Culture

“Mon chien stupide” de John Fante

Pour résumer. Cynique. Caustique. Drôle. Touchant. Attachant.

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Il a construit une vie paisible, entouré de sa femme et ses enfants. Il a rêvé de devenir un écrivain reconnu pour sa plume et célèbre pour son talent. Il n’en est rien.

Il écrit des scénarii pour des séries TV qui le désolent un peu plus chaque jour. Ses fantasmes d’une carrière littéraire se sont depuis longtemps évanouis. Il se complaît dans une vie faite de contrats par-ci par-là entrecoupés d’allocations au chômage. Sa femme le sait bien, il ne concourra pas pour le prix Edgar-Allan Poe. Elle ne l’accompagnera pas à une séance de dédicace dans une librairie huppée où les intellectuels se mêleront aux simples amoureux des livres pour discuter autour d’un cocktail, commentant avec beaucoup d’intérêt les choix éditoriaux de l’auteur. Loin l’idée d’une telle vie.

En vérité, elle l’encourage à ne pas baisser les bras, à se contenter de ce qu’il a. Aujourd’hui, les enfants ont quitté la maison. Elle semble bien vide. Leurs rires ont laissé place au silence, parfois pesant. Jusqu’au jour où… Par un temps de pluie, un chien venu de nulle part s’installe sans crier gare dans le jardin. Il ne tardera pas à en faire de même dans la maison, devenue sienne. Il a décidé de rester là…

J’ai aimé… La plume acerbe, directe, sans faux-semblant. Le ton à la fois tragique et comique, où le cynisme se glisse avec humour dans la tranche de vie d’une famille singulière d’une certaine Amérique. Le regard tendre de l’auteur sur un père de famille en quête d’un renouveau, qui ne sait comment ne pas sombrer dans l’ennui, le vide, l’absence. La présence inattendue et surprenante de ce chien, pas si stupide soit-dit en passant, apportant avec lui son lot de péripéties.

Ce chien qui, par sa simple présence, remet en question la vie tranquille de toute une famille, jusque-là bien ancrée dans ses habitudes. L’histoire d’un chien atypique. Il ne fait rien comme les autres chiens, c’est déroutant. Il entrave les bonnes conventions et pousse ses nouveaux maîtres à en faire autant, c’est très marrant. Un chien qui apporte ce brin de folie que l’auteur aux abois n’attendait plus. J’ai aimé l’immersion dans la vie d’un auteur qui trouvera finalement le renouveau qu’il attendait, mais pas du tout là où il s’y attendait. A lire absolument…

Charles Bukowski vénérait John Fante. Ils partagent une plume provocatrice que j’adore. J’adhère. C’est d’ailleurs Charles Bukowski lui-même qui a fait connaître John Fante en demandant à son ami et éditeur John Martin de Black Sparrow Press de publier Demande à la poussière, le livre qui le fera connaître au grand public (me semble-t-il).

A la relecture de Mon chien stupide, il est difficile de ne pas faire le parallèle entre John Fante en tant qu’auteur et le personnage fictif de son roman. L’histoire d’un écrivain en quête de reconnaissance et d’identité littéraire. Un auteur cynique, ironique, percutant et tellement drôle.

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