Coeur

Lettre à Toi

8 ans, je crois, depuis cette conversation MSN. Je me souviens encore de ce “Tu veux dormir chez moi ce soir ?“, à la fois intempestif et intriguant. Si j’avais su me méfier un peu plus, où est-ce que j’en serais maintenant ? Est-ce que je serais prof ? Est-ce que j’aurais aussi le cœur brisé ?

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Il paraît que j’idéalise notre relation. Je ne crois pas.

Quand je pense à toi, je pense surtout à nos engueulades, aux mots que tu as prononcés qui résonnent encore dans ma tête : “Si tu m’aimais tu perdrais du poids“, “On dirait que tu pèses plus de 100kg“, “Tu n’es pas assez jolie pour avoir un mec à toi“, “tu n’es qu’une feignasse“, “tu t’es encore faite avoir par un mec, tu n’es qu’une salope“,… Est-ce que les mots sont sortis trop vite sous le coup de la colère ? Ou est-ce que ces mots tu les pensais vraiment ? Et pourquoi après tant de temps, ça me touche autant ? Pourquoi, même sans être là, tu arrives encore à me blesser ?

Puis je me souviens de notre complicité du début, de notre passion, de tes bras, de ton odeur… Je me souviens aussi que je ne pouvais pas avoir confiance en toi, pas ces derniers mois en tout cas. Mais est ce que j’ai déjà pu vraiment avoir confiance en toi ? Tu savais exactement quoi dire pour me blesser, exactement là où appuyer pour le faire pleurer. Tu aimais tellement me dominer, que j’ai besoin de toi, . que je t’appartienne, sans restriction et sans limite. Mes limites, tu les as faites sauter une à une, par la ruse, le chantage ou la force. Je ne me souviens pas avoir réussi à te tenir tête sur un point, si ce n’est mes amis, que tu n’aimais pas (et,ce, sans les avoir jamais rencontrés). Je t’ai presque tout donné: mon corps, mon amour, mon âm, ma dignité, ma confiance, … Et de tout ceci, j’ai l’impression qu’il ne reste qu’un fantôme. Mon fantôme. Je ne suis plus l’ombre que de moi même. Tu as détruit ma joie de vivre, ma confiance en moi, mon indépendance. Je ne sais pas à qui j’en veux le plus: à toi, de m’avoir vampirisée; ou à moi de t’avoir laissé faire ?!?

Et pourtant, malgré tout cette rancoeur, j’ai la désagréable impression que presque tous les hommes de passage dans ma vie me servent de pansement pour mon âme blessée. J’aimerais pouvoir dire que je ne ressens plus rien à ton égard, mais cela serait mentir. J’ai l’impression que jamais je n’arriverais vraiment à t’oublier.

Mais pourtant, il va falloir, car notre amour me consume. Je sais que tu ne comprends pas, mais je ne peux pas, je ne peux plus jouer ce rôle-là.

Tu as fait ton choix, à moi maintenant de faire les miens. Ne m’en veux pas.

(cc) Eric

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