Culture

Yanis : “J’ai appris le lâcher prise”

Il y a une dizaine de jours, Nowness dévoilait Hypnotized, le clip de Yanis, un certain « producteur parisien ». Un titre entêtant, des paroles qui évoquent la puissance ravageuse d’un amour, un clip entièrement réalisé sous hypnose dans lequel on reconnaît notamment Charlotte Le Bon. Yanis a tout pour plaire… Mais n’est pas un nouveau venu sur la scène musicale. Il s’est fait connaître en 2009 sous le pseudonyme de Sliimy. De Wake Up à Hypnotized, il y a un monde. Et tant de questions. Rencontre avec un jeune homme discret et touchant. 

Yanis(c)AnnabelleTiaffay

Cécile : Tu avais disparu de la sphère médiatique depuis plusieurs années. Que s’est-il passé depuis ?

Yanis : Une belle aventure, j’ai beaucoup voyagé et créé. J’ai vécu un moment entre Paris et Berlin, je suis parti 3 mois au Brésil, je n’ai pas arrêté de bouger et mes nouvelles créations sont à l’image de ces mouvements.

Tu as abandonné ton pseudonyme de Sliimy pour revenir aujourd’hui sous ta véritable identité : Yanis. Pourquoi ? 

Je ne parlerais pas d’abandon, j’ai surtout retrouvé Yanis pendant le processus de création car cet album est très personnel dans sa conception. J’ai pris de grandes libertés, je me suis laissé entièrement porter par mes sentiments et par la vie. J’ai appris à lâcher prise, à être beaucoup plus présent. Le genre de liberté que l’on ressent sous hypnose.

Est-ce une façon pour toi de renier ta précédente carrière ? 

C’est au contraire une façon de la célébrer ! Sans ça je n’aurais jamais eu le recul nécessaire pour créer mes nouveaux titres. Il n’y a rien sans l’autre.

Parle-moi de ce nouveau titre, Hypnotized. Est-ce une chanson d’amour ? 

C’est le premier titre que j’ai composé avec mon acolyte Apollo Noir, notre première rencontre musicale. Il y avait une sorte de magie dans ce moment d’improvisation totale. La chanson évoque le moment où l’emprise prend le dessus sur l’amour et piège finalement les deux personnes, dans un état d’hypnose, de non-conscience. Une sorte de fascination réciproque où l’une des deux personnes a beaucoup plus de contrôle.

Ce titre est très différent de ce que tu as fait par le passé. Comment définirais-tu ton nouveau style ? 

A la fois aérien et dansant, entre le rêve et la réalité.

Comment as-tu eu l’idée de réaliser ce clip sous hypnose ?

Les idées simples viennent souvent dans des moments très simples. Je prenais un verre avec mon meilleur ami – qui est aussi mon manager – lorsque l’idée nous est apparue comme logique et évidente. L’hypnose m’a toujours fasciné, le lâcher prise est aussi en lien avec le processus de création de cet album. On ne peut pas mentir sous hypnose, on se donne sans retenue.

Dans ton clip, on reconnaît Charlotte Le Bon. Qui sont les autres danseurs qui t’accompagnent ? Comment les as-tu choisis ? 

Ce sont des personnes merveilleuses, toutes plus talentueuses les unes que les autres. Le choix s’est surtout porté sur la réceptivité, nous avons dû organiser des séances en appartement pour tester l’hypnose sur chaque personne, c’était intense. Charlotte et moi étions les seuls à avoir déjà été hypnotisés auparavant.

C’est très étonnant, certaines filles semblent avoir parfois les larmes aux yeux. Peux-tu me parler du tournage du clip ? 

Plusieurs personnes ont craqué : la danse sous hypnose est si libératrice qu’elle permet de tout évacuer, sans retenue. Les larmes sont bien vraies. Le tournage était très intense, nous ne pouvions rien prévoir à l’avance, du coup chaque danse était une surprise. L’équipe technique devait danser au rythme des personnes et de leur émotions, dans un silence total ! Ce que l’on retient ce sont des frissons pour tous : le reste de l’équipe qui n’était pas hypnotisé a aussi versé des larmes.

Certains médias doutent que vous ayez tous été sous hypnose pendant le tournage du clip. Que leur réponds-tu ? 

Je les invite à rencontrer Julian, l’hypnotiseur, qui pratique depuis plus de 9 ans.

Dans le texte qui accompagne le clip sur Nowness, David Lynch est cité dans tes influences. Peux-tu m’en dire plus sur ton rapport avec ce réalisateur et la façon dont il t’a influencé ? 

David Lynch nous a surtout influencés pour Hypnotized. La personne avec qui je travaille, Apollo Noir, est un grand fan. Il m’a fait découvrir Twin Peaks, j’adorais déjà Blue Velvet et son univers. La chanson est une sorte de voyage, l’intro a aussi quelque chose de très Hitchcockien, enfin c’est mon inconscient qui me fait dire ça.

Y a-t-il aujourd’hui d’autres artistes qui t’inspirent ? 

Bien sûr ! J’adore voyager en écoutant CocoRosie, danser sur Fka Twigs, me reposer en écoutant Tiny Ruins et chanter sur Lorde que je trouve parfaite. Je me suis aussi beaucoup inspiré du théâtre, comme celui de Joël Pommerat que j’adore.

Le clip a dépassé les 200 000 vues sur YouTube en une semaine. Le titre grimpe sur iTunes, comment vis-tu ce succès ? 

J’ai été très ému car je peaufine ce projet depuis des années, j’ai quitté mon label et décidé de partir seul dans cette création. Tout ce que vous voyez et écoutez est auto-produit. L’accueil est si beau et si sincère, j’ai hâte d’en partager plus encore et de rencontrer le public sur scène. Il touche aussi toute l’équipe du clip et mes compagnons artistiques, nous en avons eu des frissons. Et ce n’est qu’un début… On a la chance d’être déjà bien accompagnés par tout cet amour.

Tu remontes sur scène en juin, tu as hâte ?

La scène c’est la vie, c’est ma maison. Je suis impatient, c’est bon d’être chez soi…

Après ce premier titre, as-tu un album en préparation ? 

Oui il existe et il a été fait avec le coeur. Je préfère d’abord le faire découvrir sur scène, le mettre en mouvement et en lumière. Cet album est un voyage.

Yanis sera en concert le 15 juin au Pan Piper avec Joe Bel.

(c) Annabelle Tiaffay

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>