Coeur

Les adieux à l’arène

J’étais littéralement à deux doigts (et deux caractères) de laisser parler toute l’outrecuidance qu’il y a en moi pour me souvenir qu’il y a une grande différence entre idôlatrer honteusement Kimye et se vautrer dans une imitation pathétique de ces derniers. Pardon pour ça. 

Ladies, Gentlemen, je pars. Je pars, le coeur gonflé de joie car pour doubler ma chance, je pars mais je pars avec toi.

21711673411_c4055ee28e_kPour ne rien vous cacher, je suis déjà partie. Il y a deux semaines, très exactement. Deux semaines dans une vie, qu’est-ce que c’est, franchement. Ca ne s’est pas beaucoup vu ; moi-même, je n’ai pas voulu le voir. Du tout. Ca ressemblait à des vacances — un peu grises, certes, mais des vacances quand même.

Se lever et se coucher à des heures indues, ressortir en semaine comme à l’époque des soirées open bar à l’université, déjeuner à 15h en regardant les rediffusions de Malcolm, s’émerveiller à l’idée de voir tant d’enfants et de parents pulluler dans les rues de ton quartier au moment de la sortie d’école (loin de moi l’idée de devenir soudainement essentialiste puisque je DETESTE qu’on me parle de mon horloge biologique, mais je crains qu’il y ait peu de choses comparables à ce sentiment), vivre autrement, autre chose ; en d’autres termes, signer la fin de cinq belles années au sein de la rédaction de Ladies Room.

Parce que oui, c’est terminé. Pour le pire… comme pour le meilleur. Croyez-moi, je vous ai donné sans compter les minutes, les heures, les jours, les semaines, les mois, les années à vous lire, à vous connaître, à vous apprendre, à vous comprendre, en m’efforçant de dorer la plume de toutes celles -puis ceux – qui passaient par là et qui, trop souvent, n’avaient pas conscience de leur talent.

Moi aussi j’ai été à votre place, simple internaute bottée par les mots – si vous souhaitez y voir une référence à notre ancienne mascotte qui est allée vendre sa troisième botte aux copines-copains de Brain Magazine, vous pouvez (boenbotte, si tu me lis, je suis très déçue par ton manque de loyauté, même s’il n’avait pas été question d’exclusivité entre nous, je te le concède).

Comme beaucoup d’entre vous, j’ai découvert Ladies Room non pas au détour d’un café-speculoos avec le vénéré aulive, mais bel et bien un après-midi estival de 2009, postée devant mon 17”, m’abandonnant à la plus pure sérendipité cybernétique, les yeux écarquillés par tant de panache. Et que c’est justement parce que j’ai eu le coup de foudre pour ce magazine qu’en être la rédactrice en chef pendant quatre ans a été jusqu’ici ma plus belle histoire d’amour.

Je déteste les mélodrames, je préfère encore qu’on se regarde droit dans les yeux à travers une girafe de bière brune pour se dire à quel point on croit les un-e-s en les autres, aussi différent-e-s que l’on soit. Je reviendrai vous lire et vous raconter des histoires, qu’elles soient vraies ou non. Je serai à jamais reconnaissante de toutes les belles rencontres, découvertes, amitiés qui sont nées entre les lignes de ce magazine : souvent improbables, toujours sincères. Je vous laisse évidemment entre de bonnes mains car la merveilleuse Phlppn veille sur vous. A tout bientôt mes ami-e-s !

Votre obligée, Rose H.

(On boit un verre quand vous voulez, je suis si vous me cherchez !)

(cc) Steffi Njoh Monny

2 Responses to “Les adieux à l’arène”

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