Back Room

Souvenirs exclusifs

Ce jour-là, une grosse journée de travail était au programme.

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C’est dingue ce que l’on peut avoir comme l’énergie lorsqu’on sait qu’une journée pareille aura un point final agréable.

En effet, dans le programme du jour, une soirée en excellente compagnie devait en être l’apothéose. Une soirée entre « amis en devenir ». Une soirée avec de longs échanges sur tous les sujets existants et intéressants qui puissent exister.

Il est 20h (environ). Nous nous sommes donné rendez-vous sur la terrasse d’un bar « dingue » au bord d’une rivière. Je bois une bière belge tout en fumant une cigarette afin de passer le temps et de calmer mon impatience. Elle arrive ! Ravissante ! Souriante ! Normale quoi ! Elle n’a pas changé depuis notre dernière rencontre.

Alors qu’elle s’avance, je suis encore plus impatient que nos longues conversations commencent. Elle s’assied devant moi, commande une bière afin de m’accompagner et de mon côté, je repense aux promesses que je me suis faites de ne surtout pas déraper.

Les conversations s’enchaînent pour mon plus grand plaisir, pas de silences gênants, pas de sujets tabous, que des paroles franches et honnêtes. Je crois discerner, parfois, des regards qui se détournent lorsque mes yeux le croisent. Je ne chercherais même pas si je fabule ou s’il y a une raison. Quoi qu’il arrive, je tiendrai mes promesses de toute façon.

Tout ceci rythme notre apéritif, puis notre repas, puis notre digestif. Nous nous levons de table et honorons notre dû au tenancier. Son appartement est juste à côté. Quelques minutes plus tard, nous rentrons dans son donjon. J’ai pris ma valise afin de profiter de son canapé, j’ai également prévu des macarons et un bon Bordeaux pour accompagner notre soirée.

Ainsi, nos conversations recommencent et vont bon train ! Tout y passe ! La musique, les vacances, l’alcool, les soirées, la famille, le sexe, les ex, le travail, les copains, les amis, les films, tout ce que l’on aime et tout ce que l’on n’aime pas. Notre dernière soirée passée ensemble était très similaire et déjà très agréable. Nous nous découvrons pour mieux nous connaître, j’adore parler avec elle.

Comme nous ne nous cachons rien (d’une façon extrêmement naturelle d’ailleurs), tu me dévoiles quelques photos sexy dont nous avions parlé. J’ai l’honneur de lire certains de tes écrits et certaines de tes chansons. Tu me fais écouter ta voix, ta musique, tes souvenirs et tes envies. Je savoure ce moment rêvé d’une soirée entre amis.

La musique ambiante est de bon goût et je dois avouer que j’apprécie les moments où tu vas changer de titre en me tournant le dos, dévoilant tes longues jambes en jean surmontées de ton buste incliné vers ton écran. La vue est agréable, mais mes promesses sont toujours d’actualité. Je profite juste du paysage sans arrières pensées. J’adore cette situation qui me fait encore plus apprécier l’instant.

Le contenu de la bouteille de rouge nous a lâchement abandonnés et nous passons au digestif Corse que tu as ramené de ta dernière escapade. Alors que la nuit est déjà bien noire, que les lumières de la rue se sont éteintes (ah ! 1h du matin est passée) la playlist nous offre des duos chantants (malgré ma gêne de chantonner auprès d’une prof de musique… La honte pour moi… Mais j’aime la musique, ces musiques, alors j’assume).

Nous décidons de continuer notre virée culturelle nocturne avec un film. Je sais que cela ne nous empêchera pas de dialoguer encore. Nous regarderons le début de Good morning England  en attendant le téléchargement légal de Moulin rouge.

Tu tamises la lumière… Euh, non, tu l’éteins en fait.

Dans le même temps, tu me réclames une cigarette (l’alcool aidant, je suppose). Alors que j’avais réussi à ne même pas avoir envie de fumer depuis que nous avions regagné le donjon, je cède tel un invité pour son hôte…

Le film commence, les verres de digestifs défilent, les commentaires cinématographiques pleuvent. Tout naturellement et sans idées malveillantes, nous nous rapprochons l’un de l’autre sur le canapé. Je n’y vois rien de déplacé, rien d’anormal.

Il m’apparaît que ni l’un ni l’autre n’a fait de premier pas. C’est juste le rythme des conversations qui nous a amenés à nous retrouver l’un contre l’autre, tes jambes sur les miennes, ta main dans ma main. Encore à cet instant précis, je n’y trouve rien d’anormal. J’apprécie le moment. J’apprécie l’instant. Je ne veux rien d’autre. La tendresse entre amis est une chose que j’adore, et je vous adore chère amie sachez-le !

