Culture

Profanation

Il y a un an environ, je m’étais laissée dévorer par un polar absolument haletant du danois Jussi Adler-Olsen, Miséricorde. Je vous avais même proposé de vous rembourser si ce livre ne soulevait pas le même enthousiasme chez vous. N’ayant eu aucun retour, j’en conclus que l’intrigue a également fonctionné de votre côté ou alors vous n’avez pas suivi mes conseils de lecture, bande de petits anarchistes !

2253179035

Le deuxième tome de la trilogie ne m’a absolument pas déçue (même si j’ai trouvé le rythme un peu moins dynamique) et c’est avec grand plaisir que j’ai retrouvé mes deux compères, Carl Mørk et son acolyte syrien : Assad.

Le scénario est toujours aussi bien travaillé : comme pour la fois précédente, nous passons du temps avec nos amis policiers mais aussi avec la bande des Tueurs de Faisans (titre original du livre), ces jeunes qui, lorsqu’ils étudiaient dans un pensionnat huppé, aimaient tabasser, tuer ou ruiner les carrières des autres.

Cette fois, l’auteur s’intéresse donc à la grande bourgeoisie danoise et à ses membres moins respectables qu’ils en ont l’air. Une bande d’adolescents privilégiés, adorateurs d’Orange mécanique, trouvent dans la violence un exutoire à leur enfance dorée mais dépourvue d’amour. Adultes, ils sont restés les mêmes. L’argent, l’influence, le pouvoir ont même décuplé leurs instincts meurtriers et le doux vertige de l’impunité les enivre. La seule faille vient de Kimmie, la fille de la bande. Elle les a quitté, les a fui mais elle est une menace de chaque instant. Elle sait, elle peut parler, elle peut se venger.

Jussi Adler-Olsen a particulièrement soigné la psychologie de ses personnages torturés et effrayants mais il n’en oublie pas pour autant son tandem d’enquêteurs et nous régale de leurs dialogues et de leur complicité. Même si l’on connaît les coupables dès le début, l’enquête tient en haleine jusqu’à l’épilogue où l’on craint pour la vie de l’opiniâtre tandem.

Sur le bureau de l’inspecteur Carl Mørck, chef du département V, le dossier d’un double meurtre commis en 1987 et impliquant une bande de fils de famille, innocentée par les aveux « spontanés » d’un des leurs. Mørck s’aperçoit que l’affaire a été hâtivement bouclée et décide de reprendre l’enquête. Cercles fermés des milieux d’affaires, corruption au plus haut niveau, secrets nauséabonds de la grande bourgeoisie… Adler-Olsen mêle suspense implacable et regard acerbe sur son pays. Après Miséricorde, Profanation ne décevra pas les fans du cynique Carl Mørck et de son assistant syrien, l’imprévisible Assad.

Profanation de Jussi Adler-Olsen – Ed. Le Livre de poche – 9,10 euros.
Prochaine lecture : Persuasion, de Jane Austen.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>