Culture

Dans le vidéoscope #13 : Etat de grâce

Clin d’œil à une époque désormais révolue, le magazine des filles à la page arborait, dans ses jeunes années, un encart vidéo qu’il nous plaisait de changer à loisir, fruit de nos recherches parfois interlopes sur les Internets, donnant parfois lieu à des découvertes mirobolantes…Vidéoclips à l’esthétique renversantereprises stupéfiantes de classiques pop ou encore courts-métrages dont la poésie laisse sans voix, nous avons fini par nous rendre à l’évidence : pourquoi vouloir changer une équipe qui gagne ? Chaque semaine sur Ladies Room, venez donc zieuter notre Vidéoscope, pour y découvrir ou y re-découvrir les vidéos dénichées par la rédaction !

Il est 5h, L.A. s’éveille. Avec elle, un homme. Allongé en pleine ville au milieu d’une voie déserte, caleçon noir et marcel blanc. Des tatouages plein les bras, le cheveu blond en bataille, dans les vapes, il n’est pas encore debout, allumant sa cigarette comme on prend sa respiration. Sexy.

A reculons, l’air hagard, il entame une danse étrange, retrouve peu à peu ses esprits, son équilibre et son pantalon. Un moment comme une parenthèse suspendue, loin de la cohue de la ville. L’homme est seul dans son brouillard mental, pourtant maître de ses mouvements, poète urbain bien dans son époque.

Qu’est-ce qu’il est beau ! Ce mec pourrait être Dean Moriarty, héros flamboyant de Sur la route, le chef d’oeuvre de KerouacCette scène y aurait toute sa place, pause absurde au milieu d’une embardée fantastique de Sal et Dean, illustrant leur liberté, leur jeunesse. Surtout quand il s’anime vraiment, pris d’une fureur de vivre qui là nous évoque James Dean, dont il a l’allure et la sauvagerie. 

Ce mec, qui vous balance son élégance au visage en se fichant des conséquences, qui fixe effrontément la caméra comme s’il vous regardait dans les yeux, c’est Nathan Mitchell, mannequin et danseur, bombe virile de Seattle. Dans cette vidéo, dont le titre Fred Astaire with a stomach full of Corn Chips and Valium, ne dit rien de la sensibilité de son auteur, Nathan dévoile une présence éclatante déjà remarquée sur papier glacé (preuve à l’appui).

Son pote Phillip Lopez a su saisir en trois prises cet instant, qu’ils ont pensé tous les deux et réalisé spontanément. Pas besoin d’artifices, si ce n’est une Red (une des meilleures caméras de ciné), une planche de skate pour l’effet Steadicam (la fluidité) et un soupçon de slow motion bien placé. Et cette légende du réal’ aussi, plus parlante que le titre : “je suis juste persuadé que la caméra doit bouger avec le danseur, cela doit être une danse aussi, surtout quand il regarde directement l’objectif“. 

On se la repasse ?

PS : Nathan s’anime sur Harlem River, de Kevin Morby

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