Culture

Typologie des marches nuptiales, vol. 2 – partie 2

Après une première partie très dense sur mes préconisations personnelles quant à la personnalisation d’une cérémonie de mariage, après avoir montré dans un premier temps les exemples les plus courants actuellement, voici donc d’autres idées si vous en avez marre d’avoir un mariage plan-plan.

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Le mariage gothique

Un jour – c’était dans les années 1990 – j’ai assisté à un mariage où la mariée portait une robe rouge sang. Sachant qu’elle était brune à la peau très pâle, vous devinez l’effet produit durant la cérémonie : on aurait cru au mariage d’une femme-vampire. Dans mon village breton, ça a juste fait scandale, même si moi (je devais avoir 13-14 ans à l’époque), je trouvais ça cool.

C’est pour qui ? Pour les cheveux noirs, les romantiques XIXe siècle (première définition des gothiques pour moi), les tourmentés de la vie, ceux qui ne veulent pas se marier en blanc parce ça porte trop d’espoir.

Exemples : Ces exemples m’ont été donnés par le Chevalier lui-même. Au début de notre relation, quand je le présentais à des personnes en dehors de notre cercle commun, mes copains me disaient : Putain, qu’est-ce qu’il est dark ! Car si j’ai pris le côté taré un peu optimiste en termes de musique, lui a pris le côté trèèès torturé.

The Smashing Pumpkins – Ava Adore (1998)

Grande inspiration du Chevalier (qui propose certes les Smashing Pumpkins à chaque fois, mais qui tombe juste). Regardez le clip et vous comprendrez pourquoi.

Alain Bashung – Aucun Express (1996)

Cette chanson, tirée de Fantaisie Militaire, ressemble beaucoup à la déclaration d’absolu tellement chère aux poésies gothiques de langue française. C’est ma définition personnelle du mouvement gothique, qui est pour moi plus intéressante que la définition commune à l’heure actuelle.

Joy Division – Day of the Lords (1979)

En grand fan de The Cure et de tout ce qui est musique qui met en joie, la vérité est que le Chevalier m’a fait une liste d’une dizaine de chansons et que j’ai dû le freiner. Donc, gothiques de tous pays, si vous voulez d’autres références pour votre mariage, demandez-moi en commentaire et je transmettrai.

Le mariage punk

Mes années en histoire et l’éducation de mon oncle quinquagénaire cette année – qui a commencé à inculquer à son fils de 10 ans qui est aussi mon filleul chéri les bases avec Trust – m’ont donné une forte inspiration pour tout ce qui est musique punk. Ca tombe bien, je me suis mariée avec un bonhomme qui a aussi deux-trois références dans sa discothèque.

C’est pour qui ? Pour les marginaux à berger allemand, mais pas que : il faut aussi penser aux étudiants qui ne font pas des études vraiment professionnalisantes (j’entends par là les études en arts, en histoire, en sciences de l’éducation, etc. Ne me jugez pas, j’ai fait 6 ans d’histoire), à ceux qui se sentent exclus du système tout en y étant très intégrés tout de même (oui, même le FN)…

Exemples :

The Clash – Should I Stay or Should I Go (1982)

Le Chevalier me dit : Mauvais groupe punk, excellent groupe new-wave. Je ne suis pas d’accord : c’est un groupe punk moyen, mais un excellent groupe de ska. Cependant nous sommes tout à fait d’accord sur le fait que cette chanson est une des chansons d’amour punk les plus romantiques qui soient.

The Undertones – Teenage Kicks (1979)

Autre chanson romantique et punk à souhait, ce titre de ce sympathique groupe nord-irlandais qui a fait leur seule postérité fait partie des chansons d’amour que le Chevalier me joue soit lui-même à la guitare, soit en vinyle sur sa platine. Donc c’est la caution mignonne de cette liste.

The Stooges – I Wanna Be Your Dog (1969)

Outre la blague du mec qui recherche la partition pour piano de cette chanson, je vois très bien ce titre dans une cérémonie où la mariée, habillée SM, traîne le marié à quatre pattes avec une laisse. Ouais, j’aime bien.

Le mariage altermondialiste

Durant toute ma vie et mes engagements associatifs, j’ai croisé des altermondialistes : en tant que militante au MRJC, en tant que stagiaire aux éditions de l’Atelier, mais aussi dans le cadre de mon orchestre (où on a carrément créé un système de distribution de produits du Perche) et à la faculté. Bref, même si je ne suis pas forcément sensible au sort des pays en voie de développement (parce que j’estime qu’il y a déjà tellement à faire ne serait-ce qu’en France), j’aime bien toutes les réflexions sur les développements alternatifs de l’économie, de l’agriculture et de l’éducation populaire.

