pour se mêler et ne faire qu’une.

Toutes deux viennent longer enfin un mur d’enceinte qui semble cacher un trésor de noblesse, une grande maison imposant son regard alentours tel un phare scrutant la mer.

 

Et c’est là, juste après la cour d’une vieille école, que mon regard finit par se plonger sur le petit pont aux grilles vertes et touillées. Il est là également le filet d’eau clair à peine ruisselant.

 

Le bruit se fait plus fort. Les habitants sont à proximité.

 

La place du village, fraichement balayée, est encore marquée de passages de troupeaux et d’engins agricoles. Quelques grains de blés et une dizaine de brins de paille sont encore à la poursuite du vent et de la poussière tourbillonnants.

 

Au centre de la place, un vieux chariot à fourrage et des instruments de musique siègent silencieux en attendant l’heure du bal. C’est jour de fête dans le village.

 

J’arrive au moment de l’apéritif, du mot du maire, où il semble ne manquer aucun habitant. Ils sont tous là ! Les enfants sont habillés en dimanche, et les plus petits ont déjà les genoux usés de leurs joutes festives du matin. Les vieilles dames ont orné leur plus beau chignon et leur plus beau foulard. Les hommes d’âge mûr ont sorti leur beau costume de cérémonie. Les ados, jeunes gens et  jeunes parents sont tout sourire. Vêtus comme pour un mariage, ils ont les yeux qui pétillent, les joues gonflées et rosies de gaieté.

 

C’est dans ce tableau d’un peintre impressionniste que le coup de pinceau vert de ton regard vient fendre la foule et me sauter aux yeux.

 

Je l’ai déjà vu ce regard. Il a toujours été aussi beau mais n’a que trop rarement pétillé ainsi. Ces derniers temps, il semblait triste, éteint, soucieux. Mais le jour n’est pas à la mélancolie, c’est jour de fête dans le village.

 

Tu t’approches de moi, viens frôler ma joue d’un tendre baiser et quelques mots glissent jusque mon oreille. « Trouves-nous un endroit calme »

 

Dans ce village que l’on connait par cœur, il n’y a pas énormément d’endroits calmes ou il y en a de trop. Comme dans tous petits villages, les haies, les poutres et toutes les pierres ont des oreilles et des yeux. Les lavoirs sont des terrains de jeux pour enfants, les prairies sont trop exposées, les forêts sont trop loin, les champs sont fauchés et montrent leur terre nue.

 

Nous empruntons alors ce chemin caillouteux menant à l’Eglise. Seule la bande centrale est colorée d’herbe et n’a pas été foulée par les véhicules sauvages des « pélerins ». Malgré une pente acérée vers les hauteurs, nous nous hissons dans une grange qui surveille les rares allées et venues vers l’Eglise peut utilisée maintenant.

 

La grange semble abandonnée. Un toit moitié écroulé couvre à peine des murs couverts de planches vieillies, cassées et gigotantes au gré des brises de cette fin de matinée.

 

Poussant une grande porte cahotante avec délicatesse, nous entrons pour y trouver du vieux foin. Un couple de chat semble aussi surpris que nous de ce tête à tête soudain et s’enfuit du lit qu’une balle ronde leur avait offert.

 

L’endroit nous semble confortable et bien choisi, nous nous y posons donc et y sentons encore la chaleur des félins en fuite.

 

Depuis les premiers mots déposés dans mon oreille quelques minutes plus tôt, nous n’avons échangé que sourires et la chaleur de nos mains enlacées. Nous sommes allongés l’un à côté de l’autre, regardant le ciel transperçant le toit délabré, je sens une brise tiède d’été caresser nos bras nus.

 

Les murs de planches cassées laissent quelques brulants rayons de soleil illuminés ton visage, une mèche châtain clair et tes yeux d’un vert lumineux et brillants.

 

Nous n’entendons plus le bruissements des conversations de la place du village, nous n’entendons que le bois de la charpente qui craque, et le crissement des clous rouillés de planches dorlotées par le vent.

 

L’endroit est serein, le moment l’est tout autant, tu plonge tes yeux dans les miens puis glissant ta main dans ma nuque, tu attire mon visage dans le creux de ton cou. J’y pose quelques baisers, repousse tes cheveux aventureux, puis profite de cet instant.

 

Depuis des années j’y pense, j’en rêve, depuis des années ces pensées me sortent de mes plus beaux rêves et, aujourd’hui, c’est sans un mot que tu m’offre cet instant comme pour moquer mes rêves passés les plus tendres.

 

Tu vois mon regard qui t’a peut être dérangé autre fois, mais c’est jour de fête dans le village, c’est jour de fête pour moi.

 

Tu laisses de fines bretelles blanches tomber le long de tes épaules jusqu’au creux de tes bras. Ta poitrine ose à peine se dévoiler à moi. Elle se cache, même, timide et envoutante ! Tu dirige mes lèvres autour de ton cou pour redescendre sur le haut de ton torse, le regard plongé sur ta gorge agitée par ta respiration . Mes baisers poussent délicatement  le lin de ta petite robe d’été. Mon souffle à lui seul soulève et fait glisser ton étoffe si légère sous ta poitrine.

 

Ce souffle si doux et si audacieux caresse tes seins et les dressent vers moi tel un frisson.

 

Prenant mes mains dans les tiennes, tu les utilises pour relever ta courte robe jusqu’à la taille pour découvrir ton sexe nu. Toi, si tendre et mystérieuse, si forte et si….normale, tu te dévoile à moi, pauvre rêveur, dépourvue de barrière. Sans même une précaution sous-vestimentaire, tu es là, presque entièrement nue si ce n’est ce bandeau de lin, maintenant froissé, couvrant à peine ton nombril parfait.

 

C’est jour de fête au village, c’est jour de fête pour moi.

 

Comme si ce n’était qu’un mirage, je viole ton ventre avec ardeur. Je le couvre de mon souffle chaud et des caresses de mes lèvres. Tu es brulante et ni mon souffle, ni la brise parcourant ton corps ne peut te rafraichir. Je me régale de cette peau douce et juste moelleuse à souhait.

 

Mes mains parcourent tes hanches, glissent sur tes fesses, effleurent tes cuisses. Je sens que ton bassin se dresse vers moi, je sens que ton sexe brulant s’approche de moi.

Saisissant tes fesses veinées et rougies par le foin,  je pose ma bouche contre ton sexe. Je sens ton envie, je sens ton corps, je sens ta chaleur.

 

La porte de la grange grince doucement, certainement poussée par le vent…. Les vieilles planches des murs lui répondent en crissant doucement…. La charpente les rassure d’un craquement franc, courageux et robuste. La brise transporte les bruits lointains des habitants indiquant que le vent à changé. Nous pourrions être surpris, épiés…

 

C’était jour de fête dans le village, juste, malheureusement et seulement un rêve pour moi.

 

Je me réveil et saute sur mon crayon pour vous consigner ces quelques mots.

Le corps prêt à exploser, je me replonge dans mon sommeil pour rattraper mon rêve….. Mais à part ici sur “ce papier”, c’est encore un songe qui part au loin, un rêve sans lendemain, un souvenir lointain.

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