Culture

Diana Krall – Wallflower

La rédaction a proposé à Storia de faire la chronique du nouvel album de Diana Krall.

Encore merci à Ladies Room de m’avoir envoyé un disque d’une de mes artistes préférées de smooth jazz en écoute. Je l’avais découverte avec The Look of Love, et depuis mon amour pour elle n’a jamais souffert d’une quelconque déception : quand je décide de m’intéresser à une de ses œuvres, je suis toujours ravie.

diana

Cet hiver 2015, après une pneumonie qui a repoussé à la fois la sortie de l’album (prévue au départ le 9 septembre 2014) et la tournée qui s’ensuit, Diana Krall nous présente donc son album Wallflower. N’ayant pu assister au concert privé qu’elle donnait ce mardi 10 février à Paris, mon lot de consolation sera donc de vous chroniquer cet album de reprises qui contient ses petits ratés, mais dans l’ensemble assez bien construit.

Mon humble avis

Comme, finalement, cet album me paraît extrêmement riche et disparate, je vais vous faire un petit point chanson par chanson.

California Dreaming (The Mamas & The Papas) : Pour commencer l’album, on a droit à une reprise très aseptisée, où j’ai l’impression que la voix est “Auto-Tunée” à l’extrême et que la session rythmique en mode bossa nova molle est faite au Bontempi. Même l’orchestre de cordes ne sauve pas la mise. Cela ne se fait tellement pas, d’ouvrir un album comme ça. J’ai dû me faire violence pour avoir envie d’écouter.

Desperado (The Eagles) : Là, on commence à revoir ce qui fait l’identité musicale de Diana Krall, à savoir un piano-voix avec un orchestre de cordes discret et une mélodie accrocheuse.

Superstar (The Carpenters) : Ça fond parfaitement dans mes oreilles. L’orchestration est au top, la mélodie est parfaite.

Alone Again (Naturally) (Gilbert O’Sullivan) : J’ai un souci majeur sur cette chanson. En effet, je n’apprécie pas au départ Michael Bublé, car je considère qu’il a perverti le jazz vocal en collant une voix limitée à un style de crooner. Sortie de cet énervement de départ, en dépit d’une impression d’un excès d’Auto-Tune, j’ai trouvé la chanson plutôt bien construite par rapport à la version de départ qui était vraiment tarte.

Wallflower (Bob Dylan) : Cette participation du guitariste Blake Mills à la slide est de très bon aloi. La chanson est mélancolique, mais très bien construite. Et surtout, elle donne une certaine forme de douceur à une chanson de Dylan qui en demandait beaucoup.

If I Take You Home Tonight : Voici la seule chanson composée par Diana Krall. Je suis très touchée par la mélodie et l’orchestration, car ce genre de composition me sert d’inspiration pour les miennes. C’est mélancolique, c’est très beau et ça devrait encourager Diana Krall à composer davantage, tant elle est douée.

I Can’t Tell You Why (The Eagles) : Décidément, dès lors qu’elle veut se lancer dans la bossa nova, ça a tendance à tomber à plat. Cette reprise est lourde, sur-orchestrée, et puis ces chœurs qui ne servent à rien, c’est insupportable.

Sorry Seems To Be The Hardest Word (Elton John) : Au départ, je suis très critique envers n’importe quelle reprise de cette chanson, étant donné que c’est ma préférée d’Elton John et qu’elle est juste parfaite sous cette forme. Reprise par Diana Krall, c’est d’une telle platitude sans nom que je saigne des oreilles. Limite, elle me ferait presque regretter la version de Blue, et croyez-moi, ce n’est pas un compliment.

Operator (Jim Croce) : Cette chanson est la seule de l’album où je me retrouve avec des sentiments mêlés. Je ne sais pas si j’aime ou pas. Peut-être que l’orchestration est trop pop pour mon esprit formaté smooth jazz depuis le début de l’écoute de l’album.

I’m Not In Love (10 CC) : Quand on reprend I’m Not In Love, il se peut qu’on tombe facilement dans la facilité, tant la mélodie peut sembler plate, bien que cette chanson ait des qualités non négligeables. Ici, l’orchestration est correcte, l’intention est bonne. Ce n’est pas la meilleure de l’album, mais elle se laisse écouter sans énervement, contrairement à d’autres.

Feels Like Home (Chantal Kreviazuk) : La participation de Bryan Adams me fait particulièrement plaisir, et c’est peut-être ce qui a influencé mon avis sur la chanson. Alors que la chanson de départ est très country-tarte, cette version tire vers des sonorités un peu plus classes, qui vont du blues à l’americana. La preuve que cette mélodie et cette orchestration sont accrocheuses : je me suis mise à chanter spontanément dès la première écoute, et je continue à chanter en rédigeant cet article.

Don’t Dream It’s Over (Crowded House) : Pour finir cet album, Diana Krall a décidé de faire une reprise super efficace d’un vieux tube des années 1980 (sur laquelle j’ai aussi chanté spontanément). Alors que la chanson de départ a fini par être morte par excès de kitscherie, la chanteuse réussit à lui redonner des lettres de noblesse par une orchestration dont elle seule connaît le secret.

Bilan

Un album assez inégal, donc, où la différence entre les chansons semble être mue par l’intention mise par Diana Krall dans l’interprétation d’icelles et par des choix d’orchestration plus ou moins adéquats. Malgré tout, quand les chansons sont bonnes, elles sont juste parfaites, tandis que les chansons moins bonnes ne sont pas non plus catastrophiques. Cela reste quand même un album que je conseillerais pour une introduction en douceur au smooth jazz et au jazz vocal, afin d’en voir toute la diversité.

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