C’est pour qui ? Pour les néo-hippies, les consommateurs conscients qui ne manqueront pas de réfléchir à un banquet bio et locavore (notamment les bières locales dont certaines peuvent s’avérer délicieuses), les couples mixtes qui ne veulent pas forcément se marier à la française, les globe-trotteurs qui sont susceptibles d’avoir adopté les us et coutumes des tribus indiennes les plus reculées.

Exemples :

Manu Chao, Clandestino (1998)

Oui, j’avoue, c’est trèèèès cliché, mais pour la mauvaise blague, on peut toujours prétendre qu’elle servirait de bande-son à une cérémonie de mariage blanc (je ne l’assume pas).

Amadou et Mariam, Je pense à toi (1998)

Le blues malien dans ce qu’il a de plus mainstream et accessible, mais aussi de plus beau. A réserver à ceux qui ont fait du volontariat dans des villages africains et qui en ont profité pour rencontrer l’amour de leur vie (et j’en connais).

Le mariage « héroïque »

J’ai une tripotée de copains geeks et, moi-même, je m’ouvre de plus en plus aux youtubeurs qui ont quelque chose à dire (Antoine Daniel, le Fossoyeur de Films, le Joueur du Grenier, l’équipe de Voxmakers, etc.). J’aime bien Le Dernier Bar avant la Fin du Monde (Paris 1er) et les séries produites par la BBC et signées Steven Moffatt. J’aime bien aussi les univers fantasy d’inspiration médiévale, j’ai donc la blinde d’inspiration pour cette rubrique.

C’est pour qui ? Les geeks, donc, mais pas n’importe lesquels : les rétro-nostalgiques, les joueurs de jeux de rôle, les inspirés par la fantasy, ceux qui sont prêts à se marier en cosplay.

Exemples :

Ramin Djawadi – Thème de Game of Thrones (2010)

Personnellement, j’ai lâché la série au bout de deux épisodes (trop de WTF, pas assez de budget costumes pour les personnages féminins), alors qu’elle avait tout pour me plaire. Mais étant la série de fantasy médiévale la plus populaire en 2015, et vu comment la musique est juste badass, je pense que c’est une bonne source d’inspiration.

Koji Kondo – Thème de The Legend of Zelda (1986)

Autre monument de la culture geek et surtout de l’industrie vidéoludique, The Legend of Zelda est une thématique très prisée pour des mariages de trentenaires qui ont trop joué à la SuperNes pendant l’enfance.

Limahl – Never Ending Story (1984)

Alors oui, L’histoire sans fin (1984) peut s’avérer être une référence soit trop ancienne et très oubliable, soit trop barrée pour la thématique. Mais ça reste pour moi un bon souvenir d’enfance cinématographique – peut-être à cause de la scène de fin qui est juste trooooop choupi.

Toto – Thème de Dune (1984)

Le même délire que la référence précédente, sauf que c’est un peu plus badass et que ça fait une bonne transition avec le dernier thème.

Le mariage lynchien

J’avoue de suite : c’est une réflexion personnelle autour de la discussion avec ladite blogueuse présentée en introduction du premier article, qui est elle-même fan de David Lynch. Alors je lui a fait une petite sélection rien que pour elle.

Exemples :

Angelo Badalamenti – Thème de Twin Peaks (1990)

Testé et approuvé par le Chevalier et ladite blogueuse. C’est vrai que c’est un thème mythique et, malgré tout, ce sont le thème et l’œuvre les plus accessibles du cinéaste.

Angelo Badalamenti – Thème de Mulholland Drive (1999)

Thème moins adapté à une cérémonie de mariage – ou alors, putain, c’est juste pas la joie – car plus éthéré et offrant une dimension plus dramatique que le thème précédemment cité.

Nine Inch Nails – Closer (1994)

Juste une petite friandise pour bien terminer la cérémonie sur une note (rayer la mention inutile) joyeuse/coquine/où mamie va danser la gigue avec son déambulateur et son dentier.

Vous voyez donc qu’il est possible de se marier sans le Canon de Pachelbel (je ne peux juste plus l’entendre) ni la Marche des fiancés de Mendelssohn – musique utilisée par défaut par la mairie dans laquelle je me suis mariée, putain de merde. Avec beaucoup de conviction et d’ouverture d’esprit de la part du célébrant, tout est permis. Alors à vous de jouer.

(cc) kPluto

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