Humeurs

Trente ans et quelques mois

J’ai rencontré le Chevalier à l’âge de 30 ans et 4 mois. Au début de ma relation, beaucoup de monde dans mon entourage, moi avec, s’est étonné que tout se passe aussi vite (on a quand même signé notre appartement au bout de 6 mois de relation, pour vous dire).

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Du côté de sa famille, personne n’a été étonné, dans la mesure où ses parents se sont mariés au bout de 3 mois (et ils se disent toujours “Je t’aime” au bout de 35 ans).

A la veille de mon mariage, je m’aperçois que j’ai plusieurs copines qui ont fêté leurs 30 ans il y a quelques mois et dont la vie sentimentale prend un heureux tournant. Mmmmm, tiens, serait-ce la crise de la trentaine, de celles qui donnent envie d’envoyer valser toute sa vie d’avant ? Et puis j’ai réfléchi : ce concept de cette rencontre déterminante quand on a 30 ans et des bananes, c’est quand même plutôt cool. Je vais vous expliquer.

Mes copines sus-citées ont eu en commun d’avoir eu des histoires d’amour longues assez jeunes, d’une part, et d’avoir vu leurs repères sur l’amour complètement pétés vers 27-28 ans, d’autre part. A titre personnel, j’ai eu ma première vraie histoire d’amour longue (19 mois) à 25 ans et celle qui m’a détruite entre 28 et 30 ans. Et nous sommes tombées à 30 ans et des brouettes sur des feel good guys, des mecs qui savent exprimer leurs sentiments, ou du moins qui savent nous redonner notre estime de nous-mêmes.

Nos rencontres sont donc des joyeux hasards, mais sont surtout le fruit d’un travail que nous avons entamé par nous-mêmes. Nous avons eu 30 ans, donc, cela nous a fait réfléchir à ce que nous voulions et surtout à ce dont nous ne voulions plus en termes d’amour, comme d’amitié. Et, miracle ! Il s’est trouvé sur notre chemin LE mec non pas parfait, mais qui correspondait aux nouvelles questions que nous sommes susceptibles de nous poser.

Avoir 30 ans, pour beaucoup de personnes, c’est apprendre à faire le deuil de certaines choses. Cela peut être de sa jeunesse, de ses illusions, voire de ses traumatismes pour ma part. Dans la mesure où certaines personnes prennent le risque de se libérer de choses qui peuvent polluer tant leurs relations amicales qu’amoureuses, le fait de rencontrer la personne avec laquelle on peut réfléchir à un avenir à 30 ans et quelques peut aboutir à construire une relation sereine et durable.

Mes discussions avec le Chevalier m’ont fait réfléchir à ce que peut représenter ce même palier pour certains hommes. Je prends également exemple sur ce que j’ai pu observer au sein de mon entourage masculin (mon père, mon beau-père, mes oncles et certains copains). Ce palier semblerait correspondre non pas à un nouveau questionnement plus serein sur le couple, mais sur la paternité. Mon cher et tendre, qui a eu ses 30 ans l’an dernier, a su faire peser son désir d’enfant assez lourd dans la logique du couple pour que je me retrouve moi-même à visualiser jusqu’à la carrière de mes trois petits (alors que je ne me suis jamais vue porter des enfants avant lui).

Je me fais la même remarque quand je vois le changement des hommes de mon entourage, que ce soit pour leur premier enfant (mon beau-père, mon oncle) ou le deuxième (mon père, mon parrain). Tous ont eu ou conçu cet enfant… à 30 ans et quelques mois. Et tous ces hommes se sont mis à évoluer sur le plan personnel, que ce soit dans le bon ou le mauvais sens, suite à cette paternité que je pourrais qualifier d’assumée. [Le Chevalier vient de me dire que le coup de la rencontre « heureuse » à 30 ans et quelques mois est aussi arrivé dans son entourage…]

Assumer ses sentiments et ses désirs nécessite donc un travail personnel. Le passage à la trentaine – et tout ce que cela peut représenter en termes de chocs psychologiques et de travail sur soi – est par conséquent une période propice à l’accomplissement de l’amour. A ce titre, je me suis toujours félicitée de n’avoir jamais su ou pu m’engager dans ma vie amoureuse durant mon adolescence ou ma vingtaine. J’ai pu ainsi acquérir les blessures nécessaires pour orienter ma relation avec le Chevalier de manière qualitative.

Je ne dis pas qu’accomplir sa vie amoureuse à 30 ans et quelques mois est la recette miracle. Mais il semble que ce soit le bon compromis entre le temps des erreurs de jeunesse et le temps de l’aigreur de la vie, qui vient bien souvent après 35 ans. D’autre part, on ne sait jamais de quoi l’avenir est fait. Mais dans mon entourage, il y a plus souvent des exemples que des contre-exemples à ma réflexion, d’où ce papier.

Cette sérénité qui résulte du travail sur ses « vieux démons » – quand on a la possibilité et la disponibilité pour le faire – permet non seulement d’améliorer sa vie amoureuse, mais sa vie personnelle dans son ensemble.

30 ans et quelques mois, selon moi, est donc un âge béni des dieux pour qui veut saisir toutes ses chances pour réussir sa vie personnelle. Cela me fait aussi penser que la chance s’attrape et qu’il y a des situations qu’on peut renverser par le travail sur soi. En tout cas, je souhaite à mes copines citées au début autant de joie que je peux en saisir actuellement.

(cc) David Cornejo

One Response to “Trente ans et quelques mois”

  • Mademoiselle Coeur

    Excellent!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! je suis tout à fait d’accord avec tes mots. Moi j’ai trente ans et quelques mois et c’est exactement ce que je vis. MERCI pour ce texte car en le lisant je me sens moins seule et plus à l’aise avec ce qui se passe en moi: cette transformation intérieure;
    Alors plein de bonheur à toi et à tout le monde d’ailleurs trente ans ou plus ou moins.

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