Culture

Les Pussycat Dolls, plus féministes que Beyoncé ?

J’avoue tout : en réalité, cet article aurait dû s’appeler Pourquoi le féminisme des Pussycat Dolls me parle un peu plus que celui de Beyoncé. Et puis j’ai finalement de faire un titre un peu plus court, percutant, comme un grand coup de pied dans la fourmilière, et si vous me détestez par avance pour ça, je citerai un grand homme du siècle dernier : I think I told you ; I’m a lover not a fighter !

Pourquoi cet article d’ailleurs, me direz-vous ? Figurez-vous que je m’ambiançais OKLM comme dirait mon nouvel ami Booba (je vous parlerai de mon intérêt soudain pour le “Duc” une fois prochaine, c’est promis) dans mon salon, quand l’écoute aléatoire de ma playlist Spotify m’a repassé I Don’t Need A Man, des Pussycat Dolls. Pour rappel, ça donnait ça, à la mesure près :

Dans ce morceau qui a déjà 11 ans, les Pussycat Dolls chantent ceci, portées par la voix (lactée) de Nicole Scherzinger :

The more you try the less I bite 

And I don’t have to think it through, you know if I’m into you

I don’t need a man to make it happen I get off being free

I don’t need a man to make me feel good, I get off doing my thing

I don’t need a ring around my finger to make me feel complete

So let me break it down, I can get off when you ain’t around oh!

Je me fends d’une traduction approximative pour vous donner l’idée :

Plus tu essaies, et moins je mords à l’hameçon

Pas envie d’y réfléchir ; si tu me plaisais tu le saurais

J’ai pas besoin d’un mec pour que ça le fasse, je me fais plaisir en étant libre

J’ai pas besoin d’un mec pour me faire du bien, je me débrouille très bien toute seule

J’ai pas besoin d’une bague à mon doigt pour me sentir accomplie

Donc laisse-moi résumer : je me fais du bien quand t’es pas là !

Qu’est-ce que j’ai retenu là-dedans, à part le fait que les Pussycat Dolls ont l’air de se faire pas mal plaisir toutes seules (grand bien leur fasse) ? La bague au doigt. Vous me voyez venir ? Oui, je vous parle bien de cette même bague au doigt que chante Beyoncé quatre ans plus tard, en body velours :

Je ne m’attarderai pas sur le féminisme de Beyoncé, qu’elle défend toutes griffes dehors depuis désormais quelques années, mais qui l’a toujours plus ou moins suivie, en catimini : souvenez-vous Independent Women ! Beyoncé a grandi avec nous, et au fur et à mesure des années, nous a dévoilé la femme, la business woman, l’épouse, la mère, la féministe qu’elle était devenue. Et cette découverte, ce partage, aussi markétés soient-ils, restent beaux tels qu’elle nous les a présentés.

Son féminisme, aussi bankable soit-il, n’en est pas pour autant moins valable ou authentique que d’autres : militantisme et marketing ne sont donc pas forcément incompatibles ! Cependant, le féminisme de Beyoncé, que je respecte infiniment, n’est pas le mien justement pour ce qu’il est, un féminisme “respectable”.

Et c’est là que les Pussycat Dolls représentent, selon moi, une véritable bouffée d’air frais pour toutes les femmes : avec leurs shows débridés, leurs tenues aff(ri)olantes, leurs paroles sans équivoque, elles nous secouent sous le nez l’idiotie de la bienpensance qui consiste à choisir pour quelqu’un d’autre comment s’habiller et/ou se comporter et valider ainsi la respectabilité de chacun-e.

Newsflash : la respectabilité d’une femme ne se mesure pas à ce qu’elle porte, ni à son métier, et encore moins à sa religion. Il en va de même pour ses valeurs, aussi pénible que ce soit de devoir le rappeler ici, compte tenu des temps qui courent. (Oui, polémique de mes deux sur la mode islamique, c’est à toi que je pense.)

Je le confesse, I Don’t Need A Man est mon hymne favori, et un parfait pied de nez au patriarcat. Car chacun-e peut tenter de le renverser à sa manière, ce foutu patriarcat : la mienne, c’est prendre les armes pour toujours plus de jouissance, je vous l’avais déjà dit ici. Parce que le sexe, lieu de toutes les envies, de tous les désirs, de toutes les pulsions, reste l’une des seules sphères sur laquelle notre société a, malgré tous ses efforts et quoi qu’elle puisse en penser, le moins d’emprise.

Quand les Pussycat Dolls chantent leur jouissance en solo, assumant leur sexualité avec panache, sans l’enchaîner au bon vouloir des bonshommes comme Mrs Carter a la fâcheuse manie de le faire, de toutes les facettes de ma personnalité, c’est sans nul doute la féministe pro-sexe qui est en moi qui crie victoire. Non pas dans un dessein d’annihilation complète des rapports amoureux entre les hommes et les femmes (vous faites ce que vous voulez hein, mais n’oubliez pas jamais que l’hétérocentrisme est un malotruisme) mais plutôt dans l’espoir d’y lire une émancipation de la femme au profit d’elle-même. Oui, nous sommes interdépendants. Mais nous sommes interdépendants entre êtres humains, pas nécessairement entre hommes et femmes ! Et ça, ce parti pris-là, c’est mon féminisme (entre autres choses). Sorry Beyoncé, don’t you ever for a second get to thinking you’re irreplaceable…

Rose H., critique pop les jours de grand vent.

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