L’instant est délectable. Pendant qu’une de mes mains reçoit la chaleur de la tienne, ma seconde main caresse doucement tes cheveux et ta nuque. J’adore faire des papouilles.

Et là, c’est le « drame ».

Je sens ton regard. Mes yeux en coins vérifient… Et oui, les tiens sont posés sur moi. J’hésite un bref instant, je te regarde et nos yeux se plongent les uns dans les autres. Tes mains se saisissent de ma tête, puis nos visages se rapprochent lentement, étonnamment tendrement.

Je ne réfléchis pas, je ne pense pas, je profite simplement. Tu m’embrasses, puis, après un bref regard, tu m’embrasses encore. Nous allons passer quelques temps à cet échange de tendresse parsemé de câlins.

Mes lèvres parcourent tes joues puis ton cou brûlant jusqu’à ce que tu me pousses délicatement sur le côté afin que je sois assis confortablement sur le canapé. Tu positionnes tes genoux le long de mes cuisses et t’assois sur mes genoux.

Les échanges de baisers reprennent, mes mains caressent ton dos, tes hanches. Elles se faufilent sous tes vêtements et continuent de parcourir ton corps. Tu m’invites à ôter le haut de tes vêtements, je m’exécute avec plaisir et désir.

Maintenant que ton torse est dévoilé, je te porte et dépose ton dos sur le canapé. Allongée, ta peau est couverte de mes baisers. Je n’en oublie pas une parcelle, ton ventre, tes reins, tes seins, ton cou.

J’ôte ton jean et ce qu’il cachait, mes lèvres parcourent tes jambes et bien sûr – délice passionné personnel oblige – viennent se poser sur “tes lèvres”… Lorsque ma langue se met à jouer, rares sont les moments où je m’arrête. Je savoure l’instant, je le veux terrible, je le veux tendre, je le veux jouissif, je le veux long, je le savoure encore.

Puis tu m’ôtes mes vêtements. D’abord ma chemise, puis toute barrière existante entre nos jambes et nos bassins. Je me retrouve nu et brûlant, paré de désir, devant ton corps allongé qui m’attend. J’entre en toi et te fais l’amour. Le plaisir partagé est intense. Tes mains attrapent ma nuque et amènent mes lèvres contre les tiennes.

Ric, Baise moi !

Nos ébats continuent dans un rythme effréné. Tu te retournes et me présente tes fesses attirantes. Après un bon moment, nous nous abandonnons à notre plaisir, nous jouissons, nous tombons tous deux sur le canapé.

Le moment d’un câlin est arrivé. Un peu de tendresse. La tendresse attise nos envies respectives, nous avons encore envie l’un de l’autre. Me jetant délicatement mais violemment contre le canapé, tu m’enfourches et te saisis de mon sexe.

Fais moi l’amour !

Malheureusement, mes esprits reviennent. Je pense à mes promesses. Je pense à ce que j’ai fait, ce que je suis en train de faire. Le “mal” est fait, je le sais, mais je ne réussis pas à me défaire de ces pensées. Je perds toute virilité, je tente de m’en expliquer, j’essaye de m’en excuser. Tu es brûlante de désir et semble ne plus m’entendre pendant quelques minutes.

Après un long moment de calme et de silence, tu me proposes de t’accompagner dans ta chambre afin de dormir nu contre toi. Je ne peux refuser, je n’ai pas envie de refuser, j’accepte et te suis donc. La nuit est bientôt terminée lorsque l’on s’endort tendrement et le matin est déjà entamé lorsque je me lève. Je dépose un baiser sur ton visage serein et immobile et je m’efface du donjon en silence.

Mes pensées vont bon train dans le carrosse qui m’emmène loin de toi. Je m’en veux. Je ne m’en veux pas. Je t’apprécie beaucoup. J’ai adoré ce moment. Je m’en veux… Il est 11h ! Je sors de rendez vous. Un message sur mon téléphone.

Peux-tu m’appeler quand tu as 2 minutes ? Il faut que je te parle !…“ Que se passe-t-il ? Il n’en faut pas plus pour me retourner l’esprit. Je saute donc sur mon téléphone et compose ton prénom. Rapidement, la question qui fâche arrive…

Qu’est-ce qui s’est passé cette nuit ? On a couché ensemble ?

Black-out. Mademoiselle n’a aucun souvenir ! Me voilà avec ma gêne, ma honte, mes pensées, mes doutes, mes souvenirs exclusifs !

(cc) Jeremy G. (Jayme Rose)

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