Humeurs

Brand new life

Si on m’avait dit ce samedi 27 juillet 2013 que, deux ans plus tard, je serais mariée et fonctionnaire, j’aurais rigolé très fort.

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Force est de constater que je commence une nouvelle vie à 32 ans et que je ne m’y attendais pas du tout. Et quand je repense à ces années traversées, j’ai l’impression d’avoir vécu mille vies en une seule.

Serait-ce parce que mon cerveau est capable de re-paramétrer toutes mes données émotionnelles face à une nouvelle manière de vivre ? Que m’est-il arrivé à 5 ans, à 8 ans, à 17 ans, à 25 ans ou à 32 ans, pour que j’aie l’impression de renaître à nouveau et d’abandonner mes idées sur la vie ? Suis-je capable pourtant de rester moi-même, Giovanna, et non pas différents avatars enfermés dans une seule personne, qui se libèreraient un à un, à mesure que cette personne passe un nouveau pallier dans sa vie ?

Je sais que ces propos sont très intimes et qu’ils représentent une certaine forme de réflexion à un instant T de ma vie. Mais je pense ne pas être la seule à avoir le sentiment de vivre une nouvelle vie à chaque fois que je semble atteindre un objectif, comme on passe un niveau dans un jeu vidéo. Mais l’expérience de la vie et un certain travail égocentré m’ont fait prendre conscience de l’importance de ces paliers dans ma construction.

Ces paliers sont aussi simples que l’acquisition du langage, mon apprentissage de vie avec les autres, puis sans ma famille, puis pour moi-même, puis pour l’autre et les autres. Cela peut paraître basique pour tout un chacun, mais pour une personne comme moi, cela peut s’avérer comme un parcours du combattant.

J’ai eu l’impression, à chaque fois, de m’être battue aux côtés des bonnes personnes – ma famille, ceux qui sont devenus mes témoins, des amis de passage, des amis qui ont imprimé leur marque dans ma vie, mais aussi des aides extérieures comme du personnel psychologique – et de revêtir de nouveaux habits et un nouveau corps une fois le but accompli.

Pourtant, quand je revois de vieilles photos, j’ai l’impression que rien ne ressemble plus à moi-même… que moi-même. Avec ma nouvelle coupe de cheveux, j’ai l’impression de me retrouver il y a 14 ans. J’ai certes grossi, mais j’ai l’impression de porter les mêmes fringues qu’à mon adolescence tardive. Quand je repense à ma première histoire d’amour, il y a seulement sept ans, je vois l’évolution quand je compare avec ce que je vis avec le Mari.

Ce qui me paraît bizarre, c’est qu’au final je prépare ces évolutions de vie durement et en en payant le prix fort, mais je ne vois le changement que lorsqu’il est effectué. Cela me paraît donc brutal et survenir après une gestation douloureuse. J’aimerais parfois évoluer dans une certaine forme de sérénité et de manière moins abrupte, mais cela me paraît difficile pour l’instant. L’expérience me dit pourtant que, maintenant que j’ai pris conscience de pas mal de choses  – que le bonheur n’est pas la fin, mais la voie, par exemple – je saurai de mieux en mieux gérer mes changements de peau successifs.

Bref, après une petite fille qui dit des gros mots, après un petit génie perdu parmi les grands, après un juke-box ambulant, après une jeune fille qui essaie d’évoluer non sans mal dans Paris, me voici mariée et fonctionnaire – ouh, la darronnade. Bienvenue dans ma nouvelle vie.

(cc) daveynin

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