Culture

Persuasion

Plonger à nouveau dans l’univers de Jane Austen est à chaque fois un bonheur réel.

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Malheureusement, j’ai trouvé que Persuasion était bien inférieur à ses autres romans (est-ce parce qu’il s’agit de son dernier roman achevé ?) : un rythme trop lent, trop peu de dialogues, des personnages passifs, une intrigue longue à démarrer, pas assez d’humour.

L’ouvrage n’est pas très vivant, notamment à cause d’un texte trop rempli de descriptions, de détails sur la personnalité et les pensées des personnages. Quant à la plume de Jane Austen que je trouve d’ordinaire exceptionnelle, pleine d’ironie, de légèreté, de sous-entendus, elle perd dans ce livre, tout ce côté magique. Le ton est ici plus grave, amer presque.

Néanmoins, le cheminement de l’histoire reste fascinant : nous avançons tout doucement comme si nous participions à l’évolution de l’intrigue dans le cerveau de l’auteure. La plantation du décor au début nous emmène doucement à découvrir une histoire d’amour qui subit des remontrances de la société, de la bourgeoisie, des âmes perverses attachées aux matériels, aux titres et aux noms influents de l’époque.

Tout comme au récit auquel je me suis moins accrochée, l’héroïne principale m’a moins touchée que les autres personnages du monde austenien : Anne Elliot est certes imparfaite et touchante (proche de la trentaine, elle a perdu la fraîcheur et la joliesse de sa jeunesse et est en passe de devenir vieille fille), mais cette figure apparaît bien pâle par rapport à ce que à quoi nous avait habitués l’écrivaine. Elle est beaucoup trop douce et trop sage pour faire un personnage fascinant.

Bref, je referme ce livre avec un peu de déception…

Anne est la seconde fille de l’honorable Sir Elliot de Kellynch. Persuadée par son amie Lady Russel, elle a dû rompre ses fiançailles avec le jeune Frederick Wentworth, un officier de marine pauvre, car il ne présentait pas les assurances d’un bon parti. Huit ans plus tard, sa famille connaît des revers de fortune. Son père décide alors de louer le château familial à l’amiral Croft, qui se trouve être le beau-frère de Frederick. Anne appréhende de revoir celui qui est resté son grand amour. Alors que s’achève la guerre avec la France, le capitaine Wentworth, fortune faite, revient avec le désir de se marier pour fonder un foyer. Il a conservé du refus d’Anne la conviction que la jeune fille manquait de caractère et se laissait trop aisément persuader…

Persuasion de Jane Austen – Ed. La Bibliothèque du collectionneur – 9,95 euros.

Prochaine lecture : La Reine des lectrices d’Alan Bennett.

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