Culture

Fantasma, en roue libre

Avis aux mélomanes en quête de nouveauté déstabilisante : les cinq musiciens de Fantasma viennent de signer Free Love, un album qui sonne comme un cocktail Molotov. 12 titres, autant de pistes explorées par ce groupe de fantasques sud-africains… Qui, l’air de rien, savent très bien ce qu’ils font. 

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Sorti le 16 mars, Free Love est un condensé d’exotisme et d’inventivité concocté par des artistes issus de régions très différentes d’Afrique du Sud (ceci explique sûrement cela) et qui n’en sont pas à leur coup d’essai.

Cinq hommes, cinq univers : Andre Geldenhuys, guitariste de blues, l’ex-rocker Bhekisenko Cele, légende de la musique Zoulou, DJ Spoko, le percussionniste génial du morceau Township Funk, le batteur Michael Buchanan, et enfin Spoek Mathambo, l’un des artistes sud-africains les plus connus en sa patrie.

Déjà auteurs d’un premier EP, Eyes Of The Sun, ils unissent ici leurs influences immensément vastes et accouchent d’un album surprenant dans sa diversité. Difficile de résumer leur style, à mi-chemin entre le hip-hop, la deep-house, le rock psyché, la township tech, l’electro pure, le ska et la musique traditionnelle zoulou. Un OMNI (Objet Musical Non Identifié) quoi.

Parfois presque expérimental (Cat and Mouse), parfois carrément lourd (Breaker), l’album délivre quelques douceurs comme Fire and Smoke ou Umoya. Petit coup de coeur pour Basbizile, qui introduit l’album par un riff de guitare tel qu’on croirait entendre une goutte de pluie dévalant la vitre d’une voiture lancée à toute allure.

Le tube, car il y en a un, c’est Shangrila, avec Moonshild, adorable chanteuse aux cheveux bleus, qui balade sa voix fraîche et sa nonchalance sur un rythme chaloupé assez parfait. (Parenthèse : l’intro rappelle California Sunrise, de Dirty Gold. Bon signe, ce morceau est sensas’).

Un morceau ensoleillé comme on les aime, qui a de grandes chances de devenir l’un des hits de votre été : léger, entraînant, suffisamment répétitif pour rester en tête. Le genre qui donne envie de se foutre de tout. Sans parler du clip : un enchaînement un peu pété de références mi-80′s mi-90′s, à la fois kitsch et psychédélique. Bref, ça part dans tous les sens mais ça fonctionne.

L’effet Free Love, c’est celui d’un bonbon Arlequin. Un peu piquant au début, acidulé, qui fond lentement dans la bouche (il faut plusieurs écoutes pour vraiment apprécier l’album). Et une fois terminé, on en redemande. 

 

Philippine, pour la rédaction de Ladies Room.

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