Culture

Du son (pas trop) frais pour le printemps 2015

Avoir 32 ans, c’est la plupart du temps écouter des vieux trucs, le plus souvent par nostalgie. J’en vois encore la preuve avec les derniers achats audio du Chevalier, à savoir le best of Ringo Starr et Magical Mystery Tour – le seul mix stéréo des Beatles qui manquait à sa collection déjà pléthorique entre les mixes mono, les mixes stéréo, les anthologies et les pirates gravés. Mais il arrive quelques petites « pépites » un peu oubliées et qui méritent d’être réhabilitées.

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En ce moment, mes amis et mon cher et tendre sont à même de me faire découvrir des trucs complètement hallucinants, une bonne partie datant même des années 1970. Peut-être que je fréquente trop de trentenaires. Peut-être que je m’en bats les steaks du départ de Zayn Malik des 1D ou que le nouveau Muse m’insupporte au plus haut point. Mais en tout cas, mes petites découvertes fondantes de ce printemps sentent un peu la naphtaline (qui a dit Comme ton slip ?)

Vous êtes prêts ? Alors allons-y !

Wim Mertens, Struggle for Pleasure (1982)

A cause de la pub SNCF de la fin des années 1980, je me suis prise d’une telle passion pour ce morceau que je suis restée scotchée pendant 25 ans (je ne déconne pas) sur ce morceau. J’étais scotchée parce que je trouvais ça injuste qu’une mélodie si belle et si profonde restait sans référence malgré Internet.

Et ce jour béni de novembre 2014, je regardais La France a un incroyable talent. Lors d’une prestation, j’ai reconnu la mélodie. J’ai dégainé mon téléphone en mode Google reconnaissance vocale, et j’ai enfin eu la clé du mystère. Au bout de 25 ans, découvrir le pianiste belge qui se cachait derrière un des morceaux qui a marqué mon enfance, j’en ai pleuré de joie. Merci la reconnaissance vocale, tu es la meilleure invention de l’humanité, quand tu marches bien.

Omega, Gyöngyhajù làny (1969)

Quand le Chevalier ne me traumatise pas avec ses références les plus bizarres, il me fait fondre avec les meilleures références du pays de sa mère, la Hongrie. Après Elsö Emelet (groupe de new-wave qui fait une petite apparition dans le clip de Money for Nothing de Dire Straits), le voilà qui me fait découvrir un groupe de rock psychédélique pour mon anniversaire – tellement culte que ma belle-mère les a vus en concert, et ce n’est pas rien.

Omega, donc, tourne depuis 1962 et s’est donc spécialisé dans le prog. Cette chanson a également été soumise à une version anglaise du groupe (Pearls in her hair), elle-même reprise par le groupe allemand Scorpions sous le titre de White Dove en 1995.

Modry Efekt, Ma Hra (1971)

Autre découverte marrante du Chevalier, ce morceau assez funky d’un orchestre de jazz tchécoslovaque (à l’époque) a rappelé des bons souvenirs à la party girl que j’étais au début des années 2000. Explication en deux vidéos.

Celle-ci date de 2001 :

Celle-ci date de 2003 :

En effet, si ça m’a fait quelque chose d’écouter un obscur groupe de jazz tchécoslovaque, c’est parce le groupe de DJ français One-T, au début des années 2000, a spécifiquement samplé ce morceau sus-cité pour leurs deux principaux tubes : la montée funky entre 1’02” et 1’34” pour Music is the One-T ODC et l’introduction pour The Magic Key.

Résultat : la première fois que le Chevalier me l’a passé brut de décoffrage, j’ai chanté spontanément la partie de trompette de la montée funky et j’ai wavé les bras par réflexe pavlovien. Il a dû m’expliquer que c’est grâce au site www.samples.fr (je le recommande, vraiment) qu’il a fait cette découverte.

Claudia, Com Mais de 30 (1971)

Ce qui est bien, c’est que j’aime la musique brésilienne dans tout son ensemble. Même Cansei de Ser Sexy et Sepultura, c’est pour vous dire. Donc quand je n’aime pas un artiste brésilien, c’est vraiment qu’il produit de la merde. Là, ce n’est pas le cas. C’est un excellent mélange de bossa nova un peu péchue avec le funk qui commençait à émerger au Brésil au début des années 1970.

C’est la continuité de la musique brésilienne qui s’inspire de n’importe quoi pour en faire le meilleur. C’est une découverte de mon cher Tomy Burger–zouk-love-chaton (essayez de le choper sur les Internets, il fait d’excellentes compilations avec, quand il est inspiré, son frère Paul van Eersel dedans). C’est fondant, c’est métissé, c’est comme ça que j’aime le Brésil.

Mestre Ambrosio, Pe-De-Calcada (1996)

On est encore au Brésil, mais avec des sonorités plus traditionnelles, comme le forro et le coco. C’est normal, on se situe plus au nord, et plus exactement à Recife. Là où, au début des années 1990, suite à un rapport sur la paupérisation de la ville de Recife, a été créé le Mangue beat (du nom du marécage où vivaient justement les pauvres parmi les crabes et les déchets industriels), un mélange de toutes les sonorités traditionnelles avec le funk, le rock et la musique électronique.

Sous l’impulsion du regretté Chico Science et de son Naçao Zumbi, pas mal de groupes se sont montés dans le nord du Brésil pour redonner une dynamique à un coin qui commençait, selon beaucoup, à se mourir. Mestre Ambrosio fait partie de ces avatars : le groupe a évolué entre 1992 et 2004 sur une formation pagode et nous a offert ce genre de petite pépite.

Je vous laisse, ça m’a fatiguée tout ça, je vais me faire une camomille. A bientôt !

(cc) mark sebastian

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