Humeurs

Le job le plus compliqué du monde.

Cela fait plus de 13 ans que j’exerce ce « job », oui c’est long et je ne peux pas dire qu’il soit facile. Je suis mère.

2671266720_6d3974af12_z

Je commets toujours des erreurs, j’essaie de m’améliorer mais chaque jour je découvre que c’est différent.

Quand on m’a tendu ce petit être fraîchement sorti de l’œuf, j’ai été envahie par un sentiment inexplicable : la joie bien sûr, l’émotion, mais aussi j’ai pris conscience de la responsabilité dans laquelle je venais de m’engager.

Ce petit bout fragile, je devais en faire un homme et si possible quelqu’un de bien.

Au début, je me suis mis une pression hors du commun, tout était millimétré, calculé, pesé… J’ai cru devenir folle !

Tout en ce monde reporte sur les parents un poids de culpabilité, il faut les nourrir comme ci, les habiller comme ça, les éduquer selon certaines règles, les ouvrir au monde, leur faire faire des activités, être vigilant avec les études… Je me suis perdue.

Evidemment, les enfants sont là pour balayer vos principes, vous remettre en question, bouleverser vos projets. Sans cesse il faut se réadapter, rectifier le tir…

Parce qu’un enfant ce n’est pas une chose inerte, c’est un être vivant et indépendant, différent de soi et ce qui est bon pour l’un ne l’est pas pour l’autre !

J’en ai 2 des enfants, tellement différents l’un de l’autre que parfois je me demande comment j’ai pu réaliser un tel exploit ! Ce n’est pas qu’au niveau physique mais également au niveau psychologique !

Avec le recul et l’expérience, j’ai changé et évolué, j’ai lâché du lest mais pas trop, j’ai changé mes perspectives.

Je voudrais que mes enfants soient des êtres bien dans leurs baskets, heureux de vivre, trouvant leur voie, intégrés dans la société… etc.

Alors je suis devenue cette mère qui autorise son fils à sécher les cours pour aller à Roland Garros, qui dit à sa fille que son cours de peinture est plus important que les révisions de ses examens.

J’apprends aussi à les laisser se gérer, mon fils commence à sortir et je dois lui faire confiance, même si pour moi il est toujours un bébé, je dois me rendre à l’évidence, du haut de son 1m75, il devient un homme.

Il commence à avoir des opinions sur les religions, la politique, la société et l’économie.

Nous essayons de discuter de tout ensemble, c’est parfois complexe d’expliquer à un enfant le pourquoi du comment, d’en faire un être tolérant alors que l’intolérance est croissante et l’injustice forte.

J’ai un fils au grand cœur mais, de temps en temps, il se ferme, se radicalise face à la médiocrité des autres, c’est difficile pour une mère, même si je le comprends.

Ma fille est une artiste, indépendante et rebelle, il ne faut pas trop la brimer au risque de voir disparaître sa créativité, mais il faut cependant qu’elle se plie à quelques règles parce que la vie ne lui fera pas de cadeau.

Certains matins, je suis épuisée par ce boulot, impossible de dire : « Non aujourd’hui, je me fais porter pâle… »

D’autres jours, j’adore mon boulot, on passe des heures à rire et à partager des moments de bonheur. Ce serait évidemment beaucoup plus sympa, si le quotidien et ses obligations ne venaient pas nous empoisonner.

Vous croyez que ça m’amuse de les obliger à ranger leurs chambres, vider le lave-vaisselle ou faire leurs devoirs ? Non, pas du tout, mais cela fait partie du job !

J’attends avec impatience le jour où ils seront enfin des adultes qui se géreront seuls, des adultes dont j’espère être fière, fière de leurs vies, de leurs choix, de leurs comportements…

La route est encore longue mais j’y travaille avec beaucoup de volonté et d’amour.

Depuis quelques années, j’ai décidé que le point de vue des autres m’importait peu sur l’éducation que je donne à mes enfants. Je vais faire à ma façon, selon mes principes et si je me plante, ce ne sera que ma faute, je ne pourrai m’en prendre qu’à moi-même…

Cela fait 13 ans que j’occupe ce poste et j’en ai encore pour une petite dizaine d’années et puis cela deviendra un temps partiel !

Pour la retraite ? Là par contre je crois que c’est mort et pour les indemnités… N’en parlons pas !

(cc) エン バルドマン

2 Responses to “Le job le plus compliqué du monde.”

  • Muriel

    Oui, un boulot à temps plein… Le plus dur mais le plus beau et qui en fait ne s’arrête jamais vraiment. Il y a un dicton qui dit “petits enfants, petits soucis ; grands enfants, grands soucis”. Mais forcément, plus ils grandissent et moins on maitrise, alors il faut apprendre le lâcher prise.

    Comme d’habitude ton texte est fort juste. Et tu as raison, ne t’occupe pas des autres.

    Gros bisous.

    Muriel

    • Merci Muriel! Disons que quand ils grandissent c’est plus compliqué, mais il y a aussi plus de conversation et d’échanges…
      Je croise les doigts ;)!
      Bisous

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>